Du 2 au 5 mai 2004, le Tour de France pour sortir du nucléaire sera dans le Sud-est de la France, au cœur du lobby nucléaire, une des régions les plus nucléarisées du monde.
Les sites de Pierrelatte, Cadarache, et Marcoule constituent une sorte de triangle des Bermudes du nucléaire français où disparaissent, outre d’immenses sommes financières, les notions de démocratie, de transparence, de protection de l’environnement et d’avenir de l’humanité.
Le Réseau « Sortir du nucléaire » diffuse ce jour le programme détaillé de ces trois jours exceptionnels, ainsi que des fiches techniques permettant de faire la lumière sur les nombreux scandales attachés à ces trois sites nucléaires.
21h45 : les scandaleuses conditions de l’extraction du plutonium du Niger par la Cogéma. Avec Roland Desbordes, président de la CRII-RAD. Et Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire ».
10h : Brunch militant devant la centrale nucléaire de Tricastin (Pierrelatte) 20h30 : Théâtre « Tchernobyl now »au théâtre municipal (BD Victor Hugo) à Pertuis.
11h-14h : animations, actions et pique-nique citoyen sur les rond-points près de Cadarache. Théâtre « Tchernobyl now » en soirée au Cinéma le Bouquet à Forcalquier
14h : Présence devant le site nucléaire de Marcoule. Contact avec les travailleurs.
Fiche 1
Le site nucléaire de Pierrelatte (Drôme) comprend de nombreuses installations nucléaires dont les plus imposantes sont la centrale nucléaire de Tricastin et l’usine de combustible Eurodif.
Risque inondation : l’Autorité de sûreté nucléaire admet que ces installations dont gravement inondables. : Autorité de sûreté nucléaire - Note d’information - Paris, le 14 mai 2001 www.asn.gouv.fr/data/information/info1405.asp
Les installations nucléaires du site du Tricastin (Eurodif, Cogema, Comurhex, Socatri), de même que la centrale EDF du Tricastin, peuvent être concernées par une crue exceptionnelle du Rhône ou par les conséquences de l’endommagement, en cas de séisme, de la digue du canal de Donzère Mondragon
Risque sismique : Tricastin est un site historique… d’EPICENTRES de séismes !
http://sismalp.obs.ujf-grenoble.fr/cases/ListeHistoriques.html
| Date | LatN | LonE | Epicentre | ImaxMSK | Commentaire |
| 23/1/1773 | 44,4 | 4,8 | Tricastin | VIIàVIII | Gros dégats à Clansayes |
| 14/7/1873 | 44,5 | 4,7 | Tricastin | VII | Gros dégâts la région de Châteauneuf |
| 19/7/1873 | 44,5 | 4,7 | Tricastin | VIIàVIII | |
| 08/8/1873 | 44,5 | 4,7 | Tricastin | VIIàVIII | |
| 12/5/1934 | 44,4 | 4,8 | Tricastin | VII | Légers dégâts à Roussas |
Tricastin - Centrale nucléaire EDF, 4 réacteurs. Attention danger !
Cette centrale fonctionne presque exclusivement pour alimenter l’usine voisine Eurodif qui fabrique… le combustible nucléaire : c’est le nucléaire dans toutes son absurdité ! Notons que ces quatre réacteurs sont comptés dans les 78% d’électricité françaises provenant du nucléaire. Enfin, cette centrale n’est pas adaptée au risque sismique important qui la menace : Séisme de très forte intensité : travaux prévus à la centrale du Tricastin VALENCE, 4 nov 2002 (AFP) - La centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme a confirmé lundi que des travaux seraient engagés dans les mois qui viennent, afin de restaurer la tenue au séisme de très forte intensité, après les informations publiées par le Réseau "Sortir du nucléaire". "La centrale du Tricastin est en train de planifier ces travaux de remise en conformité" et "cette planification fera l’objet d’un engagement auprès de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN)", a déclaré à l’AFP, le directeur délégué de la centrale, Bernard Vincent.
Eurodif - Production du combustible nucléaire. La démocratie piétinée.
Une bonne partie de l’uranium utilisé à Eurodif est extrait par Areva-Cogéma au Niger dans des conditions quasiment criminelles pour les mineurs, les populations locales et l’environnement. Par ailleurs, l’Iran possède 10% des parts d’Eurodif et la France a fourni de grandes quantités de d’uranium enrichi à l’Iran qui a ainsi pu essayer, et peut-être réussir, de mettre au point des bombes atomiques.
Fiche 2
Le site nucléaire de Cadarache, situé à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône) compte en tout 450 bâtiments sur 1600 hectares dont 950 enclos. Certaines installations ou entreposages font froid dans le dos :
cinq tranchées en pleine terre, utilisées entre 1969 et 1974 pour des déchets parmi lesquels certains sont contaminés par du plutonium. 3 000 m3 de déchets ont été conditionnés en fûts et sacs vinyle. Ils ont probablement ou peuvent encore contaminer la nappe aquifère du Vindobonien, située en-dessous à une profondeur de 6 à 12 mètres
le fameux Atelier de Plutonium de Cadarache :
L’autorité de sûreté nucléaire a vainement « exigé » pendant 8 ans (de 1995 à 2003) la fermeture de ce très dangereux atelier (inadapté au risque sismique) où sont manipulées de grandes quantités de plutonium, le pire poison existant sur Terre. En juillet 2003, cet atelier a enfin été officiellement fermé. Or, des activités industrielles y sont toujours menées et, pire, Areva va y traiter à partir d’Août 2004 du plutonium américain. Incroyable pour une installation… fermée !
Plusieurs autres installations du site de Cadarache vont continuer à fonctionner jusqu’en 2015 alors même qu’elles sont officiellement inadaptée au risque sismique :
www.asn.gouv.fr/regions/marseille/cadarache2000.pdf
Le Centre CEA de Cadarache est implanté dans une zone présentant un risque sismique significatif (…) 6 installations du Centre devront être arrêtées pour tenue au séisme insuffisante :
• Atelier de Technologie du Plutonium 2002 (en fait fermé théoriquement en 2003) • Station de traitement des déchets et effluents 2006 • Magasin central des matières fissiles 2010 • Parc d’entreposage des déchets 2015 • Laboratoire d’examen des combustibles actifs 2015 • Entreposage Pegase 2015 Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce cette conception " souple " du danger sismique. Si une installation n’est pas adaptée aux risques de séismes en 2002, de quel droit la laisser fonctionner jusqu’en 2006, 2010, ou carrément 2015 ? Une fois de plus l’Autorité de sûreté nucléaire prouve qu’elle n’a d’autorité que dans le nom.
Fiche 3
Créé en 1956, Marcoule (Gard) est un immense site (140 ha en bordure du Rhône) exploité par le CEA et la Cogéma. On y manipule des matières extrêmement dangereuses : plutonium, uranium, tritium, lithium… Les activités principales sont la production de combustible nucléaire MOX (contenant du plutonium) et l’exploitation du réacteur expérimental Phénix.
Mélox, production de Mox - Plutonium, le risque maximal.
Le Mox est un combustible nucléaire contenant du plutonium. Sur les 58 réacteurs nucléaires franaçais, 20 sont habilités à recevoir du Mox. Le transport du Mox vers ces réacteurs se fait par camions avec une protection minimale (« pour ne pas attirer l’attention », d’après les autorités). Un incident grave à Mélox ou au cours d’un des innombrables transports pourrait causer la mort de centaines ou même de milliers de personnes.
Phénix : des disfonctionnements jamais expliqués !
L’histoire du réacteur de recherche Phénix est ponctuée par des arrêts en raison de fuites et "petits" feux de sodium, ainsi que de baisses anormales de réactivité dans le cœur. Les chercheurs n’ont jamais trouvé la cause de ces baisses de réactivité et pourtant, le 5 juin 2003, l’Autorité de sûreté nucléaire a autorisé le redémarrage de Phénix… aux deux tiers de sa puissance nominale. Sera-ce suffisant pour éviter un drame ? Phénix pourrait fonctionner ainsi, en dépit du bon sens, jusqu’en 2008
Contact Réseau « Sortir du nucléaire » : 06.64.100.333
Réseau « Sortir du nucléaire » - Fédération de 688 associations - 9 rue Dumenge 69004 Lyon