Une tribune pour les luttes

Etudiant-e-s italien-ne-s en lutte contre la privatisation des universités !

Article mis en ligne le mercredi 29 octobre 2008

Un an après la mise en place de la loi LRU en France, on constate que
le gouvernement italien tente de pousser de nouveau plus loin le
processus de libéralisation des universités. Par la loi 133/08, le
gouvernement Berlusconi encourage ainsi une nouvelle réforme
antisociale du système éducatif italien, dans la logique mise en place
par le processus européens de Bologne.

Dans les universités, ceci se traduit notamment par des mesures inacceptables :
- arrêt des recrutements : pendant trois ans, il est prévu de ne
remplacer qu’un départ à la retraite sur cinq, et ce alors même qu’il
manque en Italie plusieurs milliers de chercheurs/euses pour entrer
dans les moyennes de l’OCDE, et les organisations syndicales estiment
que le système d’enseignement supérieur se fonderait aujourd’hui sur
le travail de dizaines de milliers de précaires
- coupe dans le budget de l’enseignement supérieur : d’ici à 2013,
près de 1400 millions devraient être supprimés (ce qui correspondrait
à près de 20% en moins par rapport au budget 2008), la volonté
sournoise de cette réforme est donc bien de faire en sorte que les
universités italiennes se débrouillent pour recourir à des
investisseurs autres que l’état (hausse des frais d’inscriptions,
appel aux collectivités locales donc déséquilibre entre universités en
fonction des richesses des régions, appel aux entreprises moyennant
une intrusion de celles ci dans les universités, etc)
- c’est ainsi que les universités auront la possibilité de créer des
fondations privées, qui sont donc le moyen rêvé pour les entreprises
de se voir ouvrir une porte dans le système d’enseignement : tout
comme en France désormais, des PDG pourront accéder aux instances
dirigeantes des universités, et donc peser sur le contenu des
formations et de la recherche en fonction de leurs propres impératifs
de rentabilité

De fait, cette loi est intolérable pour les étudiant-e-s italien-ne-s
en lutte, et se doit d’être vigoureusement combattue. Plusieurs
manifestations ont déjà eu lieu, rassemblant des acteurs et actrices
du système éducatif, de la maternelle au supérieur. Plusieurs
universités ont suspendu les cours, d’autres sont actuellement
occupées.

Face à la surdité du gouvernement Berlusconi et des médias qu’il a
domestiqués, les étudiant-e-s en lutte se doivent d’être plus
déterminées pour repousser cette réforme et, ainsi, donner un signal
fort à l’ensemble des étudiant-e-s européen-ne-s : le processus de
libéralisation des nos universités que nous subissons actuellement
n’est pas inéluctable. La fédération Sud étudiant apporte donc son
soutien aux étudiant-e-s mobilisé-e-s en Italie, et se déclare
solidaire des luttes menées contre l’ensemble des atteintes portées
aux services publics.

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