Une tribune pour les luttes

Une urgence sur les lieux de travail :
le droit de retrait pour ne pas risquer sa vie et celles des autres
pour le capital !

La guerre sociale ne s’arrête pas pendant la pandémie !

Article mis en ligne le jeudi 26 mars 2020

Les travailleurs et les travailleuses ne doivent pas être de la chair à patron ! Il n’y a rien à attendre de la bonne volonté des entreprises : dés que nous constatons un danger immédiat pour notre santé, nous devons imposer les conditions minimales de sécurité sur les lieux de travail et l’arrêt des activités qui ne sont pas vitales pour la population. L’absence d’équipements de protection collective ou individuelle légitime le recours au droit du retrait des salarié.e.s.

Dans notre département, notamment dans des entreprises d’envergures internationales, des exemples scandaleux se multiplient où les mesures de sécurité ne sont pas respectées, où les salarié.e.s travaillent sans protections collectives ou individuelles.
Parmi les chantiers du BTP, celui d’ITER à Cadarache, où les salarié.e.s constatent dans le contexte sanitaire actuel que les mesures de sécurité ne sont pas respectées[1]. 
En particulier, il manque toujours des mesures effectives afin d’éviter le contact entre salarié.e.s, avec le respect de distances de sécurité d’environ 1,50 m, des équipements nettement insuffisants de gels hydroalcooliques et d’approvisionnement des chantiers en points d’eau pour se laver les mains, des serviettes jetables ; aucune mesure de protection dans les véhicules de transport collectif ou individuel partagés - à l’encontre même des recommandations officielles -, par plus d’une personne.

Des pressions énormes sont exercées sur les nombreux prestataires présents sur certains chantiers et conséquemment sur leurs salarié.e.s. On ne s’étonnera pas de la priorité d’ITER Organisation, par exemple, dont le responsable de communication rappelle avec cynisme : « On ne peut pas se permettre, par exemple, d’interrompre la fabrication en cours [de pièces importantes]. Ça se compterait en dizaines de millions d’euros. »[1]
Dans une autre entreprise du BTP, l’employeur, par un odieux chantage, fait signer une « décharge de responsabilité » qui demande au ou à la salarié.e de n’exercer aucun recours contre la société en cas de contamination par le COVID-19 ![3]

Devant de telles situations, le recours au droit de retrait s’impose !

L’injonction paradoxale de l’État et des capitalistes – « Restez chez vous ! », mais « Reprenez les chantiers ! » – nous montre bien que pour eux les profits valent plus que nos vies. Exercer son droit de retrait, quand est en jeu la pseudo « nécessité économique » qui masque la réelle dictature du Capital au détriment de notre sécurité et de notre santé, n’est pas seulement un droit, mais un mot d’ordre que les travailleurs et travailleuses doivent mettre en œuvre d’urgence : il ne s’agit pas simplement de notre santé mais aussi de celle de nos familles et de notre entourage, il s’agit aussi du risque d’amplification de l’épidémie.
Ces chantiers ne sont pas de toute évidence des activités indispensables pour la population, ni socialement utile à court terme.

Même un syndicat d’architectes (l’UNSFA) refuse de faire prendre des risques à leurs collaborateurs, aux salarié.es des entreprises et à leurs proches et exprime sa colère face à la reprise imposée des chantiers[4].

Dans tous les secteurs, quelques soient les types d’activité qui ne sont pas vitales, on peut et on doit exercer immédiatement son droit de retrait. Il s’agit d’un droit individuel, qui peut être exercé par un.e seul.e salarié.e ou un groupe de salarié.e.s sans attendre d’obtenir l’accord de l’employeur. Celui-ci doit seulement être informé, oralement, mais aussi par écrit[5].

L’employeur ne peut demander à un.e salarié.e de reprendre son activité avant la disparition du danger grave et imminent et aucune sanction ni retenue de salaire ne peuvent être prises à son encontre. Il et elle doit donc percevoir l’intégralité de son salaire quelle que soit la durée du retrait[6].

En dernier recours, ce sont les travailleuses et travailleurs qui doivent refuser les risques que les patrons leurs imposent. Le droit de retrait est une action directe des travailleuses et travailleurs, qui décident eux même des mesures qu’ils souhaitent mettre en place (en l’occurrence se retirer du danger). Il n’y a rien à négocier : on se retire maintenant, tout de suite !

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

Source : http://www.cnt-f.org/sam/Une-seule-urgence-le-droit-de.html

Voir aussi : http://www.millebabords.org/spip.php?article34340


[1] suite aux alertes de salarié e s travaillant sur le site, notre syndicat a relayé leurs exigences à la Direction d’ITER Organization Headquarters et informé l’Inspection du travail
[2] Voir l’article de La Provence
[3] facebook : Unité BTP
[4] Voir l’article du Moniteur
[5] mail en recommandé et notification de lecture, courrier remis contre signature en cas de litige ultérieur
[6] Voir l’article du Moniteur

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