Une tribune pour les luttes

Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah Paris, le 15 mai 2020.

15 mai 1948 / 15 mai 2020 : 72 ans de résistance jusqu’à la libération !

Article mis en ligne le dimanche 17 mai 2020

Qui ne connaît pas cette date du 15 mai 1948 ? Elle est devenue aujourd’hui, pour tout homme épris de justice, de liberté et attaché à l’émancipation des peuples, un jalon historique incontournable.

Le 15 mai 1948 : date marquée du sceau indélébile et funeste de la Nakba (« la catastrophe » en arabe) - comme nouvelle étape de cette dépossession inique du peuple palestinien de ses propres terres, d’expulsions, de destructions, de pillages et de génocides de ce peuple ; mais date aussi devenue une nouvelle étape forte, depuis maintenant plus de 72 ans, dans la lutte acharnée que mène en continu le peuple palestinien contre le sionisme, l’impérialisme et les Etats réactionnaires arabes.

Inscrite dans un vaste plan initié dès la déclaration de Balfour qui a permis à plus de 480 000 colons sionistes de venir s’installer en Palestine de 1918 à 1948, la Nakba a jeté plus de sept millions de Palestiniens dans les camps de réfugiés et plus de 13 millions en exil et dans la diaspora. Pour les seules années 1947-1949, alors qu’environ 17 000 km2 de terres sont confisquées, près de 800 000 Palestiniens sont chassés de chez eux ;15 000 Palestiniens sont tués pour cette seule période ; plusieurs dizaines de massacres sont commis par les forces sionistes ; environ 500 villes et villages sont détruits et 700 passent sous contrôle de l’entité sioniste. Au total, 70% de la population palestinienne est déplacée de force et n’a dès lors pas d’autres choix que de s’installer à Gaza, en Cisjordanie, dans les pays frontaliers ou ailleurs.
Ce 15 mai 1948 appartient désormais à cette Histoire mais pas un jour ne passe sans que ce 15 mai 1948 ne soit rappelé à notre actualité dans cette poursuite inlassable par l’entité sioniste de son sinistre plan d’écrasement du peuple palestinien et de liquidation de sa cause juste et légitime de libération. Le droit collectif au retour des Palestiniens sur leur terre occupée et colonisée est toujours nié ; les assassinats se poursuivent, avec des moyens de guerre, contre des manifestants sans armes ; les exécutions sommaires sont quotidiennes, les emprisonnements sont massifs et touchent toutes les couches de la population : vieillards, femmes et enfants mineurs. Ghazza/Gaza, bombardé quotidiennement, est toujours sous blocus - cela depuis juin 2007, depuis 13 ans. En Palestine occupée, toute forme de vie politique, économique et sociale « normale » est rendue impossible. On ne compte plus les destructions de villages, de plantations, d’écoles, les confiscations de biens et de terres, les murs érigés alors que parallèlement, toute construction de logements pour les Palestiniens est strictement interdite. A tout cela s’ajoute la modification illégale
du statut d’El Qods Jérusalem imposée désormais comme capitale du soi-disant « Etat » sioniste et la loi “Israël, état-nation du peuple juif “ du 19 juillet 2018. Ces crimes contre le peuple palestinien se réalisent selon les plans du projet sioniste depuis la fin du 19ème siècle et se perpétuent depuis 1948 et bien avant et de plus en plus violemment jusqu’à nos jours avec le soutien actif et inconditionnel sur le plan politique, diplomatique et militaire, des pays impérialistes nommés cyniquement « communauté internationale », sous couvert aussi de la complicité tacite des états réactionnaires arabes et de l’autorité palestinienne engagés dans la voie de la collaboration normalisée et coordonnée, - cela au vu et au su de tous. Et cela porte désormais aussi un nom emblématique : « l’accord du siècle ».

Mais le 15 mai 1948 entre aussi dans l’Histoire et réactive constamment notre quotidien comme symbole de l’extraordinaire ténacité du peuple palestinien à résister, à combattre l’occupant sioniste et à perdurer dans cette guerre de libération nationale de longue haleine, juste et légitime, pour une Palestine à nouveau libérée de la mer au Jourdain. Ainsi, malgré les forces matérielles et les appuis politiques phénoménaux dont dispose l’entité sioniste pour dominer la région, tout cela, depuis maintenant 72 ans, ne lui a toujours pas permis de faire plier la résistance des Palestiniens et de la soumettre ; et cela pour une vérité fondamentale que la longue histoire et les expériences des luttes de libération nationale nous ont déjà apprise : la force de ces luttes est dans la légitimité et la légalité de leur cause ! Ainsi malgré la répression féroce déployée, force est de constater que la résistance du peuple palestinien s’est poursuivie depuis 1948 et se poursuit encore aujourd’hui, toujours plus héroïque et sur tous les fronts, en se réorganisant aussi notamment dans l’exil et sous l’occupation : par des mouvements de grèves, les deux grandes intifadas successives de 1987 à 1993 et de 2000 à 2005, les marches massives du retour, le feu d’opérations militaires ; à Gaza - par exemple en novembre dernier - ; dans les prisons de l’occupant où les prisonniers palestiniens - flambeaux criminalisés de ces résistants pour la liberté - ont fait reculer leur ennemi plus d’une fois avec la seule arme dont ils disposent : celle de la grève de la faim ; dans les campagnes où pas un jour ne passe sans que les paysans manifestent contre les colons armés et luttent contre l’expropriation de leurs terres.

72 ans déjà mais aussi 72 ans surtout ! De résistance et de lutte contre l’oppression et le colonialisme, pour la libération de la Palestine et pour le juste droit au retour, jusque-là nié même si, pourtant, reconnu à maintes reprises par le droit international et notamment par la résolution de l’ONU n° 194 du 11 décembre 1948 notifiant : « il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent le retour dans leur foyer le plus tôt possible ». 72 ans surtout ! De refus de toute forme de « normalisation » sous toutes ses facettes et par-là de liquidation de la cause palestinienne. 72 ans surtout ! D’appel à soutenir cette lutte héroïque de résistance, pour une solidarité internationale des peuples qui passe aujourd’hui notamment par des mouvements de manifestation de grande ampleur partout dans le monde mais aussi par un développement de plus en plus large du mouvement BDS de boycott des produits et intérêts de l’entité sioniste ainsi que de ses partenaires économiques.

72 ans après mais depuis 72 ans surtout, il nous appartient non seulement de nous souvenir mais aussi de soutenir et de populariser cette résistance du peuple palestinien, sous toutes ses formes y compris la résistance armée. Tout comme il nous revient aussi de démasquer, sur le terrain idéologique et politique, les
mécanismes de propagande que déploie l’entité sioniste en permanence et de manière continue pour justifier l’injustifiable et victimiser le bourreau.

Depuis ce 15 mai 1948, si la mémoire palestinienne n’en reste pas moins vive, c’est bien que plusieurs générations se sont certes succédé, toutes marquées dans leur chair et dans leur sang par un désir de résistance, de retour et de libération. Cet engagement total et absolu pour la Palestine, cette résistance face à l’oppression et à l’injustice, un résistant, en particulier, en est l’emblème : c’est notre camarade Georges Abdallah dont le combat est celui de la résistance sous toutes ses formes y compris la résistance armée, celle à laquelle il a participé activement pour défendre le Liban contre l’agression sioniste et pour la lutte de libération nationale de la Palestine. Pour Georges Abdallah, le combat pour la libération de la Palestine est une cause centrale - cette lutte de libération nationale concentrant en elle-même toutes les luttes : en particulier les luttes anticoloniale, anti-impérialiste, anticapitaliste et contre les Etats réactionnaires arabes. Et s’il est bien une position que notre camarade a su tenir et réaffirmer, avant et pendant ses 36 ans de détention, c’est bien celle d’être au côté des peuples en lutte et en particulier du peuple palestinien.

Plus que par solidarité humanitaire ou par seul respect du droit et de la justice (laquelle, en dernier ressort, est celle du capital comme l’a si bien analysé Georges Abdallah), nous devons considérer la résistance du peuple palestinien comme notre propre combat : tout progrès de la lutte du peuple palestinien est un progrès dans nos propres luttes, ici même en France. C’est ce soutien que notre camarade Georges Abdallah - après l’avoir mené de manière effective en son temps – continue à exprimer à chacune de ses interventions et que nous portons avec lui. Or s’il est bien aujourd’hui un mot d’ordre qui a toute sa vérité, c’est bien celui que nous n’avons de cesse de crier haut et fort : Palestine vivra ! Palestine vaincra ! Libérez Georges Abdallah !

Vive la résistance du peuple palestinien !
Vive la résistance des peuples !
Libérez Georges Abdallah !
A bas le capitalisme, l’impérialisme, le sionisme et les États réactionnaires arabes !

Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah Paris, le 15 mai 2020.
La campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah appelle à participer activement à la semaine d’action, à l’initiative de Samidoun, pour mettre en évidence les voix et les luttes du peuple palestinien, à l’intérieur et à l’extérieur
de la Palestine : de Haïfa à Nazareth, de Safad à Gaza, de Ramallah à Naplouse, du Caire à Amman et Beyrouth, de Paris à Berlin, de Bruxelles à Santiago et New York.

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15 mai 1948 - 15 mai 2020 - 72 ans de résistance jusqu’à la libération

voir aussi :
http://www.millebabords.org/spip.php?article34450

P.-S.

campagne.unitaire.gabdallah chez gmail.com

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