Une tribune pour les luttes

Désobéissance : première sanctionnée du département

par Diane Combes, Professeur des écoles à Eguilles

Article mis en ligne le vendredi 19 décembre 2008

Je fais partie des 124 désobéisseurs qui ont déposé leur lettre de désobéissance le vendredi 5 décembre à l’I.A. de Marseille ; enfin, j’aurais bien aimé en faire partie, mais il se trouve que ma lettre a été oubliée !
Il n’empêche que jeudi 11 décembre, je trouvai sur le bureau de ma classe une lettre de sanctions personnelles que m’adressait Gérard Trève notre Inspecteur d’Académie.

"Je vous informe que votre salaire sera amputé pour service non fait, depuis le 9 décembre et pour tous les jours au cours desquels ce même constat sera effectué.
Je vous précise que de plus vous vous êtes ainsi exposée aux sanctions disciplinaires prévues par les textes et que je ne manquerai pas d’appliquer à votre encontre".

La brutalité de la sanction ouvrira sans doute les yeux à beaucoup sur la nature du gouvernement qui gère actuellement la société via les petits chefs hiérarchiques.
Les parents sont scandalisés !
Bien que désagréables, ces nouvelles n’entament en rien ma détermination à poursuivre le mouvement en le médiatisant maintenant au maximum.

Je suis pour l’instant la première sanctionnée dans le département ! Grâce au zèle de ma directrice qui s’est empressée lundi 8 décembre de faxer le courrier que j’adressai à l’inspectrice pour lui annoncer ma participation au mouvement collectif de désobéissance.

J’ai été sanctionnée sur la base d’un fax de copie de lettre !!!

Ce n’est pas le moment de lâcher, si nous le faisions, il n’y aurait plus rien pour arrêter le rouleau compresseur qui accomplirait son oeuvre de destruction de l’école publique jusqu’au bout et plus largement des services publics et imposerait un nouveau type de société où l’individu robotisé ne serait plus là que pour permettre des profits maximum à l’élite financière.
Si nous tenons bon, ce pourrait être le début d’une révolution pacifique qui prendrait petit à petit dans les autres corps de métier... Tout est possible !

Diane Combes
Professeur des écoles, école mat. du Surville à Eguilles


Lettre des parents du 19 décembre 2008

PDF - 285.2 ko

Voir également
la lettre des 151 désobéisseurs de Marseille et de sa région sur Mille Bâbords 9726


et aujourd’hui 17 décembre sur Marseille89

http://www.rue89.com/marseille/2008...

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15 Messages

  • Le 14 décembre 2008 à 10:53, par

    Publié le dimanche 14 décembre 2008

    Alors que le mouvement de défense du service public s’amplifie

    Diane Combes, depuis trois ans à la maternelle d’Eguilles, redoute le démantèlement de l’Éducation nationale.

    Tout est parti d’une lettre. Début novembre, un enseignant de Colomiers dans l’Hérault, exposait par écrit à son inspecteur les raisons pour lesquelles "en conscience", il refusait "d’obéir" et de contribuer à un "démantèlement pensé et organisé de l’Éducation nationale". Une missive en forme de réquisitoire qui a tôt fait de faire école, notamment dans les Bouches-du-Rhône : le 5 décembre dernier, plus d’une centaine d’enseignants, essentiellement marseillais, remettaient à leur tour une lettre à l’Inspection d’académie.

    Un argumentaire signé, expliquant en détail leur refus d’une série de mesures portant atteinte, selon eux, aux fondements de l’Éducation nationale. "Nous ne participerons pas à ce démantèlement. En conscience, nous refusons de nous prêter par notre collaboration active ou notre silence complice à la déconstruction du système éducatif de notre pays", écrivaient-ils.

    Parmi ces 124 signataires, Diane Combes, une enseignante en maternelle à Eguilles, revendique cette "désobéissance civile", qui est selon elle "le dernier recours après avoir tenté tous les autres moyens" pour éviter que ne soit mise en oeuvre "la politique la plus aberrante que l’Éducation nationale ait connue depuis longtemps". Et l’enseignante de lister quelques-uns des points incriminés : suppression massive de postes, suppression du réseau d’aide aux enfants en difficulté (Rased), l’atteinte au droit de grève, la suppression de l’IUFM, l’introduction des jardins d’éveils…

    "Tout ce qui est mis en oeuvre pour ouvrir le marché de l’éducation, explique Diane Combes, qui enseigne depuis 1981. Sans parler des nouveaux programmes, dont on ne connaît même pas les auteurs, qui sont plus incohérents que jamais !" En "résistance", les enseignants signataires refusent de mettre en oeuvre les nouveaux programmes, remplacent le soutien scolaire par un travail sur un projet d’école ou de classe et refusent de participer aux stages de rattrapage pendant les vacances scolaires.

    Lundi 8 décembre, Diane Combes recevait la visite d’une inspectrice venue lui rappeler les conséquences d’une telle prise de position. Le lendemain, un courrier général reçu par tous les enseignants insistait encore sur les sanctions prévues en cas de désobéissance. Le jeudi suivant, c’est une lettre personnelle adressée à Diane Combes par l’Inspecteur d’académie qui détaillait les conséquences de son "manquement caractérisé" à ses "obligations de service" : un "salaire amputé pour service non fait pour tous les jours au cours desquels ce même constat sera effectué".

    En clair, les lundis, mardis, et jeudis (plus le mercredi) ne lui sont pas payés puisqu’elle n’assure pas le soutien scolaire, même si elle est "présente et travaille sur autre chose". Soit un salaire amputé de plus de la moitié (seulement trois jours payés par semaine)… Une sanction financière à laquelle s’ajoute un volet disciplinaire qui peut aller du blâme à la révocation en passant par toutes sortes de mutations. Détail surprenant : sur les 124 signataires, seule Diane Combes est poursuivie de la sorte. "Sans doute pour faire un exemple et couper les ailes du mouvement, estime-t-elle. Mais c’est tout le contraire, je suis et nous sommes encore plus motivés. Si, dans quelques années, la maternelle et plus généralement le service public n’existent plus, je serai mal de n’avoir rien tenté pour le sauver…"

    Par Nicolas Rey

    • Le 16 décembre 2008 à 14:08, par Serge BLOTIN

      C’est notre conscience profonde qui doit guider nos actes. A l’évidence, c’est ce qu’a fait Diane COMBES qui peut être assurée de mon total soutien pour s’opposer au démantèlement du service public d’éducation nationale.

    • Le 21 décembre 2008 à 15:42, par mebahel

      Sauf erreur de ma part, la sanction financière infligée à B.Cazals, pour ces mêmes motifs, a été levée : pourquoi pas celle de Mme Combes ?
      L’Ien dont elle dépend, et l’IA aussi ,donc, veulent se faire ’bien voir’ de SombreBone ?
      Courage à Mme Combes et à tous les autres.

    • Le 22 décembre 2008 à 22:25, par Stéphan Le Brigand

      Chère Diane, telle la chasseresse vous avez su envoyer la flèche là où elle fait mal. Mais la bête bouge encore, alors courage ! Bravo et merci.

  • Le 14 décembre 2008 à 14:24, par LEPRETRE hervé

    Je suis révolté par ces sanctions qui prouvent une fois de plus la volonté d’écraser et de casser de ce gouvernement, sans véritable dialogue préalable.
    Vos motivations sont totalement fondées et je suis tout à fait d’accord avec vous et tous les autres signataires.
    Vive la désobéissance et dehors Darcos !
    Avec vous dans cette lutte qui ne fait que commencer.

    • Le 14 décembre 2008 à 20:25, par Capsule

      Je ne peux que témoigner mon soutien à ceux qui, pour rester en cohérence avec leur concience et leur engagement professionnel, sont prêts à sacrifier leurs intérets propres.
      Dans notre monde où la lacheté domine parce que chacun préfère préserver ses petits intérêts personnels, une prise de position de cette ordre est une note d’espoir pour un changement de mentalité.
      Merci à tous ceux qui feront ce pas !

  • Le 17 décembre 2008 à 22:25, par Chris

    Solidarité avec Diane ! Et courage !!

    Chris
    www.profencampagne.com

    Virginie
    Directrice d’école

  • Le 18 décembre 2008 à 10:19, par NÂ

    Bravo, bravo, bravo !
    Ma petite entre en maternelle l’an prochain et je tremble déjà de tous les soucis que va nous apporter sa scolarité. Pas parce qu’elle est difficile, pas parce que les enseignants sont plus ou moins motivés, non, parce que ceux qui nous gouvernent ont décidé de saboter son éducation. Je veux pour elle mieux que ce que j’ai eu et portant fille d’ouvrier, grâce à l’école (et à mon travail tout de même !), je suis cadre dans une grande administration. C’est la fierté de mon père.
    C’est la première fois que je me permets d’écrire sur la toile. Je le fais parce que je vous trouve courageuse et que je veux vous remercier d’être aussi un peu ma voix.

  • Le 18 décembre 2008 à 12:01, par Alia Isselée

    je soutiens à cent pour cent Diane Combes et les désobéisseurs dont je salue l’engagement.
    je partage aussi l’idée qu’il faut tenir bon pour que le plus qui est en chacun triomphe.
    "Un pour tous, tous pour un !" Alia Isselée

  • Le 19 décembre 2008 à 16:06, par

    Bonjour,
    je trouve formidable ce mouvement de désobéissance ouverte,tellement conscient de la nécessité de sauver une vraie éducation nationale. Encore bravo.

  • Le 20 décembre 2008 à 17:50, par Martine Peter

    Bravo pour le courage et la détermination de Diane à continuer cette action de désobéissance civile malgré un chantage dictatorial et terroriste de l’Etat dont le but est d’impressionner les citoyens afin qu’ils se taisent et exécutent ce que le pouvoir leur impose sans aucun dialogue possible.
    Il est de notre responsabilité de citoyen d’exprimer librement ce que notre conscience nous dicte. Je soutiens totalement cette position, et ça fait du bien de voir que ça bouge, dans notre monde à la dérive, avec comme référence au bon sens notre conscience profonde, celle qui fonde notre humanité.

    • Le 20 décembre 2008 à 20:32, par VIGGIANO

      Tout mon soutien à Diane et aux autres désobéisseurs, à ceux qui ont le courage de mettre en cohérence leurs idées et leurs actes.
      Nous sommes tous concernés, individuellement et collectivement. Ce mouvement de résistance est l’opportunité de dire NON à une société déshumanisée où seuls le pouvoir de l’argent et du paraître ont droit de cité.
      Corinne Viggiano

  • Le 20 décembre 2008 à 22:44, par sophie

    Ce gouvernement me fait honte !
    Tout mon soutien à cette enseignante sanctionnée.
    Cela ne fait que confirmer ma détermenation à continuer la bataille. Nous vaincrons contre cette conception audieuse de l’être humain qui ravage notre société !

  • Le 21 décembre 2008 à 13:52, par carmen Bertrand

    De tout coeur avec Diane Combes (et tous les autres), merci d’entrer en désobeissance civile et d’être cohérents avec vos convictions.vous êtes un exemple pour nous et un espoir pour beaucoup, es-ce la fin des couilles molles ? Ouf , plus de bla-bla , vous passez a l’action .
    Bon courage a tous les désobeisseurs

  • Le 22 décembre 2008 à 18:41, par GENEVOIS

    Bravo pour votre courage, Diane. Une Société où toute réforme est imposée sans aucune consultation des travailleurs impliqués et en connaissance des problèmes n’est pas concevable en démocratie. Mais actuellement les mots démocratie et république laïque sont vidés de leur sens.

    Vous êtes l’honneur du corps enseignant ainsi que tous vos collègues qui ont réagi.

    Ch. GENEVOIS (Sarcelles 95200)

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