Une tribune pour les luttes

La solidarité n’est pas un délit ! Les manifestants ne sont pas des criminels !

Appel intersyndical à soutenir David Prévot, enseignant poursuivi pour sa présence aux côtés des lycéens en grève contre la Loi Fillon au printemps 2005.

Procès 10 décembre 2007 au TGI de Paris

Article mis en ligne le lundi 5 novembre 2007

Appel intersyndical de CNT FTE, de la fédération SUD éducation et de la FSU.

Début 2005, les lycéens et les enseignants se mobilisent contre la loi Fillon (bourse au mérite, socle commun, apprentissage à 14 ans, etc.) et pour une école égalitaire. Le mouvement culmine début mars, avec des manifestations considérables partout en France, annonciatrices du mouvement anti-CPE de 2006. L’urgence pour le gouvernement est non d’ouvrir des négociations mais d’enrayer la montée en puissance de ce mouvement. Violences et confusion marquent dès lors les manifestations suivantes, coups de matraques et arrestations s’abattant à l’aveugle sur les manifestants.

Face au danger encouru par les lycéens, suite à leur engagement contre la loi Fillon mais aussi dans le cadre de leur mission de protection des élèves, de nombreux enseignants ont alors décidé d’être présents en première ligne des manifestations, dans le but d’y assurer une présence adulte. David, comme d’autres enseignants, s’est interposé chaque fois qu’il l’a pu. La répression policière violente et l’autisme de Fillon ont amené le mouvement à prendre d’autres formes. A Paris, le 20 avril, une annexe quasi désaffectée du ministère est occupée. Les forces de l’ordre s’introduisent sans ménagements dans l’immeuble pour déloger les deux cents manifestants, qui se réfugient sur le toit du bâtiment. David, seul enseignant ayant réussi à être informé à temps de cette action, les suit pour tenter d’éviter l’accident. À aucun moment il n’a ébauché le moindre geste violent contre un quelconque représentant des forces de l’ordre. Au contraire, sa présence aux côtés des lycéens répondait au souci de leur sécurité. Il a été arrêté avec plus de deux cent soixante des occupants. Treize personnes sont poursuivies en justice sous des chefs d’accusation très graves et mensongers [1].

A l’heure où, pour imposer la déconstruction des acquis sociaux, le gouvernement poursuit sa campagne de déconsidération du mouvement social et accentue la répression, David risque d’être condamné pour l’exemple. Nous ne supporterons pas que notre collègue soit sanctionné par des décisions de justice qui pourraient entraîner sa révocation. Nous exigeons sa relaxe, et l’assurance que le Ministère de l’Éducation nationale n’engagera pas poursuites disciplinaires à son encontre.

Organisations signataires : CNT FTE, fédération SUD éducation, FSU.

Post Scriptum :

Signer la pétition en ligne

http://www.sudeducation.org/article1092.html

de solidarité avec David Prévot.


Pour déconstruire les acquis sociaux et le droit du travail, le gouvernement poursuit sa campagne médiatique de déconsidération du mouvement social et de répression. Parallèlement aux attaques contre le droit de grève (service minimum), la criminalisation des résistances s’accentue, frappant aussi bien ceux qui s’opposent aux expulsions des sans-papiers, que ceux qui tentent de faire entendre leur opposition aux réformes antisociales.

Ainsi David Prévot, enseignant et militant de SUD Éducation, doit comparaître devant le Tribunal de Grande Instance de Paris le lundi 10 décembre. Il est accusé, à tort, d’avoir, le 20 avril 2005, commis volontairement des violences sur des personnes, dont certaines « non identifiées », dépositaires de l’autorité publique (vous avez bien lu : des CRS dont certains non identifiés) dans l’exercice de leurs fonctions. David risque 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende !

Sa condamnation entraînerait l’interdiction d’exercer une activité professionnelle impliquant un contact habituel avec des mineurs. La réalité est sans commune mesure avec ces accusations et la gravité des peines encourues.

Début 2005, les lycéens se mobilisent contre la Loi Fillon (bourse au mérite, socle commun…). Le mouvement culmine début mars, avec des manifestations considérables partout en France, annonciatrices du mouvement anti-CPE de 2006. L’urgence pour le gouvernement est non d’ouvrir des négociations mais d’enrayer la montée en puissance de ce mouvement. Violences et confusion marquent dès lors les manifestations suivantes, avec une présence policière renforcée : les coups de matraque pleuvent à l’aveugle, ainsi que les arrestations…

Face au danger encouru, SUD Éducation a appelé les enseignants à soutenir les lycéens en lutte et à être présents en première ligne des cortèges, dans le but d’assurer une présence adulte protectrice. David, comme d’autres militants de notre syndicat, s’est interposé chaque fois qu’il l’a pu. Avec le temps et le refus obstiné d’entendre la coordination lycéenne, les modes d’action ont évolué, les occupations de lycées ou d’Inspections Académiques se multiplient.

À Paris, le 20 avril, l’occupation d’une annexe quasi désaffectée du ministère est organisée. Les forces de l’ordre tentent de déloger les deux cents manifestants, s’introduisant sans ménagement dans l’immeuble. Les lycéens se réfugient sur le toit du bâtiment, David les suit pour tenter d’éviter l’accident. Il est le seul enseignant ayant réussi à être informé à temps de cette action, mais sa présence répond à une consigne de notre organisation syndicale.

À aucun moment David n’a ébauché le moindre geste violent contre un quelconque représentant des forces de l’ordre. Il a été arrêté avec cent soixante-dix des occupants, il risque d’être condamné pour l’exemple.

Treize personnes, dont huit mineures, ont été poursuivies et vont comparaître, après deux ans d’instruction, devant le TGI de Paris, le 22 novembre pour les mineurs, et le 10 décembre pour les majeurs. Les peines encourues par certains pour violences et dégradation de biens publics et privés, au préjudice du Ministère de l’Éducation nationale et du gardien de l’immeuble, sont très lourdes, jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, plus les dommages et intérêts.

Nous affirmons ici que les criminels ne sont pas les manifestants, mais ceux qui déconstruisent méthodiquement les droits sociaux, expulsent sans pitié les sans-papiers et traînent devant les tribunaux ceux qui se mêlent de RÉSISTER !

Nous appelons à soutenir David et ses co-accusés, en signant la pétition disponible sur le site de Sud éducation

/www.sudeducation.org/article1092.html

et en préparant des actions de soutien les jours des procès, le 22 novembre et le 10 décembre.


Pétition :

Appel à solidarité avec notre collègue David Prévot poursuivi en justice dans le cadre des interpellations effectuées à l’annexe du ministère de l’éducation nationale le 20 avril 2005.

Depuis trois mois, un mouvement de refus de la loi Fillon a tenté de faire entendre ses revendications pour une école égalitaire. De nombreux enseignants ont soutenu et participé aux actions de grève et de manifestations partout en France. La répression violente lors des manifestations et le mépris face aux revendications ont amené le mouvement à prendre d’autres formes. Notre collègue David a participé à l’action d’occupation de l’annexe du ministère de l’éducation nationale le mercredi 20 avril.

Cette occupation, non violente et revendicative, s’est vue réprimée par les forces de l’ordre d’une manière inacceptable.

Plus de cent soixante personnes, pour la plupart mineures, ont été interpellées et ont subi des gardes à vue de 24h à 48h. neuf d’entre elles , dont notre collègue David, ont même été déférées au parquet vendredi 22 avril et sont mises en examen sous des chefs d’accusation très graves et mensongers [1].

Nous sommes totalement solidaires de notre collègue David Prévot, persuadés que sa présence durant l’occupation de l’annexe était tout à fait légitime et que nous aurions pu nous retrouver dans sa situation tant notre refus de la loi Fillon nous a impliqués dans les journées d’action, de grève et d’occupation décidées par la Coordination Nationale Lycéenne.

Nous ne supporterons pas que notre collègue soit sanctionné par des décisions de justice qui pourraient entraîner sa révocation. C’est pourquoi nous exigeons l’abandon de toutes les poursuites judiciaires le concernant.

Un comité de soutien contre les répressions du mouvement lycéen a vu le jour le 29 avril 2005. Il regroupe des associations (LDH, FCPE), des partis politiques (Verts, PCF), et des syndicats de l’éducation nationale (FSU, SUD, CNT).

[1] violences volontaires sans ITT en réunion, avec armes par destination sur agents de la force publique ; - dégradation en réunion de bien d’utilité publique.

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