Une tribune pour les luttes

S’il veut la paix, Sarkozy doit accepter de parler au Hamas.

Article mis en ligne le lundi 5 janvier 2009

La décision de rehaussement des relations entre l’Union européenne et Israël prise par le conseil européen sous présidence Kouchner était dans le contexte un véritable « permis de tuer » accordé à Israël.

La « condamnation » hier de l’intervention terrestre par le Président Sarkozy à la veille de sa tournée au Proche-Orient peut être entendue comme une prise en compte du large mouvement de dénonciation de l’agression israélienne sur Gaza et de la complicité européenne.

Cependant elle pourrait n’être qu’une gesticulation dans la mesure où, dans le même temps, il continuerait de soutenir le refus israélien de négocier avec le Hamas, alors qu’il n’y a pas d’autre voie pour la paix. Cette absence du Hamas à Annapolis en signait d’ailleurs l’échec programmé.

Le gouvernement israélien sait pertinemment qu’en « punissant » la population de la bande de Gaza et en « soutenant » l’Autorité Palestinienne il affaiblit cette dernière et renforce le mouvement qui a remporté démocratiquement les dernières élections législatives.

Cette stratégie consistant à affaiblir les uns dans des négociations devenues une véritable farce et essayer de détruire les autres au prix d’un grand massacre vise à perpétuer l’occupation et signifie le refus de tout Etat Palestinien.

Il ne s’agit pas pour l’UJFP de « soutenir le Hamas ». Mais quand on fait la guerre à un « ennemi » on sait que c’est avec cet « ennemi » qu’il faudra négocier, sinon on se place dans une logique d’extermination.

La stratégie israélienne est de prétendre qu’elle n’a pas de « partenaire » , qu’il n’y a que des terroristes.
Israël peut tenir un langage aussi grossièrement mensonger parce que la « communauté internationale » et les médias continuent de parler des actions de l’armée israélienne comme destinées à assurer la sécurité de la population d’Israël en riposte aux roquettes des terroristes, alors que le nombre des victimes qu’elles provoquent sont sans commune mesure avec les morts, les blessés, les privations imposées par Israël puissance occupante, pratiquant un véritable terrorisme d’Etat, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, au mépris du droit international et de toutes les conventions qu’il a lui-même signées.

Dire que l’on veut la paix à Gaza et ne vouloir parler qu’à une Autorité Palestinienne confinée à Ramallah et réduite à l’impuissance, c’est se tromper ou plus probablement vouloir tromper l’opinion, c’est en tout cas ne rien faire pour hâter la fin du massacre. Si Sarkozy part au Proche-Orient en continuant de parler des « terroristes du Hamas » et jamais du terrorisme de l’Etat d’Israël, il se montrera une fois de plus complice du crime qui est en train e se dérouler.

Comme l’ont d’ailleurs dit les manifestants pacifistes de Tel Aviv lors de leur manifestation du 3 janvier, il faut négocier avec le Hamas. C’est ce qu’inlassablement l’Union Juive Française pour la paix redira dans les manifestations auxquelles elle participera cette semaine, en appelant à la cessation immédiate de l’agression israélienne.

5 janvier 2009

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