Une tribune pour les luttes

QUELQUES PRECISIONS sur le projet ITER (la fusion) :

(Extrait de Médiane Info 18 avril 2003)

Article mis en ligne le lundi 8 décembre 2003

ITER : International Thermonucléar Expérimental Réactor. C’est d’après les nucléocrates, le réacteur du futur qui fonctionne en utilisant la fusion. Il s’agit de créer sur Terre, la fusion qui s’opère dans les étoiles. Pour cela, plusieurs paramètres doivent être rassemblés : chaleur (plus de 100 millions de degrés), densité et volume. Les éléments utilisés pour le combustible sont le tritium et le deutérium. Le combustible à de telles températures est dans un état particulier appelé plasma. Après plusieurs essais à travers le monde,(notamment à Cadarache dans le réacteur dénommé Tore Supra « qui a fourni des plasmas de quelques KW pendant 4 minutes et demi en juillet 2002 - c’est un record mondial- », Assemblée du Conseil Economique et Social Régional PACA(CERS) du 16 octobre 2002), les chercheurs ont besoin d’un réacteur de plus grosse taille. Plusieurs pays se portent candidats : Canada, Japon, Espagne, et la France avec Cadarache. La décision de l’implantation doit être faite lors du prochain G8 à Evian Juin 2003. Médiane ne s’associe pas à l’engouement que fait naître l’éventuelle implantation (sur une cinquantaine d’hectares d’ITER à Cadarache (1600 hect. au total, dont 900 clôturés, c’est pas la place qui manque). La Provence du 20 janvier 2003 nous indique les sommes que les collectivités locales s’apprêtent à mettre dans le projet : région PACA 152 millions d’euros, même somme pour les Bouches du Rhône, Var : 30 millions, Alpes de Hte Provence : 10 millions, Vaucluse 28 millions, Communauté d’agglomérations du Pays d’Aix : 75 millions. Il est vrai que l’espoir des retombées économiques sont grandes d’après le CERS « les retombées économiques sur 20 ans peuvent donc être évaluées à 2 milliards d’euros ; 8000 emplois pendant la construction (2005 à 2013) et 750 emplois pour l’exploitation (2013 à 2034), mise à l’arrêt définitif 2035 à 2040 et démantèlement 2041 à 2070. Un projet de 65 ans (sans compter la garde des déchets rendus radioactifs-33 000tonnes) pour produire entre 400 et 500 MW pendant 400 secondes. Si ça fonctionne, ce qui est loin d’être sûr.
Pour cela, il faudra construire de nouvelles lignes HT afin d’amener l’électricité pour chauffer "la marmite" (il faudra sans doute plusieurs centrales classiques fonctionnant simultanément) , rectifier les routes entre Fos sur mer, lieu d’arrivée des éléments nécessaires pour la construction et Cadarache-« les charges transportées seront parfois trois fois plus importantes que celles de l’Airbus qui transiteront entre Bordeaux et Toulouse, Le Monde du 12 février 2003. » Pour ce qui est de la faisabilité technique du projet, laissons parler les spécialistes : le physicien britannique Walter Marshall disait à la fin des années soixante dix « La fusion est une idée aux potentialités infinies et aux chances de succès nulles » ; et encore Yves Pommeau, alors délégué français au Comité consultatif pour le programme fusion de l’Union Européenne en 1995 « le tritium est un isotope très radioactif de l’hydrogène, particulièrement délicat à manipuler ; des problèmes de sécurité se posent…. Les contraintes auxquelles seront soumises dans un réacteur à fusion les parois de la chambre à vide sont très supérieurs à celles éprouvées par les structures du surgénérateur Superphénix, qui a fonctionné trois mois en dix ans… ».
Conclusion de Médiane à propos d’ITER (coût total annoncé au départ plus de 4 milliards d’euros) : Ah, si seulement les énergies renouvelables recevaient autant de crédits de recherche !

29 novembre 2003 :

Iter vient d’être choisi comme candidat européen pour la finale mondiale contre le Japon.
Toute la région (médias, Conseils Généraux, Conseil Régional, CEA, etc.) n’en finissent pas de célébrer ce « triomphe ».
Hier, 28 novembre, à l’assemblée plénière de la CLI de Cadarache, Médiane a joué les trouble-fêtes en rappelant qu’en mettant 500 millions d’euros dans Iter, il ne resterait rien pour d’autres recherches éventuelles dans les budgets des départements et de la région. Nous étions déjà lanterne rouge dans le solaire, alors, c’est sûr, nous allons consolider cette position !
Le CEA est néanmoins d’accord sur la nécessité de faire un « point-zéro » tritium avant le démarrage d’Iter en 2015. (Construction : 2005 - 2015, puis exploitation : 20 ans).
Quant au coût total annoncé, de 4 Milliard d’euros en avril 2003, il a déjà bondi à 10 Milliard d’euros (dont 4.6 pour la construction).
Remarquons aussi que les 750 emplois de chercheurs prévus pour l’exploitation seront attribués à ceux qui travaillent déjà dans les départements « fusion » des divers pays participants (CE, Russie, Japon, Canada, USA, Corée du Sud) ; il n’y aura donc pas, ou si peu, de création d’emplois dans la région.
Les procédures réglementaires auraient été anticipées (accord de l’ASN en 2002).
Il y aura une Commission Nationale de Débat Public présidée par M. Patrick Legrand, président de France Nature Environnement.
Un débat public est prévu vers l’été 2004 avant l’enquête publique.
Médiane devrait organiser très prochainement une réunion d’information sur Iter (si possible avant Noël).
A suivre……. jusqu’en 2036 ?

P.-S.

Contact : MEDIANE, MCA, 84120 Pertuis 04 90 07 30 92 / 49 29

Méditerranée Information Alternative sur le Nucléaire et les Energies / Pour Sortir du nucléaire

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