Une tribune pour les luttes

La chasse aux Tsiganes est ouverte dans les Bouches-du-Rhône

Article mis en ligne le vendredi 20 février 2004

Depuis quelques mois en effet il ne se passe pas de semaines sans que des familles Tsiganes généralement désignées sous le terme " gens du voyage " fassent l’objet de mesures d’expulsion et de contrôles policiers musclés. Les maires, qu’ils soient de droite ou de gauche, les représentants du Préfet, de la police et pour partie de la justice multiplient en direction de ces familles des mesures discriminatoires et contraires aux lois et aux droits de l’homme. Largement relayées par la presse quotidienne, ces mesures s’analysent comme une véritable chasse à l’homme.

On rappellera que dans leur très grande majorité, ces familles sont françaises depuis plusieurs générations et, qu’à ce titre, elles bénéficient, comme tout citoyen, du droit d’aller et de venir prévu par la Constitution. Toute mesure discriminatoire à leur égard est passible de la loi.

En particulier, le droit de vivre, selon leur choix, en caravane, leur est reconnu par la Constitution. La loi du 5 juillet 2000 définit les obligations des communes de plus de 5000 habitants quant à la réalisation d’aires de stationnement. Seule la réalisation de telles aires conformes à la loi peut autoriser un maire à interdire le stationnement de caravanes en dehors des terrains d’accueil. Malgré la publication, il y a deux ans, d’un schéma départemental d’accueil définissant l’obligation des communes, à ce jour, aucune commune des Bouches-du-Rhône ne s’est conformée à cette obligation. Des maires, après diverses intimidations et menaces, n’hésitent pourtant pas à avoir recours à la justice pour exiger l’expulsion de ces familles. Certains juges, en méconnaissance des textes en vigueur et sans même entendre les intéressés, ordonnent des expulsions avec recours à la force publique.

A plusieurs reprises, depuis le mois de juillet dernier, des familles ont été réveillées à 6 h du matin et contraintes par la force, et souvent avec violence accompagnée de propos méprisants, de partir sans qu’aucune solution ne leur soit proposée. Ces mesures sont en contradiction avec la loi du 5 juillet 2000, une circulaire d’application de ministère de l’intérieur du 11 mars 2003, l’engagement pris par le Préfet de Région en présence du Procureur de la République dans une séance publique de la Commission Départementale de Gens du Voyage le 5 mai 2003, mais aussi des promesses faites en mars 2003 par le Ministre de l’Intérieur aux associations de gens du voyage,

Cette attitude des pouvoirs publics dans le département, relayée par la presse, est extrêmement choquante. Les familles Tsiganes qui depuis de nombreuses années fréquentent notre région sont très inquiètes. Cette inquiétude pourrait se transformer en révolte si leurs droits continuent à être systématiquement bafoués. Pour certains, c’est un sinistre rappel de la période hitlérienne où le gouvernement de Vichy les avaient enfermés dans des camps et où les nazis avaient exterminé plus de 500.000 d’entre eux.

Notre association dont l’objectif est de nouer des relations avec les Tsiganes dans le respect du droit, de la culture et du mode de vie de chacun, ne peut admettre que cette situation de non-droit se perpétue dans le département et mettra tout en oeuvre pour alerter les plus hautes autorités de ce pays. Nous invitons tous les habitants à ne pas se laisser entraîner dans des propos et des comportements xénophobes qui, dans une période passée, ont fait la honte de notre civilisation.

Marseille, le 20/02/2004
Le Président, Alain FOUREST

RENCONTRES TSIGANES
En Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Association 1901 rencontrestsiganes chez wanadoo.fr
43 rue Vendôme 13007 Marseille tél. : 04 91 31 31 27

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