Une tribune pour les luttes

Mut Vitz 13

La Guadalupe de los altos

De l’autre coté du charco - carnet de passage par Abya Yala (Traba , Patxi Beltzaiz)

Article mis en ligne le vendredi 10 janvier 2020

En ce mois de décembre, la vierge de Guadalupe est en fête. À San Cristóbal de las casas, on l’a traquée plusieurs années de suite. Elle a nous a séduit presque malgré nous. Cette année encore, La Guadalupe est omniprésente. Son visage fleurit à chaque coin de rue, jusqu’à l’overdose. À chaque fois, elle apparaît. Puis disparaît. Dans la foule, dans la fumée des pétards, dans l’exaltation des corps, dans le brouhaha des sons, dans l’odeur des churros. Sur les t-shirts bariolés. Partout et nulle part. Trop de monde, trop d’exhibition de cette foi venue d’ailleurs. Les pèlerins portent la vierge comme un étendard. Ostensiblement. Une manière de combattre l’adversité. Le dernier rempart avant la fin du monde. Avant la misère. Avant la décrépitude. Avant la mort. On ne sait plus trop bien pourquoi on prie. Mais on prie. Très fort. Frénétiquement. Compulsivement. Il y a comme des envies de silence…

Partir. Loin de cette foire des vanités. De cette fête plus foraine que religieuse. De cette religion plus spectaculaire que spirituelle. Partir dans les montagnes des Altos, là où la Tonantzin, n’est qu’un bout de ciel, un morceau de terre, une vallée fertile, des filaments de nuages en pantalon. Sous la modernité de La Guadalupe, retrouver les oripeaux de la déesse Mère. Avant que la croix ne soit croix !

En route vers San Andrés Larráinzar. La route serpente entre deux montagnes. Irrévérencieuses. Un doux soleil d’hiver caresse ses sommets. Ses flancs se gonflent et se dégonflent comme un cœur qui palpite. Les montagnes s’incarnent. Sous nos yeux, elles deviennent vivantes. Ici, nous ne sommes pas face à une nature morte, elle fait partie intégrante de la vie des peuples originaires, de leurs rêves, de leur vie quotidienne. Soumis à ses colères et à sa protection millénaire. D’ailleurs, les indigènes la nomment la Terre Mère ou Tonantzin qui signifie Notre Mère Vénérée, en langue náhuatl. Les conquistadors, imbus de leur Dieu unique, n’ont su s’imposer que par la violence. Brandissant leur croix et leur ignorance crasse, ils ont réussi à nier les croyances de ceux qu’ils appelaient « Los indios ». Ils sont également parvenus à diaboliser leurs cultes, à mépriser leurs rites. Enfin, c’est ce qu’ils ont bien voulu croire. Parce qu’en regardant les indigènes du Chiapas, il est clair que leur cosmovision a survécu à la barbarie de leur monde supposément civilisé.

La suite et les photos ici

P.-S.

Nous vous invitons à suivre "De l’autre coté du charco" sur place :

https://delautrecoteducharco.wordpress.com

Nous publierons sur ce blog des articles et des photos des différents lieux et situations que nous rencontrerons durant notre passage en Amérique, ou plutôt en Abya Yala.
Abya Yala est le nom indigène pour désigner le continent Amérique.
Photographies : Patxi Beltzaiz / Textes : Vero Traba

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