Une tribune pour les luttes

Le Collectif du 5 novembre

Honte à Marseille Habitat et à ses méthodes de marchand de sommeil !
Appel à un rassemblement à 14h devant le siège de Marseille Habitat

+ mercredi soir : Compte rendu du rassemblement : Victoire pour les expulsés !

Article mis en ligne le mercredi 11 septembre 2019

Mercredi 11 septembre 17 heures
Compte rendu du rassemblement à lire sur fb : Collectif du 5 novembre

VICTOIRE POUR LES EXPULSÉS DE CURIOL : NOTRE SOLIDARITÉ EST NOTRE PLUS BELLE FORCE

Aujourd’hui mercredi 11 septembre, nous nous sommes rassemblées nombreux·ses devant le siège de Marseille Habitat, en solidarité aux personnes expulsées inhumainement et illégalement lundi dernier à la rue Curiol. (cf. communiqué plus bas).

Grâce à cette pression citoyenne constante et à l’occupation du dit siège hier, nous avons obtenu une victoire complète pour les personnes expulsées. C’est un immense soulagement pour elles et tous leurs soutiens. 7 familles sont prises en charge dès ce soir et relogées en résidence sociale. 3 hommes seuls sont maintenus à l’hôtel et une solution adaptée va être trouvée dès ces prochains jours. Marseille habitat, en admettant que ce sont des occupants de bonne foi et qu’il est de leur responsabilité de les reloger, finit donc par confirmer que leurs méthodes et cette expulsion étaient bel et bien hors la loi, en plus d’être inhumaines.

Nous resterons vigilants quant à la bonne conduite de cet accompagnement et continuerons à suivre ces personnes pour les soutenir. Nous ne lâcherons par la pression sur la Mairie et Marseille habitat, qui se sont rendus coupables des pires méthodes de marchands de sommeil, ne se sont jamais excusés et se sont sans cesse contredits dans leurs déclarations. Ils ont fait preuve d’une gestion raciste et d’un mépris social inouï contre ces familles. Nous ne le tolérerons pas, jamais.

Nous remercions milles fois les marseillais et marseillaises, nos amis de la Plaine, de Maison Blanche, du Panier, les voisins de la rue Curiol, qui sont venus en soutien. Votre solidarité est la plus belle chose qui soit ! Bravo à toutes et à tous !


Communiqué du Collectif du 5 novembre
Lundi 9 septembre, Marseille Habitat (MH), bailleur social de la Ville de Marseille, a utilisé des méthodes dignes des pires marchands de sommeil, avec les moyens de l’État, en évacuant de façon illégale et inhumaine 28 personnes au 36 rue Curiol. Le Collectif du 5 novembre exige des réponses et des excuses publiques de leur part ainsi que de la Mairie de Marseille. Nous exigeons surtout que le droit soit respecté et que les habitants aient accès immédiatement à un relogement digne et sans condition ni délai.
Hier aux alentours de 16h, et alors qu’une alerte jaune pour intempéries est annoncée pour la nuit, MH a demandé aux forces de police d’évacuer 7 foyers manu militari et de protéger la destruction méticuleuse de leurs 7 logements. L’ensemble des intérieurs a été détruit, particulièrement les céramiques et réseaux d’eau ainsi que l’électricité, afin de rendre le lieu inhabitable (méthode assumée par une cadre de MH ce mardi, sans qu’elle puisse expliquer pourquoi 7 logements ont été concernés alors même que MH déclare un seul logement squatté). Fait plus étrange encore, MH aurait procédé il y a une dizaine de jours, à l’évacuation et à la prise en charge en hôtel de 2 habitants d’un logement de cet immeuble sous prétexte de le remettre en état.
Etrange manière de procéder à une remise en état d’un appartement en commençant par détruire 7 autres logements dans le même immeuble... Toutes les personnes entrées dans les lieux ont pu constater l’horreur des dégâts. Ce sont donc 7 familles, toutes albanaises et en situation régulière de demande d’asile, qui ont été brutalement mises à la rue. MH savait dès ce moment-là qu’elles étaient des occupantes régulières, ayant payé leurs loyers depuis longtemps à l’ancien bailleur. Pire encore, il a été demandé à 3 occupants (de nationalités différentes des 7 foyers) de rester dans leurs logements périlleux, risquant une explosion due aux flaques d’eau et aux réseaux électriques désastreux. Trois personnes auraient par ailleurs été arrêtées par la police et nous n’avons toujours aucune nouvelle de 2 d’entre elles (1 autre a été libérée, ce qui prouve le caractère précipité et abusif de cette arrestation).
L’irresponsabilité et l’inhumanité sont au pouvoir !
Contrairement aux dires de la cadre de MH, nous rappelons que la situation administrative des occupants est sans incidence sur leur droit au respect de leur domicile, l’exigence d’une autorisation judiciaire pour le recours à la force publique et les obligations de relogement en cas d’évacuation administrative. Les personnes dont il est question ont en l’occurrence des preuves de leur occupation de bonne foi, ayant payé leurs loyers de façon régulière à l’ancien bailleur ; elles sont par ailleurs détentrices d’un récépissé de demande d’asile. Nous précisons aussi qu’aucune procédure judiciaire ou administrative n’a jamais été entamée à leur encontre.
Lundi soir, nous avons interpellé Arlette Fructus, représentant la Ville au C.A. de MH. Après des heures de pression, nous avons obtenu la prise en charge en hôtel – de droit – des occupants (précisons que, comme bien souvent, nous avons dû nous-mêmes contacter les hôtels pour trouver et réserver les chambres nécessaires). Un agent dépêché par la Ville et l’association dépêchée par le 115 que nous avions contacté, ont eux-mêmes été sidérés de la situation. Après sa visite de l’immeuble et son constat des dégâts provoqués par le propriétaire MH quelques heures plus tôt, l’agent de la mairie décide l’évacuation intégrale de l’immeuble et annonce qu’elle va ouvrir une procédure de péril imminent. Les 3 occupants auxquels MH avait enjoint de rester dans les lieux ont donc été évacués et mis à l’abri.
Hier, le 10 septembre, un seul occupant a pu être maintenu à l’hôtel. Les 7 foyers initialement expulsés par MH et la police ainsi que deux des trois foyers évacués dans la nuit ont été chassés de leurs hôtels. La Direction de la Prévention et de la Gestion des Risques (DPGR) placée sous la tutelle de l’adjoint Ruas n’a en outre pris aucun arrêté de péril et indique ne pas souhaiter en prendre. Fait très étrange et illisible puisque M. Ruas lui-même justifiait l’évacuation de ces 3 occupants et la pose de scellés pour condamner l’immeuble dans son entier. Selon l’explication de la direction, la DPGR serait intervenue dans le cadre de « la garde de la veille municipale de sécurité pour épauler Marseille Habitat » dans le cadre d’une procédure d’expulsion, qui n’a en réalité jamais été ordonnée.
Comment une Direction municipale intervenant sur des questions de sécurité structurelles des bâtiments peut-elle « épauler » un propriétaire lors d’une expulsion illégale ?
Hier après-midi, avec les habitants, le siège de Marseille Habitat a été occupé pour exiger le respect du droit. MH, en tant que propriétaire d’un immeuble en péril, ou dans lequel il souhaite effectuer des travaux, a l’obligation de reloger ces personnes ; peu importe leur nationalité. L’État a, en outre, l’obligation de protéger les 8 foyers demandeurs d’asile. La Mairie, si elle signait un arrêté de péril, conformément aux décisions de son technicien hier soir, pourrait enfin protéger l’ensemble des occupants. Nombreux sont ceux qui n’ont pas pu manger aujourd’hui (dont 1 nourrisson, 2 enfants en très bas âge, 4 jeunes enfants, 4 adolescents et une femme enceinte de 8 mois).
Suite à cette occupation pacifique, l’hébergement en hôtel de l’ensemble des occupants a été obtenu. Alors qu’il ne s’agit que d’obtenir l’application du droit, le Directeur Général de MH, Christian GIL, a considéré notre position comme du chantage... Un rendez-vous a été pris demain pour qu’un diagnostic social soit fait et que les familles accèdent à un logement pérenne.
A toutes celles et ceux qui n’ont pas oublié leur humanité et qui n’acceptent pas de telles méthodes mafieuses, RDV cet après-midi, devant le siège de MH au 10 rue Sainte Barbe (13001).
De mémoire de citoyens engagés, nous avons rarement vu de telles méthodes, mêlant racisme masqué, mauvaise foi, mensonges, dégradations matérielles et complicité étatique et policière.
Marseille Habitat souhaitait visiblement se servir de la précarité des personnes expulsées pour vider un immeuble sans avoir à payer leur relogement...
Nous, voisins et citoyens solidaires, accompagnerons les familles dans leurs décisions et pour faire respecter leurs droits tant qu’il le faudra.
Le collectif du 5 novembre

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