Une tribune pour les luttes

RESF 13

Les enfants à l’école, pas en centre de rétention.

Milana et ses enfants ont été libérés du camp de rétention de Marseille.

Article mis en ligne le lundi 13 septembre 2010


http://www.lepost.fr/article/2010/0...

Deux enfants tchétchènes envoyés en rétention pendant 2 jours : "une abomination"

Sur Le Post, Bernadette Matrat de Réseau Education Sans Frontières revient sur l’histoire de ces enfants et leur famille.

(...)

Comment expliquez-vous qu’un enfant de 18 mois et son frère de 6 ans aient été privés de liberté ?

"C’est injustifiable. Cette famille était hébergée par la préfecture jusqu’au 8 septembre et devait faire l’objet d’une convocation pour que sa situation soit examinée. Ils ne pouvaient pas être placés en rétention puisque cette convocation n’a pas eu lieu... C’est sur cette jurisprudence que le juge des libertés a décidé de les libérer, en évoquant une décision déloyale. Cette rétention est d’autant plus choquante qu’une simple assignation à résidence aurait pu suffir plutôt que cet emprisonnement".

A quoi ressemble le centre de rétention de Marseille ?

"C’est le seul de la région qui peut accueillir des familles car il est doté de chambres, mais ça reste un lieu d’enfermement, carcéral. Pour les enfants, il y a un toboggan dans la cour grillagée."

Quelles conclusions tirez-vous de cet épisode ?

"C’est la quatrième famille tchétchène dans ce cas : c’est une abomination de maintenir des enfants dans un centre de rétention. Je ne comprends pas pourquoi on leur a imposé cette chose épouvantable d’autant plus que la préfecture savait qu’ils seraient libérés".

Contacté par Le Post, le préfet des Alpes Maritimes n’a pas répondu à nos appels.


Métro-France lundi 13 septembre 2010

http://www.metrofrance.com/info-loc...

Une arrestation “déloyale”
La justice a ordonné, samedi, la libération d’une mère tchétchène et de ses deux enfants du centre de rétention du Canet. RESF était mobilisé


A écouter :

http://www.educationsansfrontieres.org/article31542.html

Bernadette Matrat, de RESF à Marseille (0’53")

"Passer par la case centre de rétention pour cette famille tchétchène, c’est une abomination"

Mathias Youchenko, de RESF (0’40")

La famille est libre, mais pas régularisée,


Samedi 11 septembre 2010

Milana S., tchétchène, et ses deux enfants (6 ans et 18 mois) ont été
libérés du centre de rétention de Marseille ce samedi après midi après 48h
de privation de liberté.

Lors de l’audience au TGI ce samedi matin, la Juge des libertés a suivi
l’avocate qui défendait Milana S. et a rejeté la demande de maintien au
Centre de Rétention Administrative pour Milana et ses enfants :
l’arrestation au guichet en préfecture des Alpes Maritimes était déloyale.

Milana était logée en hôtel à Nice jusqu’au 8 septembre, grâce à la
mobilisation des associations niçoises. Elle avait reçu un courrier lui
enjoignant de se présenter en Préfecture après cette date pour examiner sa
situation, ce qu’elle a fait, en toute confiance. Mais elle eut la
mauvaise surprise de se faire arrêter et conduire au centre de rétention
de Marseille, accompagnée avec ses enfants.

Fin août déjà, une autre famille tchéchène de Nice avait subi le même
sort, arrêtée en préfecture, conduite au CRA de Marseille avec ses 2
enfants, pour être finalement libérée en appel par le JLD.

Combien de fois allons-nous encore assister aux errements d’une politique
ubuesque, où l’exécutif se permet d’outrepasser les lois ? De berner les
étrangers en leur donnant un RDV pour les arrêter ? Pourquoi un tel
acharnement de la préfecture des Alpes Maritimes, pourquoi une telle
cruauté de traitement envers ces familles et ces enfants ?

Le contrôle judiciaire sur l’administration s’exerce aujourd’hui au bout
de 48h de rétention, avec le projet de loi Besson, en cours d’examen par
la Commission des lois, ce délai sera porté à 5 jours : combien de dénis
de justice pourront se produire pour rendre les expulsions d’étrangers
"plus efficaces" ?

Milana et ses enfants ont été pris en charge par des militants à leur
sortie du centre de rétention de Marseille puis à leur arrivée à Nice,
l’administration ne prenant naturellement pas en charge le voyage de
retour !

Une jeune maman et son bébé n’ont pas eu cette chance la semaine dernière,
pas plus que la famille expulsée fin juillet avec leurs deux enfants. Ils
sont maintenant en Pologne et nous n’avons pas de nouvelles. Leur sort :
ils ont soit été placés dans des "centres gardés pour étrangers" indignes
et dangereux ou des "centres de déportation", avec ensuite le risque
d’être expulsés vers l’Ukraine puis la Russie ; soit ils ont obtenu le
statut de "résident toléré" pour un an, qui n’inclut ni les droits sociaux
(scolarisation, santé, hébergement...) ni la liberté de mouvement hors de
Pologne. Seule, sans ressources, avec des enfants, sans parler polonais,
sans famille, comment s’en sortent-ils ?

Pour les russes (en quasi totalité tchéchènes), le taux de reconnaissance
du statut de réfugié en Pologne est très bas : 3% en 2007 (34% en France
cette même année, chiffres de l’UNHCR).

Milana doit pouvoir déposer une demande d’asile en France !

Nous continuons d’affirmer que la place des enfants n’est pas en rétention.

Réseau Education Sans Frontières 13
resf13 chez no-log.org
06 31 32 48 65
61 rue Consolat 13001 Marseille
www.educationsansfrontieres.org

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