Une tribune pour les luttes

SNCF, 9ème jour de grève des cheminots .

"Quand les syndicats n’appellent pas à la reprise, la grève continue". (SUD Rail)

Article mis en ligne le jeudi 22 novembre 2007

Depuis plusieurs semaines une dynamique unitaire intégrant la quasi-totalité des fédérations a permis un formidable mouvement de grève à la SNCF. Seule la FGAAC s’est mise d’emblée en dehors du mouvement : en récompense, la direction lui a réservé l’exclusivité des annonces préparées pour répondre à la menace de grève.

Ces miettes n’ont pas fait illusion : le 14 novembre une grève très forte démarrait. L’abandon par la CFDT dès le troisième jour n’a pas eu d’effet trop négatif, d’autant que plusieurs de leurs syndicats locaux sont restés solidaires de la grève.

La situation est devenu plus difficile à compter de mardi 20, lorsque la CGT a commencé à appeler à la reprise du travail dans plusieurs sites, rompant l’unité avec SUD-Rail et FO pour la faire avec seulement UNSA/CFTC/CGC. Mercredi, avant même le début des discussions avec le gouvernement et la direction, « des signes de reprise » étaient donnés, conformément au diktat ministériel. Ensuite, inexorablement les reprises des uns ont permis d’obtenir les reprises des autres puisque « le chiffre de grévistes baisse ».

Pour autant de très nombreux militants et collectifs CGT ont préféré poursuivre la lutte, s’en tenant au même constat que celui fait par les fédérations SUD-Rail et FO : nous avons décidé ensemble d’entrer dans un mouvement que nous savions probablement long, car nous ne voulions pas céder sur l’allongement de la durée de cotisations, les décotes, la désindexation, le double statut.

C’est ce qu’on confirmé nombre d’Assemblées Générales, jeudi encore. Même dans celles qui ont décidé la reprise, les interventions furent nombreuses pour dire « nous ne sommes pas satisfaits ! »

Les fédérations syndicales sont invitées à 11 réunions d’ici le 18 décembre. SUD-Rail sera présent : les revendications des grévistes seront défendues, les cheminots seront informés des propositions du couple gouvernement/direction.

Les grévistes savent que nous pouvions obtenir beaucoup si l’unité était maintenue :
- pour les cheminots,
- pour l’ensemble des salariés des régimes spéciaux,
- pour tous les salariés de ce pays, dorénavant directement sous la menace du passage à 41 années de cotisation en 2008, puis 42, etc.

L’unité rompue, la situation est bien plus difficile ! SUD-Rail apporte son soutien à tous les cheminots en grève.

22 novembre 2007


8ème jour de grève : Gouvernement et direction SNCF n’entendent pas les revendications des cheminots

Mercredi 21 novembre 15h00 au siège social de la SNCF : direction SNCF et le gouvernement ont concédé à recevoir les organisations syndicales.

Les réponses des représentants du gouvernement :
- Maintien des 37 annuités et demi : RIEN !
- Refus de la mise en place des décotes : RIEN !
- Refus de la désindexation des pensions par rapport aux salaires : RIEN !
- refus de la mise en place d’un double statut qui pénaliserait les jeunes et futurs cheminots : RIEN, bien au contraire la confirmation des suppressions des bonifications pour les futurs embauchés !

Les représentants du gouvernement se sont contentés de dire « qu’il serait possible (au cours des réunions) d’évoquer les principes d’harmonisations ». Ils ne précisent ni dans quel cadre, ni si quelque chose est négociable....

DEPUIS PLUS DE DEUX MOIS, SUD-Rail « EVOQUE » AVEC FORCE LE REFUS DE CETTE REMISE EN CAUSE DU CONTRAT DE TRAVAIL DES CHEMINOTS.

La direction ne fait, elle, que confirmer les sujets qu’elle souhaite aborder lors de diverses réunions : (5 tables rondes précédées de 5 groupes de travails techniques + 1 table ronde conclusive).
- Mesures salariales
- Niveau des pensions et complément de retraite
- Adaptation du régime spécial
- Avantages familiaux
- Aménagement des postes en fin de carrière

Comme les représentants de l’état, La direction SNCF confirme l’arrêt des bonifications pour les agents embauchés à partir de janvier 2009, imposant ainsi la mise en place d’un double statut. En dehors de la confirmation de cette régression sociale, la direction se contente de proposer un calendrier pour parler des éléments de la contre-réforme que Bertrand a déclaré « négociables » dans son document d’orientation :..... le 10 octobre ! Depuis le début de notre mouvement, les cheminots réunis en assemblées générales font de leurs revendications un préalable à toute discussion.

La question de la reprise du travail va être posée par des organisations syndicales, la proposition de refaire grève plus tard sera avancée, SUD-Rail posera la question de la poursuite de la lutte pour gagner sur les revendications et obtenir le rejet de la contre-réforme de Sarkozy.

Il est bien évident que se seront les AG qui décideront des suites à donner à l’action.
C’est toute l’importance d’être encore plus nombreux lors des AG. Les cheminots après avoir pris connaissance de toutes les informations disponibles mesureront l’écart entre les revendications portées par les Assemblées Générales et les « annonces » de cette journée de réunion.

Les cheminots doivent peser de tout leur poids pour que la phrase alambiquée (« qu’il serait possible d’évoquer les principes d’harmonisations ») des représentants du gouvernement en début de réunion ne reste pas au stade de « l’évocation » mais soit l’objet d’une véritable réponse.

Personne n’est dupe : les propositions de la direction ne masquent pas les pertes que subiraient les cheminots et les générations futurs avec cette contre-réforme : SUD-Rail appelle à la poursuite de la grève, restons mobilisés, la direction doit revoir sa copie avant la prochaine réunion prévue le 23 novembre.

www.sudrail.org/

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