Une tribune pour les luttes

APPEL NATIONAL A LA VIGILANCE

Le M.O.M., Mémorial National de la France Outre-mer : Un outil idéologique ?

Appel à signature à l’initiative du MRAP, de SURVIE, de la LDH

Article mis en ligne le mardi 2 mai 2006

Veuillez trouver ci-dessous un appel initié par le MRAP, Survie et la LDH. Comme vous pourrez le constater, les problèmes soulevés par le vote de la loi du 23 février 2005 sont loin d’être résolus après l’abrogation de son article 4, qui semble malgré tout devoir s’appliquer à travers l’ouverture d’un Mémorial National de l’Outre-Mer à Marseille. C’est la raison pour laquelle nous proposons cet appel à la signature du plus grand nombre (individus et organisations).

Le Mrap se chargera de relayer cet appel auprès d’autres organisations au niveau national, mais la mairie de Marseille étant très impliquée dans le projet, il nous semble important qu’il soit signé également par des organisations et des citoyens au niveau local.
Les trois organisations à l’origine de cet appel organiseront par ailleurs un colloque à Marseille le 21 octobre 2006 sur le thème "Mémorial de l’Outre Mer ou Historial du colonialisme ?".

Réponses pour les signatures : raf4 chez wanadoo.fr


APPEL NATIONAL A LA VIGILANCE

A l’initiative du MRAP, de SURVIE, de la LDH

Le M.O.M., Mémorial National de la France Outre-mer :

Un outil idéologique ?

Ouvrir un Mémorial de la France Outre-mer à Marseille en 2007, n’est-ce pas tout simplement appliquer l’article 4 de la loi du 23 février 2005, pourtant abrogé ?

Un Mémorial National de la France Outre-mer devrait ouvrir ses portes à Marseille en février 2007, sur le site de l’exposition coloniale de 1906.

Le 20 juin 2005, le Conseil Municipal de Marseille a en effet demandé au Préfet de décider, pour l’Etat et en partenariat avec la Ville de Marseille, la création d’un établissement public pour la gestion du Mémorial National de la France d’Outre-mer dont les statuts ont été approuvés lors de la même séance.

Ce mémorial présenté à l’Assemblée nationale, le 10 mars 2004, au nom du Premier Ministre, témoigne d’une volonté très claire : il sera la concrétisation d’une loi de cohésion susceptible de marquer "la reconnaissance de la Nation pour l’oeuvre accomplie par des générations d’hommes et de femmes et pour leur contribution au rayonnement de la France". Projet identique à celui de la loi contestée du 23 février 2005 et de son article 4, célèbre pour avoir voulu institutionnaliser des mémoires, en orienter l’écriture (en place des historiens) et décider du contenu de l’enseignement aux jeunes générations.

Plusieurs questions et inquiétudes :

- Pourquoi ce nom de Mémorial, lieu de témoignage et de vigilance en réparation des vies perdues par les victimes de crimes publics ? Qui seront les victimes évoquées puisqu’il ne s’agit apparemment pas des peuples colonisés ? Pourquoi exclure de l’exposition permanente la voix de ceux qui peuvent témoigner de la dimension inhumaine du colonialisme ?

- L’équivoque entre Histoire et mémoires est-elle compatible avec un projet scientifique ?

- Valoriser la seule mémoire de "ceux qui sont partis outre mer pour démarrer une autre vie", n’est-ce pas en soi un ferment de division ? Pourquoi ne pas mettre en oeuvre un regard croisé et développer un fond pluriel ?

- Quelles garanties institutionnelles pour l’indépendance et le pluralisme nécessaires à la recherche trouve-t-on dans les statuts d’un établissement public dont le Conseil d’administration et le Conseil scientifique sont inféodés au politique ? Dix membres du CA sur seize relèvent de l’organe politique de la ville de Marseille et, sur treize membres du Conseil scientifique, qui a pour fonction "d’assister le directeur et le CA dans la définition de la politique scientifique de l’établissement", huit sont désignés par arrêté du Maire de Marseille, et aucun par l’Université ou le CNRS .

- Pourquoi l’Université, le CNRS, Les Archives nationales d’Outre-mer ne sont-ils pas associés au projet autrement que par la présence à titre individuel d’universitaires et de chercheurs au sein du conseil scientifique ? Le Mémorial, pourtant, a la prétention de "transmettre des connaissances aux élèves de tous niveaux par l’étude ciblée sur certaines périodes de l’histoire" ; "former les enseignants à cette période de l’histoire" et "contribuer à la réflexion sur les programmes scolaires et inviter les éditeurs à un travail de cohérence entre les programmes et les manuels publiés." (extraits des statuts)

Au moment où la France traverse une crise identitaire à propos de son mode d’intégration, un tel type de Mémorial présente tous les ingrédients idéologiques pour enflammer une nouvelle guerre des mémoires, bien éloignée de l’apaisement que pourrait apporter un projet différent où s’écrirait l’Histoire, toute l’Histoire, celle des colons et celle des colonisés.

Nous demandons aux Pouvoirs publics des réponses à ces questions et exigeons des garanties pour que ce lieu remplisse une véritable mission scientifique.

Premiers signataires (organisations) : MRAP, Survie, LDH...

Premiers signataires (individuels) et qualité éventuelle :

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