Une tribune pour les luttes

Compte rendu de la conférence de presse de RESF de mercredi 16 aout (source indymédia)

A 15 jours de la rentrée nous restons mobilisés

Article mis en ligne le samedi 19 août 2006

"Les fanfaronades de M. Sarkozy hier sur le journal telévisé de france 2 ne nous arréterons pas bien au contraire."

A quinze jours de la rentrée scolaire, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) a affirmé mercredi qu’il s’opposerait à toute "chasse aux enfants" après les déclarations de Nicolas Sarkozy limitant à 6.000 les régularisations de parents sans-papiers d’enfants scolarisés.

"50.000 enfants sont menacés d’expulsion, a déclaré le porte-parole de RESF Richard Moyon au cours d’une conférence de presse. Nous ferons ce qu’il faut pour que cela ne se produise pas".

"S’il faut cacher des enfants, on prendra ce risque", a ajouté le porte-parole du collectif d’associations, réunissant enseignants et parents d’élèves, à l’origine de la mobilisation pour les sans-papiers ayant des enfants scolarisés. "Plus on approche de la rentrée, a-t-il encore dit, plus il y aura de possibilités de mobilisation autour de chaque chaise vide".

Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé mardi soir sur France 2 qu’"un peu moins de 30.000 demandes" de régularisation avaient été déposées par des sans-papiers dans le cadre de la circulaire du 13 juin et qu’"environ 6.000" seraient régularisés.

Il a également promis de faire preuve de fermeté envers ceux qui n’obtiendront pas de papiers : "Lorsqu’on a une lettre de refus (...) on a vocation à quitter la France", a-t-il dit.

Devant micros et caméras, Jean-Pierre Delarbre, militant RESF de Seine-Saint-Denis, a surenchéri en évoquant "l’épreuve de force de la rentrée". "L’enjeu, a-t-il dit, c’est d’obtenir une régularisation massive des sans-papiers, à l’instar de ce qui s’est passé dans d’autres pays étrangers (ndlr : Espagne et Italie)".

Plusieurs militants de RESF, indirectement accusés mardi par Nicolas Sarkozy de "démagogie et d’irresponsabilité", ont brocardé l’attitude du ministre de l’Intérieur qui avait annoncé le 8 juin que "2.000 personnes (seraient) concernées par les régularisations".

"Il a reculé, mais il peut encore mieux faire, a ainsi ironisé Richard Moyon. Et on va l’y aider".

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, très impliquée dans RESF, s’est pour sa part félicité que les sans-papiers aient su "trouver un relais dans la population, en touchant ainsi des +gens ordinaires+ qui dépassent les structures militantes".

Une autre porte-parole du Réseau, Brigitte Wieser a pour sa part dénoncé les disparités dans le traitement des demandes de régularisation par les différentes préfectures. Ainsi, a-t-elle dit, "toutes les familles qui se sont présentées à la préfecture de Paris au mois de juillet ont été convoquées et souvent acceptées alors que depuis le 7 août, les refus n’arrêtent pas de tomber" de cette même préfecture.

"Pour ne pas dépasser le chiffre de 6.000, il faut fermer les robinets", a-t-elle estimé, et nous sommes en train d’assister à cette fermeture".

Pierre Henry, directeur de France Terre d’asile a pour sa part qualifié, dans un communiqué, de "contre vérité" l’affirmation de Nicolas Sarkozy selon laquelle la régularisation de 80.000 personnes en 1997 avait engendré une hausse vertigineuse des demandes d’asile.

"A quoi cela sert-il, a-t-il ajouté, de refuser un titre de séjour à la plupart des 6.500 personnes déboutées de leur demande d’asile et hébergées en hôtel à Paris depuis parfois deux à trois ans ? La réponse est évidente : à emboliser le dispositif d’urgence, à faire porter un coût excessif sur la collectivité en refusant à ces personnes de travailler dans la légalité".

Source Indymédia mercredi 16 août 2006

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