Une tribune pour les luttes

Le nouveau RSA

Article mis en ligne le mardi 16 septembre 2008

Celui-ci était proposé par Martin HIRSCH alors président d’EMMAÜS France. Entré au gouvernement pour le mettre en place voilà aujourd’hui après un an se que l’on découvre.

1. Le R. S. A. va remplacer le R. M. I. et l’A. P. I. (je n’avais pas vu cela au début dans le premier texte, mais peut être avais-je mal lu).

2. Sa mise en place qui recule en permanence, enfin 2 ème semestre 2009 si rien ne change d’ici là.

3. Lorsqu’on prend un peu de temps que propose le R. S. A. :

-  De reprendre du travail et de conserver pendant quelques temps son R. S. A. ancien R. M. I. ou son A. P. I. . Cette formule existe déjà. Si vous êtes au R. M. I. et que vous reprenez un travail, vous percevez votre salaire et le R. M. I. est dégressif. Je ne vois donc pas là grande nouveauté.

-  Ensuite combien de temps cela va-t-il durer 1 an, 2 ans, et après ?

-  Pourquoi le R. S. A. ferait-il embaucher des personnes en grande précarité ?

-  Ensuite point important pour les « précaires » (déjà bien stigmatisés par le nom) que va-t-il advenir des aides : la C. M. U., la cantine pour les enfants, les restos du cœur, l’électricité (les coupures en hivers) ; questions qui sont pour moi sans réponses ?

Ensuite, croyez-vous que les patrons vont embaucher s’ils n’ont pas besoin de personnels ?

A qui va profiter le R. S. A.

Comme d’habitude aux associations et à la fonction publique (grand consommateur depuis des années de ces contrats.

J’avoue être sceptique (serait-ce encore une mesure qui n’aboutira rien) comme tant d’autres ?

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3 Messages

  • Le 16 septembre 2008 à 21:34, par

    Effectivement, pour lancer le RSA on dissimule le fonctionnement actuel du RMI (ou le cumul possible entre allocation chômage et salaire qui concerne 700 000 personnes), dont on dit qu’il empêche de prendre un emploi, et que c’est pour notre bien qu’on le supprime.

    Mais les différences entres les 2 dispositifs sont importantes : dans le RMI, le contenu du "contrat d’insertion" peut être négocié, il n’est pas exclusivement orienté vers l’emploi, avec le RSA, chacun (sauf exception) devra être inscrit au chômage et se soumettre au contrôle renforcé des chômeurs (accepter des "offre raisonnable d’emploi" sous peine de perdre son alloc) ; avec le RSA le cumul intégral d’un salaire mensuel avec le revenu minimum, encore possible durant trois mois actuellement avec le RMI, sera supprimé ; On bétonne le consensus ignoble qui veut faire croire que la dignité est dans l’emploi pour imposer des emplois sous payés ("seul le travail sort de la pauvreté" disait Blair lors de sa campagne de 1997) .

    Le modèle d’emploi précaire que le RSA va promouvoir ne sera pas nécessairement celui du CDD, et devrait ressembler beaucoup à celui du CDI type Mac do : se barrer, démissionner entraîne l’absence d’alloc, la cage de ces CDI à temps partiel au SMIC horaire va s’aggrandir...

    Les abrutis de gauche qui disent eux aussi que la dignité passe par l’emploi (Jospin en 1997 face aux mouvements de chômeurs déclarant : "nous voulons une société de travail, pas d’assistance", les gauchos fordistes qui veulent ’interdire les licenciements’ au lieu d’agir dans et contre la précarité réelle) auront fait le lit de la mesure sociale phare de ce régime (cf le jeu de bonneteau fiscal pour son financement).

    Pour plus de détails sur son fonctionnement, lire le dossier d’AC ! indiqué ci bas

  • Le 16 septembre 2008 à 21:58, par

    Le RSA n’est pas, contrairement à ce que dit le dit l’article un "contrat" (cette fiction-là tombe), moins encore un type d’emploi, à l’instar des TUC,SIVP, CES, CIE, CAE, CA, etc. mais une nouvelle façon d’organiser l’articulation entre salaire direct (salaires) et salaire social (alloc), dans la lignée de la destruction de l’assurance chômage (droit à la formation tendant vers 0, statut des intermittents destiné à exclure du droit à l’alloc, conditions d’accès excluant la majorité des demandeurs selon une logique de "capitalisation" des droits).

    Voilà pourquoi qui a suivi ce projet aura compris dès le début que c’est la restructuration (suppression) du RMI, de l’API et une nouvelle donne pour tous les salariés pauvres, tous les précaires, "exclus" ou pas.

    L’"offre raisonnable d’emploi", l’allongement des périodes d’essai, la "négociation" Unedic ne peuvent être comprises hors de la relation qui les lie à ce travailler plus pour des cacahuètes et des coups de pieds au cul dont le RSA est la manifestation la plus évidente.

    L’insécurité sociale est une construction continuée, un work in progress, comme dirait l’autre. Les bonnes intentions proclamées ne peuvent en aucun cas faire illusion. Le PS a précarisé les salariés pendant deux décennies (ne citons pour mémoire que l’interdiction du RMI aux jeunes qui aura permis un dressage massif de la jeunesse entrant dans le salariat...), Hirsch était l’expert officiel des VERTS sur l’exclusion ; son projet de RSA était porté par la ci-devant Royal... Pas de surprise à ce que la chose apparaisse officiellement comme positive, l’idéologie de l’intégration (à l’emploi, à la société) qui la justifie est ce qui réunit les dominants de tous bords.

    Il s’agit pour eux de conduire nos conduites, d’agir sur nos actions, de gouverner. Il serait temps pour qui refuse d’être gouverné (par la peur, la bêtise et tous autres moyens et bassesses) de ne pas ignorer l’expérience dont nous disposons !

    • Le 21 septembre 2008 à 13:00, par

      Très impressionant la desinformation concernant le RSA, le présentant comme amélioration, alors que la situation se dégrade souvent comparé au RMI...

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