Une tribune pour les luttes

LETTRE OUVERTE AUX ELUS NATIONAUX

UNE NATIONALITE AU RABAIS

Article mis en ligne le dimanche 29 janvier 2006

Avec un peu de retard, désolé (ndlr)


M. le Président de la République,
Chef de l’Etat, garant du respect de la Constitution

M. le Premier Ministre,
Chargé d’assurer l’exécution des lois

M. le Président de l’Assemblée Nationale,
Chargé de présider la représentation nationale

M. le Président du Sénat,
Chargé de présider la représentation des collectivités territoriales

Et aux élus chargés des administrations territoriales :

M. le Président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône,

M. le Président du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur

M. le Maire de Marseille

Nous, femmes du Collectif 13 Droits des femmes, tenons à témoigner de notre inquiétude face à la façon méprisante dont le Ministre de l’intérieur et d’autres acteurs politiques exacerbent le nationalisme français par rapport aux français naturalisés à qui l’on ne reconnaît pas une pleine et totale nationalité.

Pourquoi se croire obligé quant il s’agit d’un homme ou d’une femme venant d’un pays du Maghreb ou d’Afrique, de qualifier la personne de « Français d’origine... » ou « Français issu de première ou deuxième génération... » ?
Pourquoi parler d’intégration si l’on ne reconnaît pas à tout individu qu’il soit Français de naissance ou par naturalisation les mêmes droits et les mêmes devoirs devant la loi ?

Comment accepter la réglementation actuelle de la dénaturalisation ? Cette procédure administrative qui existe actuellement prévoit la dénaturalisation si des actes de terrorisme ou contre les intérêts de la nation ont été commis dans les dix ans suivant l’acquisition de la nationalité française. Maurice Papon reconnu comme criminel contre l’humanité échappe à cette procédure. La nationalité par naturalisation serait-elle une nationalité au rabais ?

Que dire maintenant des nouvelles propositions faites par Jean-Paul Garraud qui va au-delà de la proposition du Ministre de l’intérieur en demandant de supprimer le délai du processus de dénaturalisation ?

Ces propositions nous rappellent que dans une période historique récente, seuls les régimes totalitaires ont dénaturalisé certaines catégories de leurs ressortissants, (Hitler, Mussolini, les Bolcheviques et le régime de Vichy).

En revanche, si nous pensons que la naturalisation française doit se faire dans l’adhésion aux valeurs qui fondent notre démocratie avec les droits et devoirs qui en découlent. Cela ne peut se faire qu’à condition qu’il n’y ait pas une hiérarchie de valeur au titre de la nationalité française. Ce serait remettre une « double peine » là où Nicolas Sarkozy l’avait supprimé.

Nous appelons les politiques et nos éluEs à être vigilants et à veiller à ce que des propositions aussi graves que celles-ci ne viennent pas à faire disparaître petit à petit les lois et les principes démocratiques.

Rappelons que la nationalité c’est la protection qu’accorde un état à ses ressortissants.

Marseille, le 16 décembre 2005

Contact :
7, rue de la Paix
13001 Marseille
Tel : 04 91 42 95 92

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