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Samedi

Fathi a finalement été expulsé par avion ce matin, par surprise et dans des conditions inhumaines !

Article mis en ligne le samedi 24 juin 2006

Fathi a été finalement expulsé ce matin dans la violence et le mensonge.

Après que notre mobilisation, et son refus d’embarquer malgré les sévices subis à ce moment-là, ont empêché Fathi d’être expulsé vendredi 23 juin, il a été emmené directement devant le tribunal JLD où il est passé à midi.

Son avocat a défendu le fait qu’il souhaitait juste terminer son année scolaire , et que pour cela la Préfecture pouvait lui délivrer une APS (autorisation provisoire au séjour). Il a demandé l’assignation à résidence en arguant du fait que la première fois qu’il avait été assigné (en mars suite à une arrestation dans la rue), il n’avait pas cherché à fuir, la preuve c’est que la police l’avait trouvé chez lui.
La juge a décidé de la maintenir en rétention .

On lui avait dit qu’il serait embarqué par le bateau qui partait aujourd’hui samedi à 19 heure et où nous avions prévu une mobilisation probablement importante à la fin des parrainages qui ont lieu aujourd’hui à la mairie du 15°-16°.

Redoutant probablement cette mobilisation, il a été choisi de l’expulser ce matin en catimini. Nous ne pouvons plus maintenant qu’être vigilant sur les conditions de son arrivée en Tunisie, dans un des pays les plus répressifs du moment dans l’indifférence générale (de nombreux avocats, journalistes, défenseurs des droits des Etres Humains en prison, une police politique qui fait sa loi, même à Marseille...).

Violences policières

On peut quand même souligner qu’il a été traité d’une manière inqualifiable vendredi par la police. Nous ne savons pas ce qu’il en est aujourd’hui samedi mais nous savons dans quelles conditions ils ont essayé d’embarquer cet étudiant frêle hier matin et dont son visage portait témoignage au tribunal : six policiers (4 PAF et 2 civils) se sont saisis de lui. Menotté au sol, il a été pris par les pieds et bras, traîné jusque dans une voiture de police direction l’avion. Là les flics l’ont laissé seul sur le ventre à l’arrière de la voiture (caché des regards) mais tout en tapant sur la voiture pour lui faire peur et en "blaguant" de manière raciste "Les sans papiers, ça s’écrit avec du sang" "Toi tu vas partir" etc.
Puis ils l’ont traîné dans l’escalier de l’avion, sa tête a cogné contre les marches. Il n’y avait encore personne dans l’avion. Il a été emmené dans le fond, mis de force sur un siège. Pour qu’il n’appelle pas, les policiers l’ont plié en deux et ont étranglé violemment sa tête entre les jambes très serrées d’un flic. Comme il continuait à crier, et que l’heure arrivait de l’embarquement des passagers prévenus par nos soin qu’ils avaient la possibilité par leur attitude d’empêcher que le commandant de bord ne décolle, un des deux civils a dit "On arrête". Ils l’ont relevé, poussé dans le couloir. Fathi a alors fait un malaise et ils l’ont ramené à l’aéroport et conduit directement au tribunal.

Voilà la réalité des expulsions des Sans papiers contrairement à ce qu’affirment les policiers, le Préfet, le ministre de l’Intérieur.

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