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La vérité, toute la vérité, rien que la vérité !

Ibrahima Sylla : un meurtre passé sous silence

Article mis en ligne le mercredi 30 mai 2007

Saïdou et Kadiatou, le père et la jeune épouse de Ibrahim SYLLA - l’étudiant guinéen sauvagement assassiné à Marseille dans la nuit du 31 mars au 1er avril dernier - sont arrivés à Marseille samedi soir.

La jeune femme - enceinte de six mois - devra, dans les jours qui viennent, rencontrer la juge d’instruction en charge du dossier. "La dernière fois que j’ai vu Ibrahim, c’était en décembre dernier en Guinée et je suis là pour savoir pourquoi et qui a tué mon mari", a-t-elle déclaré à la presse locale.

Rappel des faits : Un meurtre passé sous silence

Cela fait deux mois, jour pour jour, qu’Ibrahim a été mortellement battu sur son chemin de retour de travail. Et cela fait deux mois que sa famille et ses proches sont affreusement atterrés par ce silence de mort, ce silence radio, ce silence glacial qui ne fait que revigorer leur affliction et qui ne laisse, d’ailleurs, personne indifférent.

Pour signer la pétition, cliquez ici :

http://www.soninkara.com/petitions.html


14 avril 2007 : La vérité, toute la vérité, rien que la vérité !

Deux semaines après le mystérieux et abominable meurtre de Ibrahim Sylla, 28 ans - étudiant guinéen en mathématiques à l’université de Luminy à Marseille - l’enquête fait, toujours, du sur place. Cet étudiant sans histoire rentrait de son travail aux alentours de 00h30 lorsqu’il a été cruellement battu, à mort. On lui aurait porté plus de trente coups de couteau avant d’être aspergé d’essence et brûlé, puis jeté comme une vulgaire ordure dans un fossé.

Ibrahim est arrivé en France en octobre 2005. Il laisse derrière lui sa femme, enceinte, qu’il a épousée en septembre dernier. C’est le chien d’un riverain marseillais qui fit, le lendemain, la macabre découverte. Mais le caractère sibyllin de ce meurtre ne porte pas seulement sur le profil de ses bourreaux et du mobile de leur conduite. Il réside même dans le mutisme des médias et de toute la classe politique française dans l’affaire. Ce qui plonge la famille de Ibrahim, ses amis et ses proches dans les abysses de la perplexité.

A l’autre bout de l’Hexagone, et au même moment, peut-être même à la même heure - dans la nuit du samedi 31 mars au dimanche 1er avril 2007 - un autre acte odieux et condamnable fut perpétré. Il s’agit de la profanation de cinquante-trois tombes juives du cimetière de Lille Sud à la veille des fêtes de Pessah, la Pâque juive.

C’est alors que toute la classe politique, de Marie-George Buffet à Jean-Marie Le Pen en passant par Ségolène Royal et Jacques Chirac, pour ne citer que ceux-là, en plus de Martine Aubry (maire socialiste de Lille qui s’était rendue sur place le même jour, dimanche 1er avril), s’est mise, à brûle-pourpoint, à rivaliser de déclarations, condamnant de la manière la plus ferme cet acte, il est vrai odieux.

Cependant, à la différence du meurtre de Ibrahim pour lequel la classe politique semble s’en tamponner le coquillard, aucune condamnation d’aucun politique n’aura été, jusque-là, enregistrée. Quant aux médias nationaux, c’est motus et bouche cousue jusqu’à ce que France 3 en fasse brièvement l’écho, et ce, seulement à partir du mardi 3 avril.

Comment rester indifférent face à pareille bassesse et ne pas se sentir offusqué, et révolté même, en présence de ces deux poids et deux mesures ? On croit rêver. L’on se demande si c’est, réellement, d’une vie humaine qu’il est, ici, question. Les sempiternelles et lancinantes questions que l’on se pose ne sont, cependant, pas en reste dans cette affaire.

S’agit-il d’un règlement de comptes, d’un crime crapuleux, d’un crime raciste ou d’un assassinat ? Pourquoi l’enquête traîne-t-elle tant en longueur ? Qui se cache derrière « ce maquillage ordonnancé » d’un crime aussi barbare ? Est-on si embarrassé d’ébruiter la nature exacte de ce crime (raciste ?) pour révéler la vérité ? La crainte de revivre des émeutes, à l’instar de celles occasionnées par la mort de Bouna et Zyed le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, serait-elle à l’origine de ce silence on ne peut plus coupable ?

Autant de questions qui laissent abasourdis plus d’un citoyen épris de droit, de justice et d’égalité. Un triptyque pourtant cher à la patrie des Droits de l’homme.

L’association des Guinéens de Marseille et son porte-parole vous remercient de votre participation

DIAGANA Abdoulaye-Bocar

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7 Messages

  • Le 23 août 2007 à 15:50, par

    Bonjour,
    J’ai connu Ibrahim et je rentre d’Afrique ou j’étais depuis plusieurs mois.J’aimerais avoir un contact avec sa famille pour leur remettre des photos
    Mon mail autociel chez yahoo.fr

    • Le 11 septembre 2008 à 18:45, par Aboubacar sidiki Sylla

      Je suis le l’un des jeunes frères d’Ibrahim sylla l’etudiant guinnéen assassiné par la France.

      • Le 13 septembre 2008 à 23:46, par

        Bonjour aboubacar je serai ravi de vous rencontrer si vous habitez marseille par hasard car je m’y rends fréquemment
        Bien des choses à toi et à ta famille ...

        • Le 7 octobre 2008 à 15:53, par

          C’est encore le jeune frère d’Ibrahim sylla assassiné par la france. Aboubacar sidiki sylla, je suis en guinée si vous souhaiterai me contacter voici mon email ( abcsidik chez yahoo.fr) et (0022463871636).

          • Le 1er avril 2011 à 03:01, par amiko ?

            bonsoir,
            je me réfère à des faits qui pourraient de loin justifier ce "post".
            il m’est arrivé à "moitié" une sale histoire pour rien, et je garderai l’anonymat. j’essaierai à votre place de voir dans le registre du commerce qui aurait pu après les faits ouvrir un commerce où l’on attend les gens assis, ou alors où les gens attendent assis - c’est vague...une personne ayant été en france et portant le même prénom...le fil conducteur est le même que pour un ancien nazi reconverti dans la bière où la réparation des fours et machines industrielles...
            je compatie et m’associe à vtre douleur. courage, soyez forts et continuez à vivre.

        • Le 22 décembre 2008 à 16:20, par Nicolas

          Bonjour, je comprends votre douleur. ce qui est arrivé à ce jeune homme est malheureux, mais en aucun cas on ne peut accuser le pays qui l’a accueilli, car il s’agit d’un acte isolé et non d’un complot. Comme j’habite à Marseille, j’aimerais connaître le fin mot de cette horrible histoire. Cordialement

          • Le 24 septembre 2009 à 16:29, par Bakary

            Chère frère je vous parle en pleine connaissance de cause sur l’assassinat de mon frère, d’apres mes anquietes menée, il s’agit d’un complot mon frère donc si vous voulez d’amples informations veillez me contactez sur le 00224 63 87 16 36 merci.

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