Une tribune pour les luttes

Le syndicaliste "radical", Luc Ferry, et le jeune prof

Article mis en ligne le samedi 20 mars 2004

Un jeune prof qui n’avait rien vu,

Fut presque pris au dépourvu.

Voici comment il conta l’aventure à sa mère :

"J’entrais tout juste dans le métier

Et je m’apprêtais à enseigner

Sans me soucier de la carrière,

Lorsque deux personnages m’ont arrêté les yeux :

L’un doux, bénin, et gracieux,

Et l’autre turbulent et plein d’inquiétude ;

Il a des arguments rudes,

Dit que l’éducation est marchandisé,

Et le service public décapité,

Que les lobbys patronaux écrivent

Désormais les politiques éducatives."

Or, c’était d’un syndiqué sud dont notre souriceau

Fit à sa mère le tableau,

Comme d’un marginal aux manières psychotiques.

"Il parlait, dit-il, d’un danger imminent,

Faisant tel bruit et tel vent,

Que moi, qui, grâce aux médias, d’esprit me pique,

En ai pris la fuite, plein d’horreur,

Le maudissant de très bon coeur.

Sans lui j’aurais fait connaissance

Avec ce ministre de l’éducation si doux :

Il est éduqué comme nous,

Distingué, longs cheveux, une humble contenance,

Un modeste regard, et pourtant l’oeil luisant.

Je le crois fort sympathisant

Avec la gent des profs ; car il a des discours

Qui disent ne vouloir que notre secours.

Je l’allais aborder, quand d’un fort signal

L’autre m’a fait prendre la fuite.

- Mon fils, dit la mère, ce doucet est un libéral,

Qui, sous son argumentation hypocrite,

Contre toutes les sociales avancées

D’un malin vouloir est porté.

L’autre révolté, tout au contraire,

Bien éloigné de nous mal faire,

Servira peut-être à nous sauver du trépas.

Quant au libéral, il vise notre destruction

Garde-toi, tant que tu vivras,

De juger des gens sur leur communication."

(d’après "Le Cochet, le Chat et le Souriceau" ; La Fontaine, à peine détournée par Lionel Goutelle)

Retour en haut de la page

Thèmes liés à l'article

Humour ? c'est aussi ...

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 35 | 40 | ... | 190