Les fiches de lecture de la commission Médiathèque
"Homo Sapiens, l’humanité en partage

Une fois n’est pas coutume il ne s’agit pas aujourd’hui de présenter un livre mais un numéro hors-série du Monde intitulé « Homo sapiens, l’humanité en partage ». Le grand intérêt de ce numéro spécial est le grand travail de synthèse de toutes les avancées scientifiques autour d’Homo Sapiens et sa grande efficacité de vulgarisation de haut niveau.

Article mis en ligne le 25 février 2025
dernière modification le 10 mars 2025

Une fois n’est pas coutume il ne s’agit pas aujourd’hui de présenter un livre mais un numéro hors-série du Monde intitulé « Homo sapiens, l’humanité en partage » . Le grand intérêt de ce numéro spécial est le gros travail de synthèse de toutes les avancées scientifiques autour d’Homo Sapiens et sa grande efficacité de vulgarisation de haut niveau.
En ces heures tristes ou la rigueur et la parole d’expert est petit à petit remplacée par le règne de l’opinion (1), du point de vue personnel, de la vérité alternative, il est rafraichissant de constater qu’il existe encore des gens qui essaient d’avancer au delà de toutes ces constructions sociales que sont nos perceptions et avec le sérieux du travail collectif et contrôlé par des pairs indépendants, sans recherche de « vérité », en travaillant à partir ce qui est « provisoirement certain », jusqu’à preuve du contraire. La démarche scientifique, quoi !
Ce numéro vient à point nommé, également, quand les thèses racialistes se multiplient ici et ailleurs et devant l’incroyable offensive des théories identitaires qui essayent et arrivent à projeter une partie de l’humanité contre les autres.
Ce survol profond de l’histoire de l’humanité d’avant la néolithisation jusqu’à nos jours peut permettre d’essayer de comprendre, même si là n’est pas son objet propre, l’invention du travail, donc de l’exploitation (2), donc de la lutte des classes (3), donc de la domination des femmes (4) entre autres !!
Ce numéro est un peu cher à l’achat (14,90 euros) mais vous pouvez le consulter à la Médiathèque de Mille bâbords.

Philippe, pour la commission médiathèque.

(1) “L’Opinion, personnelle ou publique, est cette forme de pensée molle, fainéante et souvent toxique qui prétend que nous pourrions comprendre la marche du monde à partir de nos propres perceptions. C’est elle qui, devant un coucher du soleil, en déduit qu’il tourne autour de la terre. » Dazibao sur le site dndf.org

(2) “Le terme d’exploitation ne désigne pas des salaires particulièrement bas ou des conditions de travail particulièrement mauvaises. L’exploitation désigne uniquement le fait que les producteurs ne reçoivent qu’une partie de la valeur qu’ils ont produite — sans considération pour le niveau de salaire ou la qualité des conditions de travail.
Contrairement à la notion largement répandue et à de nombreuses affirmations de « marxistes », l’exploitation n’est pas non plus une catégorie morale. Il ne s’agit pas d’affirmer qu’il est pris aux travailleurs quelque chose qui « en fait » leur appartiendrait, et que cette spoliation aurait quelque chose de moralement condamnable. De la même manière, parler de travail « payé » et de travail « non payé » ne veut pas dire qu’il faudrait qu’en fait « tout » le travail soit payé. Bien au contraire, Marx insiste sur le fait que — conformément aux lois de l’échange marchand — le vendeur de la marchandise force de travail reçoit exactement la valeur de sa marchandise. Que l’acheteur tire un certain avantage de la valeur d’usage de cette marchandise ne concerne plus le vendeur. Marx fait la comparaison avec un marchand d’huile : celui-ci reçoit une somme d’argent pour la valeur de l’huile, mais rien de plus pour la valeur d’usage de l’huile. L’« exploitation » et l’existence de « travail non payé » ne résultent pas d’une violation des lois de l’échange marchand, elles sont bien plutôt en adéquation avec elles. Par conséquent, on ne peut pas abolir l’exploitation en réformant les rapports d’échange au sein du capitalisme, mais seulement en mettant fin au capitalisme.” Michael Heinrich "Critique de l’économie politique", disponible à la Médiathèque de Mille Bâbords.

(3) “L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.” Marx et Engels, Le Manifeste.

(4) Les travailleurs.euses (...esclaves, serfs puis prolétaires, voir note 3) dont on capte le surtravail sont la seule source de la « richesse » (survaleur, plus-value, quel que soit le nom qu’on lui donne. Voir la note 2). Le ventre des femmes est la seule source de la race des travailleurs. Il fallait donc bien mettre la main sur les deux, pour dominer le monde !!!


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