Une tribune pour les luttes

Bientôt des puces RFID sous la peau des délinquants anglais ?

par Benjamin Ferran, Lexpansion.com

Article mis en ligne le samedi 8 mars 2008

lundi 14 janvier 2008

La justice anglaise tient la solution pour désengorger les prisons :
suivre à la trace les délinquants en leur implantant sous la peau une
puce RFID. Cette pratique, qui suscite la polémique, a déjà été adoptée
en entreprise.

Le bracelet électronique, à peine adopté en France, ne suffit déjà plus
aux Anglais. Trop encombrant et vulnérable, il pourrait être bientôt
remplacé par une puce d’à peine un centimètre de long, implantée
directement dans le bras des délinquants en liberté conditionnelle. Le
ministère anglais de la Justice, confronté comme en France à la
surpopulation carcérale, planche en tout cas très sérieusement sur le
sujet. « Toutes les options sont sur la table, et c’en est une que nous
aimerions approfondir », a confirmé un officiel du ministère au
quotidien The Independent
http://news.independent.co.uk/uk/po...

L’idée n’est pas nouvelle. Cela fait maintenant plus de cinq ans que
l’Angleterre tergiverse - The Register, 2002 :
www.theregister.co.uk/2002/11/18/uk...
refroidie jusqu’à présent par des considérations techniques et éthiques.

Pour Ken Jones, président de l’association des officiers de police
(Acpo), « le temps est venu ». Tel qu’il est présenté, le projet
d’implantation sous-cutanée d’un mouchard concernerait donc les
pédophiles et autres délinquants sexuels, volontaires pour subir une
opération. La puce RFID encapsulée dans leur corps contiendrait une
large variété de données personnelles, comme l’identité, l’adresse et
bien sûr le casier judiciaire.

Doutes sur la sécurité

Ce scénario de science-fiction se heurte toutefois à quelques
contraintes. Pour communiquer avec l’extérieur, la puce RFID a besoin
d’un complément externe. Le système ne fonctionne pas différemment des
cartes de transport qui doivent frôler un lecteur. En clair, cela
signifie que les volontaires ne devront pas s’éloigner d’un autre
appareil, chargé de communiquer leurs coordonnées par satellite GPS.
Autre problème, la technologie n’est pas tout à fait sûre. A la fois
pour le délinquant � les effets sur la santé font l’objet d’études
contradictoires � et pour les autorités, puisque la puce peut
théoriquement être ôtée du corps, et ses données piratées.

Autant d’arguments dont se saisissent les opposants aux « spychips »,
les puces espionnes. Un responsable de l’association des contrôleurs
judiciaires dénonce cette surenchère technologique en assurant que le
système actuel des bracelets GPS fonctionne finalement bien. « Traiter
les gens comme des bouts de viande ne me semble pas représenter une
avancée », estime Harry Fletcher dans The Independent. En face, les
statistiques officielles pointent pourtant la hausse des failles. Sur
17.000 personnes portant un bracelet électronique, environ 2000 auraient
échappé un temps au système, tandis que les infractions au couvre-feu
(douze heures par jour minimum à domicile) auraient quadruplé en un an.

Déjà 2000 implants humains

D’où le recours, pour les partisans des puces RFID, à une solution qui
se banalise. VeriChip, le leader américain des puces sous-cutanée, en a
vendu 7000 dans le monde, dont 2000 implantées dans des humains. Les
visées sont le plus souvent médicales, pour les hôpitaux notamment. Ces
puces sont aussi utilisées pour des accès hautement sécurisés, dans
l’armée, et même dans une boîte de nuit espagnole. Le monde de
l’entreprise n’est pas épargné : il y a deux ans, une société de
vidéo-surveillance, CityWatcher.com avait déclenché une polémique en
implantant une puce RFID pour contrôler les accès de ses salariés. Une
pratique depuis peu interdite en Californie et dans deux autres Etats
américains.

URL de la source :

www.lexpansion.com/economie/actuali...

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