Une tribune pour les luttes

Mut Vitz 13

Sur la route 131, Puerto Escondido-Oaxaca

De l’autre coté du charco - carnet de passage par Abya Yala (Traba , Patxi Beltzaiz)

Article mis en ligne le samedi 21 décembre 2019

Route 131, une route entre océan et montagne. Point de rencontre entre Puerto Escondido et Oaxaca. Se laisser emporter par la musique. Et faire de ce simple trajet en bus, un voyage en soi. Un voyage pour soi. Aussi essentiel que l’air qu’on respire. Aussi indispensable que les rêves qu’on s’invente. Et finalement, prendre la route comme on prendrait la poudre d’escampette. Para siempre !

À Puerto Escondido, il faut se laisser envoûter par les vagues. Puissantes. Quasiment vivantes. Chargée d’une force mystérieuse. Ici, l’horizon n’est plus qu’une simple ligne de fuite, une perspective infinie, ouverte sur un ciel délavé par l’écume. En plein coeur du sublime.

Ne pas hésiter à se lever aux aurores. S’arracher au sommeil. Partir sur la plage, encore remplie de rêves secrets. Le jour n’est qu’une fine touche de lumière. L’océan se fait lisse comme un miroir. S’asseoir sur le sable. Se perdre avec le ressac. Rester fascinée par ce pélican qui joue sur la crête des vagues. Il semble tellement heureux. Tellement libre. C’est peut-être un des plus beaux moments de la journée.

Puis regarder ces surfeurs qui essaient de dominer les vagues. Plus de deux mètres de haut. Monumentales. Vertigineuses. Les hommes glissent. Tombent. La mer semble les avaler. Comme de vulgaires gouttes d’eau. Certains, dont je tairais le nom, n’en sont pas encore revenus. D’autres sortent vainqueurs de tubes majestueux. Parfois, la vague se fait accueillante. Le plus souvent, elle est cruelle. De tout temps, les hommes ont voulu dominer la Nature mais au final, du haut de sa grandeur, elle nous apprend une chose essentielle, l’humilité. Il n’est pas nécessaire de vouloir aller au combat. À tout prix. Juste rechercher l’harmonie. Certains surfeurs l’ont bien compris et se fondent dans la vague. Élégamment. Et la glisse devient magique, presque surnaturelle.

En milieu de journée, la lumière joue avec les vagues. Comme deux amants qui s’entrelacent. Le silence est grandiose. Juste le crissement des petits cailloux. Et celui de l’écume qui s’étale sensuellement. Puis se retire en courant. Impossible de décrire ce bleu du ciel. De raconter cette lumière diffuse. De rapporter l’immensité du vide. Les mots manquent. Et cette perte nous remplit d’un bonheur presque extatique…

(...)

La suite et les photos ici

P.-S.

Nous entamons avec cet article la republication partielle des articles de l’excellent blog "De l’autre coté du charco", que nous vous invitons à suivre sur place :

https://delautrecoteducharco.wordpress.com

Nous publierons sur ce blog des articles et des photos des différents lieux et situations que nous rencontrerons durant notre passage en Amérique, ou plutôt en Abya Yala.
Abya Yala est le nom indigène pour désigner le continent Amérique.
Photographies : Patxi Beltzaiz / Textes : Vero Traba

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