Une tribune pour les luttes

Le Réseau Education Sans Frontières 13 adresse ses plus vives félicitations au préfet des Bouches du Rhône qui a fait procéder le 24 juin 2006 à l’expulsion vers Tunis de Fathi Toualbi.

Article mis en ligne le dimanche 25 juin 2006

Etudiant à la faculté d’Aix (Lettres et Sciences humaines) en master 2ème année de Sciences de l’environnement (météorologie), Fathi, 27 ans, était arrivé en France en 2003 pour poursuivre ses études supérieures.

Parce qu’il laisse filer le temps, comme nombre d’étudiants, au moment de préparer ses examens à la rentrée scolaire 2005-06, son titre de séjour ne lui est pas renouvelé.

Aujourd’hui il le paye au prix fort.

Lorsqu’en mars 2006, suite à une arrestation dans la rue, le Juge des Libertés lui donne un mois pour régulariser sa situation universitaire, la faculté est totalement bloquée par la lutte contre le CPE.

Mercredi 21 juin, à 7h00 du matin, quatre policiers viennent le chercher dans sa résidence universitaire. Du jamais vu, ou plutôt des méthodes qui rappellent un passé peu glorieux...

Par deux fois, par bateau puis par avion, son expulsion échouera notamment grâce à l’intervention du RESF en direction des passagers aériens à Marignane.
Fathi n’en ressort cependant pas indemne. Les violences policières lors de son embarquement par avion, jusqu’à l’étranglement pour le faire taire, lui laissent des marques au visage.

Maintenu en rétention, sa prochaine expulsion lui est annoncée le soir même pour le lendemain, samedi 24 juin en fin de journée.

Malgré les nombreux courriers de protestation qui arrivent à la Préfecture, notamment d’élus locaux, d’associations, de syndicats, de citoyens choqués d’une telle affaire, malgré les actions du RESF qui témoignent d’un véritable soutien de proximité, malgré l’intervention du président de l’Université d’Aix... la Préfecture s’entête contre toute logique à vouloir l’expulser.

De manière délibérée, pour éviter une forte mobilisation qui verrait se masser sur le port l’ensemble des participants (plusieurs centaines) à l’opération de parrainage qui a lieu en mairie ce 24 juin, la préfecture ordonne son transfert dès le matin du centre de rétention, laissant croire à une expulsion par avion.

Finalement, Fathi est expulsé par bateau à 14h30 sur le Méditerranée (SNCM).

Actuellement, il subit un interrogatoire avec la police tunisienne.

Pourquoi ces méthodes et dans quel intérêt ?

C’est une guerre des nerfs qu’a engagée la préfecture avec RESF13. L’ampleur que prend jour après jour ce réseau d’aide aux jeunes sans papiers scolarisés est le reflet de la prise de conscience massive et de la détermination à ne plus laisser faire cette politique liberticide orchestrée par Sarkozy.

C’est cela que le Préfet a voulu briser en expulsant Fathi coûte que coûte. Car cet étudiant ne représentait aucun objectif sensé au regard d’un tel acharnement. En quoi la possibilité de lui laisser terminer son année universitaire aurait-elle nui à l’image de la France ?

Cet acte indigne et violent, condamné unanimement, ne doit pas être tu. L’expulsion de Fathi, et les violences qui vont avec, devrait être l’occasion d’une leçon d’instruction civique. L’occasion de faire percevoir à nos élèves et à nos enfants le double langage des autorités de l’Etat, capables de servir des discours empreints de générosité à l’Assemblée Nationale et de gestes sordides au service d’une politique de fermeture, d’intolérance et de répression. La parole et les actes.

Les gens ordinaires, ceux qui s’émeuvent et se mobilisent à chaque fois qu’un jeune se révèle être sans papiers (ou enfant de sans papiers) dans une classe, n’ont pas les mêmes valeurs. Il faut que cela se sache, pour que nous soyons demain encore plus nombreux à opposer notre volonté d’action et de solidarité à la barbarie ordinaire des ministres respectables et des fonctionnaires obéissants.
La participation massive à l’opération de parrainage citoyen ce jour à Marseille (plus de 400 parrainages) montre la voie.

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