Une tribune pour les luttes

Soutien aux travailleurs migrants du foyer "Terre-au-curé" (Paris 13°) : qu’ont-ils fait ?

Le retour des rafles militarisées et des procès à l’emporte-pièce scandaleux : combien de temps allons nous supporter encore de telles infamies...

Signons la pétition de soutien

Article mis en ligne le mercredi 27 février 2008

mercredi 20 février 2008.

Pétition à signer sur le site de RESF :

www.educationsansfrontieres.org/ ?page=article&id_article=11802


Témoignage Cour d’appel du 35bis (Paris) devant laquelle comparaissaient des sans papiers arrêtés lors de la rafle du 12 février dans le foyer du 13° de Paris

NB :
Le foyer TAC est le Foyer Terre aux Curés à Paris 13°.

Samedi 16 février, Cour d’Appel du 35 bis, 15h15 : je parviens à entrer dans la salle où doivent être examinés les dossiers de 25 personnes arrêtées au foyer TAC. Les audiences ont commencé vers 9h30 ce matin. 6 heures plus tard, 4 personnes seulement sont passées, et seuls 2 jugements ont été rendus, après des délibérés infinis. Cette attente va se répéter tout au long de la journée, alors qu’invariablement la décision sera la même pour tous les retenus, à une exception près. Les délais vont juste un peu se raccourcir en soirée.

Les avocats (3 commis d’office et une d’astreinte) font l’hypothèse qu’il s’agit d’une juge très peu expérimentée dans ce domaine, et qui n’ose donc pas « prendre de décisions courageuses. ». Aucun d’entre eux ne la connaît, l’avocat de la Préfecture, lui-même, bien rodé dans sa tâche et d’une assurance à toute épreuve ( « Je n’ai aucun état d’âme dans le cadre de ce travail ») voit cette juge pour la première fois.

D’autres choses vont d’ailleurs surprendre. Ainsi lorsqu’en pleine audience le téléphone portable de l’avocate générale sonne et qu’elle y répond, sans aucune remarque de la Juge. Une telle attitude relève du « jamais vu » pour l’une des avocates, et peut selon elle être interprété « comme un signe de mépris total à l’égard de ce qui se passe dans cette cour ».

Le contraste singulier entre une juge qui « marche sur des œufs » et l’avocat de la Préfecture à l’aise comme un poisson dans l’eau, va de toute évidence peser, tout au long de la journée, en la défaveur des retenus. Quelques exemples :

1. concernant ………………… : un moyen nouveau est soulevé par l’avocate, à savoir la contradiction flagrante entre 2 points de procédure :

- lors du PV de GAV, il est écrit « M. n’a pas souhaité prévenir un membre de sa famille » (alors que son père habite dans le même foyer)

- il a coché la case « je désire faire aviser M. ………………(son père) dans un délai de 3 heures. »

La présidente constate cette contradiction.

L’avocat souligne que le placement en rétention est donc illégal, la procédure étant irrégulière.

L’avocat de la Préfecture invoque alors l’article 74 : « la diligence a été faite dans les 3 h. Puisqu’il n’y a pas d’avis à famille c’est un PV de carence, ça signifie que le père n’a pu être joint. »

La juge questionne alors l’intéressé qui confirme avoir souhaité que son père soit prévenu. Elle ajoute comme si elle avait elle-même vérifié l’information : « les services de police ont cherché à joindre votre père et n’y sont pas parvenus ».

Ce que conteste l’intéressé : « A l’arrivée au CRA, j’ai demandé s’ils avaient réussi à joindre mon père. On m’a répondu qu’ils n’avaient pas essayé. »

La juge clôt le dossier avec un « Mais nous avons ici un PV de 21h, qui dit le contraire. »

Ordonnance confirmée.

2. concernant …………………. : l’avocat demande l’assignation à résidence car il dispose de garanties de représentation (quittances de loyer et pièce d’identité d’un compatriote ayant le même patronyme.)

L’avocat de la Préfecture s’y oppose, du fait que la quittance n’est pas au nom du retenu. Et pour cause puisqu’il s’agit d’un certificat d’hébergement !

La juge reprend cet argument inepte … l’avocat de la défense ne relève pas.

Ordonnance confirmée.

3. concernant …………………… : le PV d’interpellation ne porte pas la mention « placement en GAV » et « avisons le juge mandant. », ce qui est cause de nullité de procédure.

L’avocat de la Préfecture indique alors que le juge a été avisé globalement, « puisqu’il a été informé des 106 GAV ». L’avocat maintient qu’il y a irrégularité. Parade de la partie adverse : ce moyen ne figurant pas dans l’appel, la demande n’est pas recevable. S’ensuit une discussion incompréhensible entre avocats et juge, où sont cités les articles 74 et 563. Ordonnance confirmée.

4. concernant ……………………….. (dernier de la journée, dossier examiné après 23h30) : 2 moyens sont mis en évidence par l’avocat d’office :

- commission rogatoire trop vague

- violation de l’article 63-1 du CP relatif à la notification de la GAV, le PV indiquant que les droits de la GAV ont été lus par l’intéressé lui-même. Or précisément, il n’est pas en mesure de lire, en le comprenant, un énoncé de cette nature en français.

L’avocat de la Préfecture récuse ce moyen :

- « Il a indiqué qu’il lisait péniblement le français »

- « à défaut de le lire et de l’écrire il le comprend », ajoute la juge.

- « ceci n’a pas été mentionné par le premier juge » (pas trace de l’article 63-1 dans le procès du JLD)

L’avocat de la défense demande à la juge de mettre le retenu en situation d’avoir à lire quelque chose, celle-ci répond que « ce n’est pas utile ».
Ordonnance confirmée.

5. concernant …………………… : pour lequel l’avocat demande une remise en liberté, la Préfecture ayant le passeport et l’avocat présentant des justificatifs d’hébergement.

L’avocat de la Préfecture argue que le passeport ne peut être pris en compte puisqu’il est périmé, « le passeport étant un document trans-frontières, à partir du moment où il n’est plus valide, il ne peut être considéré comme tel et ne peut donc être accepté. » Il prie la juge de confirmer l’ordonnance et le maintien en CRA, « car la présence de ce passeport, même périmé, facilitera l’obtention du laisser passer auprès des autorités maliennes. »

La réalité de l’hébergement depuis 2004, chez une amie, est contestée au seul motif qu’il a « pourtant été interpellé au foyer AFTAM. »

Lorsque nous faisons remarquer à une avocate que ça ne constitue pas une preuve qu’il n’est pas hébergé par cette amie, nous recueillons un sourire narquois et condescendant.
Ordonnance confirmée.

6. concernant ………………………. . : entré en France en 1991, il était en règle en 2005. Détail que cela ! Ordonnance confirmée.

7. 2 autres retenus comparaissaient aussi ce jour-là : un Algérien, ………………………. (le premier jugement ayant été rendu par la Préfecture de Créteil.) A l’énoncé de son lieu de naissance, (Rélizane), une militante de la LDH nous rappelle que cette ville de Kabylie a vu son nom immortalisé par un massacre terrible en 1998. Cet homme comparaît alors que son épouse (française) et sa mère sont dans la salle.

L’avocat demande la remise en liberté car il y a de solides garanties de représentation : l’épouse a notamment apporté les quittances de loyer. Mais pas le bail de location !

Alors que nul ne conteste la réalité de la vie commune de ce couple, il repart pour le CRA. Son épouse pleure. Sa mère, qui ne peut se résoudre à comprendre ce qui se passe, regarde autour d’elle, effarée.

8. Et un Turc, …………………… : l’avocate reprend les moyens invoqués lors du premier jugement : il a été placé en GAV puis en rétention avec APRF alors qu’il s’était présenté spontanément à une convocation au commissariat pour « affaire vous concernant ».

L’avocate rappelle que la CEDH a déjà condamné la France pour arrestation déloyale. En vain.
M. Ozan retournera lui aussi au CRA.

9. vient ensuite l’examen des 6 appels du Préfet, à la suite de 6 décisions de remise en liberté, prononcées par le tribunal d’Evry. Les intéressés ont préféré ne pas courir le risque de venir comparaître. Ils ne sont pas représentés par un défenseur : tous les avocats sont partis.

Moment de « justice confidentielle » : l’avocat de la Préfecture s’avance au plus près du bureau de la juge, et commence à lui parler à voix basse. La porte de la salle des délibérés (drôle de terme quand on y pense : la juge, étant seule, a du délibérer avec elle-même !) est ouverte avec les frappements réguliers du tampon de la greffière. Nous n’entendons à peu près rien de ce qui se trame.

Cette justice rendue en notre nom n’en a plus aucune des formes. Protester énergiquement, au risque d’être sorti pour outrage ?

Nous appelons la greffière revenue dans la salle, et lui faisons remarquer l’aberration de la situation. Elle va en faire état à la juge qui se reprend et demande à l’avocat de retourner plaider à la barre. Il s’exécute de mauvaise grâce, ce qui nous permet de l’entendre exposer son motif, dont il précise que, comme il est « identique pour les 6 dossiers, je ne plaiderai qu’une fois. » N’est-ce pas justement ce qu’avaient demandé les avocats de la défense le matin même, pour la même raison, et qui leur avait été refusé ? Cette fois-ci ce sera accordé.

Cette différence de traitement vient-elle du fait qu’il est plus de minuit ? Ou du fait que ce matin les avocats demandaient la mise en liberté de tous les retenus, alors que l’avocat de la Préfecture, lui, demande d’infirmer les 6 décisions de remise en liberté ?
La décision de 1ère instance sera confirmée et l’appel de la Préfecture rejeté. Maigre consolation....

Pendant tout ce temps, les retenus attendent dans une petite pièce.

Ils n’ont accès qu’aux toilettes et à une fontaine d’eau. Nous n’avons pas le droit de communiquer avec eux. A un moment nous demandons aux gendarmes qui les surveillaient de bien vouloir leur transmettre un peu de nourriture. Refus. Après le verdict, chacun est reconduit vers le CRA, à l’exception du seul libéré de la journée (sur les 21 qui se sont succédé, dont 19 arrêtées au foyer TAC). Pourquoi celui-là a-t-il été libéré ? Alibi pour tenter de faire croire au pékin moyen qu’il y a une « quand même une justice » ?

Tandis que pendant les pauses, en salle d’audience les avocats devisent, et à une heure avancée le ton se détend :

- "Ca va peut-être devenir habituel. Tous les lundis un autre foyer, et bien, comme ça on aura atteint les quotas au mois de mai !

- "Ils ont trouvé la poule aux oeufs d’or !"

- "Une opération comme ça c’est un travail incroyable, ce rythme n’est pas tenable si on veut que les dossiers soient impeccables"

Je questionne un peu plus tard l’une des avocates dans le couloir pour savoir si l’allusion aux « dossiers impeccables » est du ressort du pur cynisme, ou de l’humour noir : « Mais non, c’est vrai ! On est ici devant une procédure plutôt bien ficelée. Il y a relativement peu d’erreurs. »
Voilà qui a de quoi laisser songeur…

Avant de conclure, encore 2 remarques, qui sont aussi 2 interrogations :

- Sauf erreur de ma part, la question « y a-t-il une intervention volontaire du GISTI pour ce dossier ? » n’a été posée que pour 8 des 15 retenus. Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait pour les autres ?

- et, toujours sauf erreur de ma part, 5 ou 6 seulement de ces 15 personnes ont été assistées par un interprète lors de cette audience. Ce qui, on peut le supposer, est préférable pour eux. Mais même dans ces cas-là, l’observation de ce qui se passe laisse parfois perplexe : en effet, de nombreux échanges ont lieu entre avocats et magistrat sans que personne ne considère utile d’informer l’intéressé de ce qui se dit à son sujet. Lorsque des questions ou des échanges sont traduits, c’est à la vitesse de la parole du locuteur initial. Et lorsque tombe la sentence, qui tient en 2 mots, il n’y a pas de commentaire, le retenu est reconduit, dans l’indifférence générale, vers la porte et –faut-il le rappeler ?- vers une probable expulsion, après un séjour plus ou moins long en prison (maximum 32 jours actuellement, durée qui risque de passer à 18 mois selon les projets qui seront examinés en mai prochain.)

Comment peut-on prétendre, comme n’a cessé de le répéter l’avocat de la Préfecture tout au long de la journée, que les sans papiers qui comparaissaient devant cette instance avaient « parfaitement compris l’étendue de (leurs) droits tout au long de la procédure », et que l’absence d’interprète à leurs côtés, dès le début de celle-ci, ne pouvait être considérée comme un vice de procédure ?

Quiconque aurait à vivre, en si peu de temps, une accumulation de traumatismes de cet ordre, aurait sans doute du mal à en prendre la pleine mesure et à interpréter correctement le sens de tout cela, quand bien même ses droits lui seraient énoncés dans sa langue maternelle (ce qui n’a été le cas pour aucun d’entre eux), le langage juridique n’ayant qu’une parenté lointaine avec celle-ci.

Ce même jour, l’un des avocats a fait remarquer à la juge qu’il était tout de même curieux qu’en la circonstance tant d’interpellés aient refusé globalement l’assistance, tant d’un interprète que d’un avocat et même d’un médecin. La juge non seulement en a convenu et déclaré que cela lui avait effectivement semblé bizarre, pour ajouter aussitôt « il ne m’appartient pas ici d’en chercher la raison. »

Se pourrait-il que cette raison soit économique ? Un dialogue entre l’un des avocats et une interprète laissait entendre que la Préfecture rechignerait à appeler les interprètes aussi souvent que nécessaire pour cause de budget. L’interprète a précisé que lorsque le traducteur est requis par la police, les factures sont adressées au Tribunal, parce que la Police dépend du Parquet ; alors qu’au CRA cela dépend de la Préfecture. Elle suggère de soulever le problème auprès du bâtonnier.

L’un des avocats remarquait que souvent les personnes arrêtées déclarent comprendre le français, parce qu’elles parviennent à se débrouiller dans les interactions quotidiennes. Et parce qu’elles considèreraient comme dévalorisant de dire le contraire, eu égard à la durée de leur séjour en France, et au fait que la maîtrise de la langue est à la fois un gage et une preuve d’intégration. Mais dans des circonstances comme celles-ci, leur intérêt est de comprendre le mieux possible ce qui se passe. Il paraît donc important de les inciter à demander un interprète.

D’autant plus que s’ils le demandent et ne l’obtiennent pas, cela pourrait constituer un vice de procédure ?

http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article11976


SOUTIEN AUX TRAVAILLEURS MIGRANTS DU FOYER “TERRES-AU-CURE” (PARIS 13e) : QU’ONT ILS FAIT ?

Qu’ont ils fait ?

Pour que le mardi 12 février 400 policiers accompagnés de chiens et agissant sur commission rogatoire envahissent leur foyer, leurs chambres : portes et mobilier cassés, violences physiques, disparition de biens... Deux d’entre eux, effrayés par la présence des chiens, sautent par la fenêtre pendant que la police procède à 115 interpellations.

Qu’ont ils fait ?

Les motifs avancés par la préfecture se sont vite révélés sans fondements (les raisons initiales ne donneront lieu à aucune poursuite judiciaire). Ce ne sont ni des trafiquants ni des marchands de sommeil, mais des travailleurs décidés à faire vivre dignement leurs familles.

Qu’ont ils fait ?

Sinon décider d’organiser par eux mêmes, en accord avec l’AFTAM (organisme gérant), une vie collective dans le foyer. Et nous, que ferons-nous ? Accepterons-nous que des exactions de ce type soient perpétrées au nom des citoyens ? Cette situation est intolérable : nous refusons que les droits humains les plus fondamentaux soient ainsi bafoués.

Nous exigeons la libération de tous les résidents du foyer “terres-au-curé”.

Le Comité de résidents du foyer Terres au Curé

Contacts

Cissé Bakoulé 06 26 88 98 33,

Mahamadou Sacko 06 16 29 10 77,

Marguerite Fatus 06 28 06 30 38

Niamoye Diarra 06 15 39 71 55


Suite de l’horreur ... Les audiences des sans papiers arrêtés devant les tribunaux

Vendredi 15 février

Témoignage :

- Pour Paris, 80 personnes devaient passer hier. L’audience devait commencer à
9h, quand j’ai quitté le tribunal à midi, rien n’avait démarré ... elle a
finalement commencée à 15h30. Et s’est terminée à 8h45 ce matin !
Nuit blanche au TGI pour les militants présents, les avocats et les sans-papiers
...
Difficile d’avoir des chiffres précis ce matin :

Sur les 80, au moins une 50aine maintenus en rétention. Mais sur les 20 ou 30
qui auraient été libérés pour vice de procédure, le parquet a fait appel. Ils
repasseront donc quasiment tous devant la cour d’appel samedi.

Seulement 5 sur
80 seraient réellement sortis !

- Pour Evry : les 8 personnes ont été libérés (nullité de procédure).

- Pour Rouen : 10 sur 11 libérés. On fait appel pour celui qui est maintenu.

Aujourd’hui dès 9h, commençaient les audiences devant le tribunal administratif.
Tout le monde à Paris est sur les rotules ... En plus des procès qui devraient
durer tout le week-end, il y aura un rassemblement samedi devant le centre de
rétention de Vincennes où 80 des 100 raflés au foyer sont incarcérés. Rassemblement de soutien dimanche devant le foyer.

Les résultats des audiences sont doublement catastrophiques :

1)Les maliens de ce foyer sont issus essentiellemnt de 3 villages, pour
connaître ce foyer et beaucoup de ses habitants depuis 10 ans ainsi que leurs
villages, je sais qu’ils ne sont pas auto-suffisants et que l’argent gagné en
France sert avant tout à acheter le mil et le riz manquant. Cette rafle fait
perdre la moitié des revenus qui parvenaient aux villages. C’est un réelle
catastrophe !

2) Les avocats ont perdus sur le fond. Ils attaquaient la légalité de la
commission rogatoire du juge qui a permis cette rafle. Cette commission ne
comportait ni date, ni lieu ! Si elle n’est pas aujourd’hui considérée comme
illégale par les tribunaux, cela veut dire que ce type d’intervention va pouvoir
devenir monnaie courante .


Appel des résident du foyer de travailleurs immigrés de la rue des terres aux curés dans le 13 éme arrondissement de Paris

Suite aux évènements du mardi 12 février 2008, 5 heures du matin, où 400
policiers accompagnés de chiens investissaient le foyer de travailleurs
migrants AFTAM du 43 rue des Terres au Curé a PARIS (portes et mobiliers
cassés, violences physiques, disparitions de biens).

Concernant les deux résidents qui, terrorisés par les chiens, avaient
sauté par la fenêtre, l’un d’eux reste toujours hospitalisé. Sur les 115
personnes interpelées, 84 personnes sont toujours détenues, une personne
ayant été déja expulsée vers le Mali. Un rassemblement de protestation a
eu lieu l’après-midi même. Le lendemain une marche des résidents du
foyer a mobilisé un millier de personnes, voisins, militants associatifs
et politiques entre le foyer et la mairie.

Aujourd’hui, jeudi 14 février, 20 avocats spécialistes du droit des
étrangers se sont mis à la disposition des résidents traduits devant les
juridictions de Paris, Evry, Rouen, Lille. Le prétexte visant à
présenter les travailleurs migrants comme des trafiquants et des
marchands de sommeil se sont avérés sans fondement judiciaire, comme
l’ont reconnu les tribunaux (par la relaxe des 9 personnes accusées de
partager leur propre chambre).

Il s’agit d’une opération massive pour arrêter les sans papiers et salir
l’image des foyers de travailleurs. Aujourd’hui, le Comité de Soutien et
les résidents du foyer appellent à :

- maintenir la mobilisation pour la libération de tous les résidents du
foyer interpellés,
- participer aux réunions de soutien au foyer tous les soirs à 18h (43
rue des Terres au Curé, Paris – Metro Olympiades Ligne14),
- se joindre au rassemblement prévu le samedi 16 février à 14h30 sur le
parvis des droits de l’Homme, Place Trocadéro, dans le cadre de la
semaine anti-coloniale,
- soutenir le rassemblement hebdomadaire à 16h le samedi après-midi
devant le Centre de Rétention de Vincennes (RER A – Joinville le pont).

Un rassemblement de soutien est prévu pour dimanche 17 février devant le
foyer.

Comité de soutien aux résidents du foyer Terre au Curé
43 rue des Terres au Curé, 75013 Paris
.


Qui sont les véritables Marchands de Sommeil ? Le prix du loyer est par personne :


Une véritable opération militaire contre les sans papiers sous le prétexte de lutter contre des marchands de sommeil...

Rafle massive au foyer de la rue de la Terre au Curé (13ème) Au petit matin, ce mardi 12 février, un dispositif policier de plusieurs centaines d’agents était mis en oeuvre au foyer de migrants de la Terre au Curé (13ème) dans une opération de rafle massive résultant en plus de cent interpellations.

Cette opération avait été précédée du bouclage de toute la zone dès 4h du matin. Dans cette atmosphère de guerre civile, l’assaut sur le foyer de migrants a commencé, selon des témoins, à 6h45.

Voici le témoignage de Françoise, du RESF 5ème-13ème, qui a accouru sur place :

Vers 9 heures, j’ai quitté le foyer (43 rue des Teres aux curés, Paris 13e) devant lequel ne restaient plus que des journalistes (TF1, RTL) et des élus (notamment le maire du 13e) et des membres du cabinet du maire du 13e qui sont venus lorsque nous les avons prévenus.

Il faut être en alerte pour venir en aide aux personnes arrêtées dans les commissariats pendant leur garde à vue. Nous n’avons ni la liste des personnes arrêtées, ni celle des commissariats.

Il y a eu une centaine d’interpellations, j’ai entendu à 7h30 un policier transmettre l’information suivante "107 interpellations, opération en cours", essentiellement des sans-papiers, mais pas exclusivement d’après ce qu’un policier a dit. Le motif qui lui a été donné est une commission rogatoire d’un(e) juge d’instruction pour des problèmes de mauvaises conditions de vie dans le foyer (surpopulation, vétusté) et trafics divers. Il lui a également été dit que les interpellés seront dispersés dans les différents commissariats de Paris. En attendant, les personnes ont été placées dans les locaux de la brigade de la circulation de la PP qui est juste à côté rue Albert et évacuées, vers 8h30 les cars étaient partis.

Un résident du foyer confirme qu’un de ses copains avec carte de séjour a été embarqué. Lui dit qu’il n’a pas été embarqué parce qu’il avait les clés du véhicule de son patron, mais il lui ont pris sa carte de séjour et il est convoqué à 15 heures à Cité. D’après les résidents les conditions d’intervention ont été violentes, prise au cou, maintient au sol sous les pieds des policiers.

Tout le quartier était bouclé depuis les rues de Tolbiac, Patay, Château des rentiers et Régnault depuis 4 heures du matin m’a-t-on dit. Le périmètre s’est concentré autour du foyer pour permettre l’accès aux écoles vers 8 h 30.

Lorsque nous sommes descendus vers 7 h 15 (nous habitons à l’intérieur du périmètre) chaque personne qui voulait passer pour rentrer chez elle ou aller travailler était accompagnée par les flics, ce qu’ils ont fini par faire pour nous aussi...

Il y avait rue Albert 3 autobus avec des vitres givrées (donc pas ceux des flics) plus des "estafettes". Nous avons croisé des policiers qui escortaient 2 personnes avec les menottes "en laisse". D’autres policiers repartaient du foyer avec beaucoup de matériel pour ouvrir (ou plutôt défoncer les portes), des échelles. Enormément de forces de l’ordre, en uniforme et en civil, 3 compagnies a dit un bleu à un autre.

Les élus du 13e, n’ont été prévenus que par nous et se sont rendus sur place au plus vite.

Il semble que cette "opération" ait été préparée de façon très discrète et centralisée, les instances policières et judiciaires du 13e ne semblent pas avoir été prévenues.

La presse a été prévenue par un communiqué de la PP. Il semble que les motifs des trafics communiqués par la PP aient évolué au fur et à mesure du temps qui a passé.

J’ai visité le foyer après le passage de la police : il n’y a plus une porte entière.

Les résident ont expliqué que les policiers frappaient une fois à la porte puis la défonçaient. Ils ont tout ouvert et pris l’argent, même lorsque les résidents n’étaient pas présents. Ils ont également pris les passeports.

Les résidents viennent essentiellement du Mali et un peu du Sénégal.

RESF 5ème-13ème


Témoignage d’une militante du RESF 13

Un aller et retour agité à Paris ! ....

Nous étions à Paris pour soutenir Gilles à son procès (reporté au 17 juin comme je vous l’ai dit par mail hier soir), et avons appris mardi matin tôt qu’une opération de perquisition très grave de la police avait eu lieu dans un foyer du 13ème arrondissement (où résident principalement des maliens). Nous nous sommes rendus sur place avec quelques copains du réseau de Paris....

Pure vision d’horreur !

Les témoignages de ceux qui ne se sont pas fait arrêter, sous le choc :

"Vers 5h du matin,un très grand nombre de forces de police avait quadrillé le quartier(plusieurs centaines), et à 6 heures du matin, ils sont entrés dans le foyer, avec matériel pour fracturer les portes, et ont ainsi arrêté plus de 100 personnes, certains sans papiers, d’autres avec.... d’autres convoqués chez les flics l’après-midi même...Vous avez peut-être vu le reportage diffusé hier soir sur antenne 2 (ou fr3)....

Les mots me manquent pour vous raconter le carnage qui a été commis à l’intérieur..... Portes fracassées, cassées on ne sait comment, serrures arrachées.....(buanderies, placards divers de réserve qui ne sont pas des chambres), plus des chambres aussi bien sûr de ceux qui étaient déjà partis travailler....

Cette opération de grande envergure et soigneusement préparée a d’ailleurs été filmée en partie dès l’arrivée des fourgons, c’est-à-dire très tôt le matin, par antenne deux ....

Comment peut-on appeler ça déjà....

Pas une rafle ???

Les comparaisons sont "déplacées" ??

Certains passent en procès pour utiliser certains de ces mots ???

Et puis la consternation des résidents qui ne se sont pas fait arrêter
 !

.... Nous avions les jambes coupées !

A cela s’ajoute la nuit très violente au CRA de Vincennes (qui lutte depuis plus d’un mois).....suite à laquelle plusieurs retenus ont été hospitalisés, dont un dans un état très grave !

Aujourd’hui comme hier, à Paris, des rassemblements ont lieu, devant le foyer du 13ème et devant le CRA de Vincennes.....

Jusqu’à quand cela va-t-il durer ???????.......

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