Une tribune pour les luttes

“Com­plo­tisme en géné­ral et pan­dé­mie en particulier”

Article mis en ligne le mercredi 13 janvier 2021

Les camarades de la revue “Théorie Communiste” ont publié une contribution au débat sur le complotisme (entre autres !) sur leur blog de travail. En voici le début et le lien vers le blog

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vrai­ment sur rien
Adam avait-il un nombril ?
On nous cache tout on nous dit rien
(…)
L’affaire truc­muche et l’affaire machin
Dont on ne retrouve pas l’assassin
On nous cache tout on nous dit rien
On nous cache-cache et cache-tampon
Colin-maillard et tartempion
Ce sont les rois de l’information » (Jacques Dutronc, 1967)

« Ima­gine qu’on nous ment, depuis des siècles et des siècles / Que cer­taines com­mu­nau­tés haut pla­cées connaissent les recettes / Les secrets de la vie, pas celle qu’on nous laisse voir. »(Keny Arkana).

Quelques consi­dé­ra­tions préalables

Dans le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, la popu­la­tion n’est pas un fait de « nature », sa pro­duc­tion, repro­duc­tion, ges­tion et les caté­go­ries qui la consti­tuent sont le pro­duit de rap­ports de classe et de genre qui en struc­turent la mise en forme et l’évolution. Cette popu­la­tion n’existe socia­le­ment et ne se repro­duit que comme fonc­tion du capi­tal. Il n’y a pas de sub­strat intact ou pur pou­vant ser­vir de pré­fi­gu­ra­tion de quoique ce soit, il n’y pas de bon­heur ou de souf­france, de bonne santé ou de mala­die, de manière de vivre ou de mou­rir qui puissent se com­prendre autre­ment que comme une expres­sion de ces rap­ports de classe et de genre. Il faut ajou­ter, vu le sujet, que cette expres­sion sans cesse renou­ve­lée — car pro­duit his­to­rique — du rap­port de classe et de genre existe dans le quo­ti­dien de la pen­sée et de l’action pour toutes les classes, et encore plus à l’insu (mais « de leur plein gré ») de ses acteurs pour ce qui concerne les classes domi­nantes ou supérieures.

Cette repro­duc­tion n’est pas une méca­nique idéale et froide des rap­ports de pro­duc­tion met­tant en mou­ve­ment ses propres maté­riaux idéaux. Les rap­ports de classe et de genre comme rap­ports de pro­duc­tion ne se donnent pas en clair, ils existent dans une com­plexité qui peut être com­prise concep­tuel­le­ment comme un déploie­ment dyna­mique des caté­go­ries de l’exploitation (rap­port sur­tra­vail / tra­vail néces­saire) sur tous les pans de l’existence que le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste met en mou­ve­ment de par son carac­tère total. Ainsi la popu­la­tion est pro­duite et existe bien sûr dans les rap­ports de pro­duc­tion à pro­pre­ment par­ler, mais, par là, dans l’existence quo­ti­dienne à tra­vers laquelle se consti­tue la (re)production du rap­port d’exploitation dans son ensemble comme condi­tion d’existence de ces rap­ports de pro­duc­tion stricts (à tra­vers idéo­lo­gies, pen­sées, affec­ti­vité, socia­bi­lité, loi­sirs, santé, rap­port à l’habitat, nour­ri­ture, symp­tômes, ins­crip­tion ins­ti­tu­tion­nelle, 1 ou 2 sur la carte de sécu…). lire la suite »

Faire tenir ces élé­ments appa­rem­ment dis­pa­rates ou hété­ro­gènes n’est pas l’affaire d’un Macron ou d’un lobby même puis­sant et elle n’est pas non plus le fruit du hasard ni dénuée d’intentions, de volon­tés et de déci­sions. Mais tou­jours les struc­tures dominent les indi­vi­dus ou groupes d’individus et leurs actions, pen­sées, idéo­lo­gies, etc. sont elles-mêmes l’expression de ces rap­ports de classes et de genre qu’ils pro­duisent et, les repro­dui­sant natu­rel­le­ment, qui les repro­duisent.

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