Une tribune pour les luttes

Communiqué du Collectif de soutien aux parents de l’école La Paix à Marseille

Soyons nombreux jeudi 13 mars au procès des parents de l’école de la Paix

Jeudi 11 h . Beaucoup de monde venu en soutien. Très belle plaidoirie de l’avocate. DÉLIBÉRÉ AU 12 JUIN

Article mis en ligne le jeudi 13 mars 2008

Un communiqué suit


Lettre de remerciement de Sophie, une des parentes d’élèves inculpée.

Merci à ceux qui ont pu venir au tribunal ce matin,

merci à ceux qui ont pu entrer dans la salle et assister à l’audience,

merci à tous ceux qui par la pensée étaient avec nous.

Je peux vous dire que dans un moment pareil, avoir des témoins, se
sentir soutenue c’est inestimable.

Mon ressenti du procès est difficile à décrire en quelques mots,et je
suis trop fatiguée ce soir ... en gros : nous étions coupables avant
même d’avoir prononcé un mot !

Ensuite des mots, il y en a eu : chacun en a pris pour son grade ! les
parents d’élèves, ca va sans dire (rien à faire dans une école, n’ont
rien à dire par rapport à une décision injuste : quand c’est non c’est
non ! ), les parents tout court (quel mauvais exemple pour les enfants
 !), les débiles que nous sommes de militer pour le droit de ces
enfants
à connaitre la neige, mobile ridicule, et quand on dit : mais c’est en
ZEP ! il dit raison de plus !

Mais la plaidoirie de notre avocate a été superbe : elle a imposé que
l’on parle du mobile justement, de notre engagement dans ces écoles en
zep (que l’on pourrait comme bien d’autres éviter), de la joie des
enfants qui avaient préparé et rêvé du voyage (ridicule ça aussi ?!),
elle a démontré le différent radical qu’il y avait entre la directrice
et l’enseignant militant syndical, engagé au sein de resf et dénoncé
par
la directrice pour quelques photocopies en faveur des sans papiers ...
La classe de neige a été annulée pour sanctionner l’enseignant : peu
importe que ce soit les enfants qui prennent !

Bref, rendez vous le 12 juin pour le délibéré, pas avant ...

Le procureur a requis 1000 euros contre Maurice et 500 pour Annick,
500
pour moi. Avec sursis, j’ai cru comprendre...

Les deux inspecteurs réclament (pour leurs poches) 7500 euros de
dommages et intérêts à Maurice (je suis plus très sure du montant !).
Notez ce détail croustillant quand ils ont expliqué qu’au départ ce
n’était pas pour l’argent : 1 euros symbolique seulement mais qu’au vu
des soutiens et pétitions citoyennes, ils demandent plus !
Tiens, militer coute cher aujourd’hui, c’est déjà un délit ? je
savais pas.

C’est tout pour ce soir, ouf !

Sophie

soutienecolePaix chez yahoogroupes.fr


Le 19 décembre 2006, cinq parents d’élève interpellent la directrice de l’école La Paix. N’ayant pu obtenir une réponse par les voies classiques de communication concernant la validation du séjour en classe de neige prévu pour une des classes de l’école, trois parents décident d’attendre sur place la réponse.

La réponse ne tardera pas à leur parvenir directement en la présence de l’inspecteur de la circonscription bientôt rejoint par l’Inspecteur d’académie adjoint, Inspecteur Pédagogique Régional. La réponse étant négative pour la classe de neige, les parents décident de rester dans la classe concernée : ils souhaitent qu’une date proche soit fixée pour la tenue d’un conseil d’école extraordinaire. L’inspecteur d’académie adjoint ouvrit alors le dialogue en refermant la porte sur les doigts d’un des parents qui tenta de se dégager, désireux de conserver son outil de travail. Cela provoqua la chute du respecté personnage. Au lieu d’en appeler au calme et à la sagesse l’homme de rang courroucé appela la garde, BAC (Brigade Anti Criminalité), pour se débarrasser des malotrus, la parole et la concertation ayant été laissées de côté.

Le résultat de l’escapade pour une classe enneigée s’avéra finalement bien poudreux.

Un des parents est convoqué devant le tribunal correctionnel pour outrage et violence volontaire envers un dépositaire de l’autorité publique. Il risque trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Les deux autres parents présents à ses côtés, dont la présidente de l’association des parents d’élèves (APE), sont poursuivis par l’Etat pour être entrées illégalement dans l’école, poursuite aggravée par le plan vigipirate. Elles sont passibles d’une amende de 7 500 euros, de travaux d’intérêts généraux et d’une inscription au casier judiciaire. L’inspecteur d’académie adjoint, présent sur place, devrait être convoqué aussi en correctionnelle (violence sur parents) après le dépôt de plainte d’un des parents… Pour apporter un soutien financier, chèque à l’ordre de Mille Babords, à renvoyer au Collectif de soutien de l’école La Paix, chez Mille Babords 61 rue Consolat 13001 Marseille

-  Le collectif de soutien aux parents de l’école La Paix dénonce cette remise en question de la coéducation, le rôle des parents de l’école étant clairement nié par la hiérarchie de l’Education nationale.

- Le collectif demande l’abandon des poursuites pénales contre les parents de l’école La Paix (Marseille)

Nous appelons les citoyens, parents d’élèves et personnels d’éducation à venir dénoncer cette situation lors du procès des trois parents le
13 mars 2008 / à 8h30

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