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Etats-Unis : Les femmes de chambre défient les magnats de l’hôtellerie

Article mis en ligne le lundi 3 juin 2019

De nombreux hôtels des Etats-Unis, principalement de la chaîne de luxe Marriott, ont été touchés par une vaste grève entre septembre 2018 et les premiers mois de 2019. Des milliers de travailleurs – femmes de chambre, serveurs, portiers, cuisiniers… – se sont mis en grève, jusqu’à 8 000 selon certaines sources.

États-Unis : Les femmes de chambre défient les magnats de l’hôtellerie
De nombreux hôtels des Etats-Unis, principalement de la chaîne de luxe Marriott, ont été touchés par une vaste grève entre septembre 2018 et les premiers mois de 2019. Des milliers de travailleurs – femmes de chambre, serveurs, portiers, cuisiniers… – se sont mis en grève, jusqu’à 8 000 selon certaines sources.

La vague de grève a débuté dans vingt-six hôtels de Chicago avant de s’étendre à San Francisco, San Jose, San Diego, Oakland et Los Angeles en Californie, Honolulu à Hawaï, Boston sur la côte Est et Détroit.

Les travailleurs, principalement des travailleuses noires, latinas ou immigrées, doivent affronter au quotidien des conditions de travail et de vie misérables (souvent ils doivent jongler avec deux emplois), un coût de la vie exorbitant (car ils ne peuvent pas vivre très loin des palaces), des salaires et des retraites faibles, une assurance maladie qui protège peu, une charge de travail éreintante, et, pour couronner le tout, du harcèlement et des agressions sexuelles fréquentes.

Ces dernières années, les conditions de travail des femmes de chambre se sont encore dégradées. Au nom d’une politique « écologique », les patrons de Marriott ont décidé de baisser la fréquence du nettoyage des chambres pour économiser de l’eau par exemple. Cela a eu des conséquences directes pour les travailleuses : 700 000 heures de travail supprimées c’est-à-dire 350 emplois dans les hôtels Starwood du groupe par exemple, des chambres plus sales et plus difficiles à nettoyer (ce qui oblige à utiliser des produits plus forts et plus toxiques), une hausse des accidents de travail (plus cinquante pour cent entre 2013 et 2017).

A cela s’ajoute la mécanisation des tâches qui est une menace directe pour les emplois.
 Si les travailleurs ont des fins de mois difficiles, le secteur hôtelier engrange des profits énormes qui, de plus, sont en forte hausse. Et ce secteur emploie un grand nombre de travailleurs : la chaîne Marriott a plus de salariés que Boeing ou Microsoft.
Face aux magnats des hôtels, les travailleurs sont entrés en lutte pour se défendre avec des revendications salariales. A Chicago, ils exigeaient de bénéficier de l’assurance maladie toute l’année car les patrons les licencient pendant les périodes creuses (et les privent ainsi de l’assurance). Partout, ils revendiquaient des augmentations de salaires avec un mot d’ordre fédérateur « Un emploi devrait suffire » et dénonçaient les pertes d’heures liées à la mécanisation.

Les patrons ont commencé par rejeter les demandes des travailleurs et, en réponse, la grève a été votée. Les chambres n’ont plus été nettoyées, les restaurants fermés et des clients ont du changer leurs draps eux-mêmes.

Le patronat et les politiciens bourgeois ont employé leurs méthodes de voyous habituelles : recrutement de jaunes ou arrestation de manifestants, mais cela n’a pas fait plier les grévistes.
www.pcint.org
 Les travailleurs ont frappé les patrons où cela leur fait mal : les profits. Face à la lutte, ces derniers ont dû lâcher des concessions notables : une augmentation des salaires (jusqu’à quarante pour cent), des créations de postes pour faire face aux retards de nettoyage engendrés par la grève, un système d’alarme électronique contre les agressions sexuelles pour les travailleuses isolées… 

Même si les revendications n’ont pas été satisfaites à cent pour cent, cette grève offensive est enthousiasmante car les grévistes ont montré leur courage et leur détermination. Ils ont ainsi brisé la paix sociale et l’offensive patronale. Ils ont démontré qu’on peut faire reculer l’apparente force de la bourgeoisie à condition de s’appuyer sur la force organisée des travailleurs et sur la lutte ouverte.
Le grand résultat d’un combat de ce type est d’en sortir renforcé sur le plan de l’unité et de retrouver le sentiment de confiance dans la lutte massive et solidaire.
Cette grève est importante car c’est un épisode de la lutte de classe qui doit servir de leçon aux prolétaires pour comprendre que la grève est l’arme fondamentale pour gagner.

Parti Communiste International

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