Une tribune pour les luttes

Compte rendu de l’Assemblée Générale de Mille Bâbords

du vendredi 30 juin 2006

Présents : Claude (MB), Denise (MB), Chantal (MB), Jean-Marc (MB), Jocelyne (AC 13), Madeleine (AC 13), Michel (MB), Lucienne (Radio Galère, Mrap), Danielle (MB), Françoise (Rencontres Tsiganes), Christiane (MB), Richard (LDH), Albert (MB), Justine, Ariele (MB), Vincent (LCR), Florence (Assodev-marsnet)

Ordre du jour

1. LA QUESTION DE L’ENGAGEMENT DE MILLE BÂBORDS
2. PREMIER BILAN DES NOCTURNES
3. LES TRAVAUX POUR UNE CUISINE FONCTIONNELLE ET CONVIVIALE
4. APPEL A CANDIDATURES pour constituer un CA plus élargi, afin de permettre une plus grande participation et une meilleure répartition des tâches.
5. APPEL A MISE A JOUR DES COTISATIONS
6. QUESTIONS DIVERSES

1. LA QUESTION DE L’ENGAGEMENT DE MILLE BÂBORDS

CHRISTIANE OUVRE LE DEBAT en rappelant les divers engagements passés de Mille Bâbords : première réunion à Mille Bâbords contre la guerre en Irak, première réunion à l’origine de RESF13... et toujours la circulation de l’information. Cette année MB a été plus actif : il a été un lieu de centralisation de l’information lors du mouvement anti-CPE. S’il a été à l’origine de la première réunion RESF13, il n’en a pas été le coordinateur. En ce qui concerne UCIJ (Uni(e)s contre une immigration jetable), il a été également, par une première réunion dans son local, relanceur du mouvement à Marseille et partie prenante, en fidélité à sa charte - droits de l’homme... -. Son but est d ‘être un carrefour des rencontres associatives (RESF, UCIJ).

Christiane regrette le peu de présence à cette AG, alors que le retour des actions de MB est très positif et que les organisations envoient beaucoup plus d’informations.

Question des signatures de soutien demandées à Mille Bâbords

Exemple d’un appel à soutien de MB aux Chibanis. La problématique de cette lutte est la même que pour des mouvements tels UCIJ ou RESF : doit-on signer ?

Christiane rappelle qu’il y a une différence dans ces deux derniers mouvements où MB était partie prenante dès leur naissance.

Albert prend l’exemple de la lutte de soutien à la Palestine à laquelle MB n’a jamais fait défaut. Or les organisations sont divisées, concurrentes. MB peut-il indiquer un groupe ? Tous ? Il existe une coordination ONG pour la Palestine qui regroupe tout le monde : on pourrait la mettre dans la nouvelle rubrique du site « Les indispensables ». Rien n’empêche de signer si cela n’entraîne pas la question « pourquoi signe-t-on pour telle organisation et pas telle autre » ? Il faut que ce soit une organisation unitaire, un appel aux luttes plus vastes (peuples en luttes contre l’impérialisme, chiappas, etc. il n’y a pas de limite). On ne peut être amené qu’à signer un appel unitaire.

Il rappelle également que MB avait signé les appel de soutien aux Sans Papier et Françafrique lorsqu’il y avait consensus et défense des libertés à Marseille contre la censure de la mairie sur les réunions publiques programmées à la Maison des associations. Également lors de la création de Survie 13, MB était appelant. Il faut se démarquer du travers marseillais du tout et n’importe quoi.

Richard souligne que la participation des adhérents, membres actifs de MB est indépendante du fait de signer ou pas. Il est dangereux de s’insérer dans les aspects claniques, très présents à Marseille. MB n’a pas a priori vocation à tout signer, mais plutôt sa vocation est de portée générale, d’intérêt national. Pour UCIJ, RESF, l’évidence est totale.

L’exemple de Radio Galère est évoqué par Lucienne où à partir du rôle de diffuseur de communication on traite et couvre tout, en tant que communicant, donc, et non comme force politique. Le critère est « qu’est-ce qui est effectif ? ». Quelle force y a t-il derrière ? Il faut se compter, en tant que force de communication, jouer ce rôle.

Michel prend l’exemple du Net : MB couvre un canal. On touche une certaine partie de la population. Mais dès qu’on passe par le papier il y a une répercussion immédiate. On peut imaginer dans le futur une orientation vers le papier, flyer, etc. qui a un impact très important et dont la lecture est moins distraite que celle du Net.

Chantal pose la question de la signature et de l’engagement qu’elle suscite. Sur quels critères, quel objet, quel échange entre nous. Pour les causes nationales il y a évidence, également dans notre rôle de coordination technique.

Christiane revient sur l’expérience du passé : on sait à quel point les élections municipales sont proches et que certaines luttes peuvent être des marchepieds pour certains.

Richard renchérit dans le même sens. Il ne faut pas rentrer dans les jeux locaux. Oui pour les causes nationales, soutenues par un ensemble d’associations, dont on porte l’objet. Sinon il y a danger.

Il répond à une question de Jean-Marc qui propose un « critère collectif » : l’expérience a déjà prouvé qu’une personne pouvait annoncer une manifestation ou une action avec 250 associations sans que ces mêmes associations aient été consultées : le collectif d’associations ne suffit pas comme critère, alors qu’une cause nationale, oui. À moins, répond Jean-Marc, qu’on puisse vérifier la validité du collectif.

Claude ajoute qu’il faut se méfier des gens qui travaillent seuls, n’invitent pas les partenaires pour faire un tract. Il faut une liaison automatique, rajoute Chantal, entre signature et participation.

Ariele souligne que MB doit apporter sa spécificité de communication, au cas par cas selon les thèmes. Elle rappelle l’expérience malheureuse de Résister où les militants étaient investis dans différents collectifs ce qui a empêché son développement. Il serait dommage qu’il arrive la même chose à MB. Oui pour soutenir une cause, s’appuyer sur l’apport de la médiathèque, diffuser l’information. Mais MB ne doit pas désinvestir ses rangs, prendre des tâches trop lourdes à porter, et doit rester dans son rôle de communication.

MB n’est pas une force en plus, définit Vincent : sa spécificité est de décloisonner, d’apporter des moyens matériels, de filer un coup de main. Il faut que la signature de MB reste rare. Pour RESF, par exemple, MB n’a pas le rôle de porter le mouvement mais d’annoncer, d’impulser.

Les militants de MB participent aux luttes, mais il n’est pas utile que ce soit en son nom. Il y a plus de travail en commun depuis un an : syndicalistes, militants associatifs, et dans une forme qui n’est pas celle, traditionnelle, du mouvement ouvrier. Il faut continuer de confronter des idées différentes. Vers une université populaire où l’on ferait se côtoyer des universitaires, des syndicalistes, des militants. Les débats vont prendre plus d’acuité : MB pourrait favoriser ces débats d’idées.

Jean-Marc appuie sur le consensus qui doit se dégager de cette AG de bilan : il ne faut pas être trop en dissonance avec les adhérents : il n’y a pas exigence de cohérence idéologique mais bien que MB soit un lieu de débats.

Albert souligne la difficulté d’organiser des débats contradictoires : il faut que les gens aient envie de discuter entre eux. Autre difficulté soulevée par Richard et liée à la période électorale d’ici 2008 : attention de ne pas faire entrer ce débat là où on ne veut pas qu’il soit, car risque d’éclatement de MB. Également de ne pas rentrer dans le débat actuel de candidature commune, rajoute Ariele : il peut aussi y avoir des débats intéressants sur le libéralisme où MB a sa place. Pas forcément des débats contradictoires, répond Chantal à Vincent : mais des rencontres entre collectifs, les modes d’organisation sont aujourd’hui différents, peut-être ces tendances se rencontrent-elles à MB ?

Vieille idée d’ « agora » et de discussions permanentes, rappelle Christiane, mais cela ne prend pas. Un lieu animé de débats ne marche pas. Ce qui prend ce sont les réunions intellectuelles (cf. conférence-débat sur la psychanalyse) qui ne demandent pas d’engagement.

Albert : La position de ne pas parler des élections est une prise de position. À MB certains ne votent pas, d’autres boycottent, s’abstiennent, votent. Dire qu’on ne parle pas des élections est absurde, pendant la période électorale.

Michel est d’accord sur un point : l’histoire des élections est importante. Mais l’idée de base est de ne pas représenter ce qui est sur-représenté ailleurs : le meeting unitaire est un cas limite. Nous ne devons pas relayer les appels comme le font les médias.

Jean-Marc : Il faut prendre une distance par rapport à la question même du vote ; il y a débat, non pas sur le candidat, mais sur le vote. Il rejoint les craintes de Richard.

Vincent : on discute de tout à Mille Bâbords, de ce qui nous paraît les questions essentielles, du changement social. Il y a un risque de renoncement à notre rôle dans le fait de boycotter les discussions pendant un an.
Peu de journaux ont annoncé le meeting d’hier, il paraît juste d’en parler. Pourquoi pas des débats qui permettraient de faire avancer la discussion de manière spécifique (par exemple sur les élections de 36) ? On doit pouvoir discuter de manière différente. D’où l’idée d’université populaire pour laquelle il y a attente dans la nouvelle génération militante (cf. CPE).

Suit une discussion plus générale sur un appel à construire une université populaire ; le rôle stratégique de MB comme lieu de débat sur « comment changer la société » ; le débat autour du vote et du droit de vote important pour toute une génération mais dont la pertinence pose question aujourd’hui ; trouver de nouvelles formes de débats qui feraient que chacun ne reste plus dans sa chapelle ; et sur le manque de réflexion théorique des gens qui luttent.

Puis une discussion autour de la lutte des Sans papiers et de la dernière position du Préfet. Albert rappelle que MB a organisé une discussion sur les Sans papiers, sans enjeu politique ou politicien, pour essayer de comprendre ce qui se passait (réunion à laquelle participait peu de monde extérieur à MB). Il serait souhaitable - et tout le monde est d’accord - qu’il y ait une réunion informelle cet été pour discuter de cette lutte et en faire le bilan.

2. PREMIER BILAN DES NOCTURNES

PRESENTATION PAR MICHEL. Voir document joint.

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Bilan des nocturnes

Le bilan est globalement positif. Internet gratuit est peu courant à Marseille. Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent venir au local dans la journée, la forme soirée est indispensable.

Florence présente les activités d’Assodev Marsnet :
- Une soirée création de site SPIP, dans le cadre des nocturnes - 3e vendredi ;
- Les jeudis du libre pour les associations utilisatrices de logiciel libre (bureautique) ;
- Les ateliers internet (libre). Cela concerne un public plus large. Ils sont gratuits (avec boîte qui tourne) et liés le plus souvent à la militance. Ils avaient lieu le vendredi en fin de journée, ils se déplaceront les jeudis avant le CA.

Elle souligne que des personnes viennent de loin pour assister à ces formations.

On pourrait rajouter à ces rythmes bimensuels des ateliers de formation plus basique, en bureautique libre. Michel propose de multiplier les petites plages horaires, pour des approches simples. Il faut trouver des gens dans nos cercles pour cette animation.

Plus généralement :

Albert : il faut veiller à toujours relancer l’intérêt sinon il y a risque d’essoufflement. Trouver des idées « fun » à chaque fois. Il y a peut-être là un besoin autre pour ceux qui viennent aux nocturnes que pour ceux qui viennent en réunion.

Claude : réfléchir au rythme : contrainte des deux jours de suite (pour le CA élargi), jeudi et vendredi soirs.

Puis discussion autour de la forme (cyber ou café ?), son aspect festif et une question : comment faire pour que les gens ne ressortent pas comme ils sont venus ? (impression que cela ne joue pas un rôle de prise de conscience particulière par rapport à la médiathèque). Réaffirmation également qu’il n’y a pas là d’enjeu pécunier. Constat également que les soirées militantes marchent mal : d’abord on parle politique et après on fait la fête, conclusion ce ne sont pas les mêmes qui participent aux deux, et souvent les premiers partent au moment de la fête.

Des idées : proposer aux associations de faire un repas une fois par mois (voir point suivant) et de faire l’invitation elles-mêmes. Associer les associations aux nocturnes.

Discussion autour de l’acquisition d’une photocopieuse : l’une des missions de MB est de rendre disponible des moyens de diffusion, par exemple une bonne photocopieuse. Pouvoir tirer des tracts avant une manif ou n’importe quand.

Un problème : si plusieurs personnes utilisent la machine, il y a risque qu’elle tombe en panne rapidement : il faut quelqu’un qui en assure la surveillance. Voir également si cela revient moins cher que de photocopier à l’extérieur. Dans ce cas, cela vaudrait le coup et dynamiserait le lieu. Chaque utilisateur amènerait son papier + boîte qui tourne.

3. LES TRAVAUX POUR UNE CUISINE FONCTIONNELLE ET CONVIVIALE

PRESENTATION PAR JEAN-MARC

Les premiers devis étaient exorbitants, nous avons donc décidé de compter sur nos propres forces et appel à souscription (dont Albert a tiré une cinquantaine d’exemplaires, avec reçus) qui sera noté de manière comptable (sous-compte). Une première souscription a été faite par une association.

Description des travaux

Existant : 2 mètres sur 4.

La douche est enlevée, reste le carrelage qui est sain. En angle une plaque électrique (4 feux).

Un plan de travail tout le long, en arrondis, pas de coins blessants, de 60 cm de profondeur à son plus large et posé à au moins 70 cm en hauteur. Bois - pin - en plusieurs parties, avec mortaises.

Sous le plan de travail des étagères mais aussi un frigo et un four électrique. Une hôte aspirante avec évacuation au-dessus de la porte sur cour.

Séparation des toilettes avec la cuisine : porte entre les toilettes et le placard. Ajout d’un lavabo dans les toilettes. Il existe déjà un chauffeau jusqu’à présent ignoré et inutilisé.

Albert : il faut augmenter la convivialité et faire du cagibi derrière un espace bar avec comptoir.

Christiane : profiter des travaux pour rehausser la bibliothèque.

Discussion autour de l’achat d’un frigo : finalement est retenue l’idée de deux petits frigos, un pour la nourriture - à vider régulièrement -, un dédié à la boisson.

4. APPEL A CANDIDATURES

pour constituer un CA plus élargi, afin de permettre une plus grande participation et une meilleure répartition des tâches.

À ce jour le CA n’est plus provisoire (cf. l’AG de mars).
À l’heure actuelle : Christiane, Jean-Marc, Chantal, Michel, Ariele, Denise.

Ariele préfère se retirer et devenir membre active : son engagement militant ailleurs ne lui a pas permis de s’engager dans le CA.

Rappel du rythme de réunion : 1 CA par mois et 3 réunions de coordination. Il est souligné que ces réunions sont très importantes car ce sont les seuls moments où on se retrouve tous pour discuter, prendre des décisions. Il est rappelé également que pour postuler, il faut être adhérent et statutairement membre actif.

Florence, qui est membre active - appui cyberkfé, comprendre les besoins en matière informatique, maintenance informatique - se propose de rentrer au CA (à la rentrée).
Lucienne se réserve en premier temps vers un engagement de membre active. Vincent offre son aide pour la préparation de la fête et à la rentrée et serait partant pour une organisation de débats.

5. APPEL A MISE A JOUR DES COTISATIONS

Il est demandé aux adhérents et futurs adhérents de préférer le virement automatique (plus simple pour la gestion et le suivi des adhésions).

6. QUESTIONS DIVERSES

La fête de rentrée de Mille Bâbords.
Il y a un gros problème de lieu : le Toursky est en travaux (les terrasses) et propose le grand hall et de louer une salle de spectacle avec les techniciens.

Nous sommes à la recherche d’autres lieux.

Une réunion de préparation ouverte à tous aura lieu à Mille Bâbords le jeudi 27 juillet à 19 h.

La réunion se termine à 20 h 30.

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