Une tribune pour les luttes

Contre la contestation massive, il faut faire peur...

Beaucoup de jeunes manifestants semblent avoir été arrêtés au hasard ces derniers jours et inculpés sans preuve (et pour cause !)

Exemple : LYON : soutenons les lycéenNEs inculpéEs ce lundi 18 octobre à 14h devant le TGI

Article mis en ligne le lundi 18 octobre 2010

Dès le pre­mier jour des mani­fes­ta­tions lycéen­nes (jeudi 14 octo­bre
2010), des arres­ta­tions mas­si­ves ont été faites sur Lyon. On parle
de 57 arres­ta­tions sur Lyon en deux jours (jeudi et ven­dredi). Des
témoins qui étaient sur place affir­ment que des arres­ta­tions ont été
effec­tuées complè­te­ment au hasard et que par exem­ple un jeune noir a
été inter­pellé alors qu’il était tota­le­ment calme et paci­fi­que au
sein d’une manifestation impromp­tue. Apparemment, les jeunes de moins
de 18 ans qui ont été arrê­tés seront convo­qués ultè­rieu­re­ment
devant le tri­bu­nal des mineurs.

Certains jeunes, repé­rés depuis quel­ques années de mani­fes­ta­tions
lycéennes ont été ciblés et inter­pe­lés, cer­tains d’entre eux accu­sés
de causes aussi graves (!) que jet de sac pou­belle plas­ti­que empli de
feuilles mortes sur agent de la force publi­que, appelé ’jet d’arme par
des­ti­na­tion’
ont effec­tué 48 heures de garde à vue et ont com­paru
devant le juge de la déten­tion et des liber­tés ; cer­tains autres
accu­sés d’avoir ren­versé des pou­bel­les ou mal­mené du maté­riel
urbain Decaux ont été trans­féré en incar­cé­ra­tion pré­ven­tive sans
juge­ment direc­te­ment à la prison de Corbas et ont été accu­sés d’être
alors mem­bres de
« groupuscule orga­nisé »... Lundi, tous parmi les majeurs, com­pa­raî­
tront au Tribunal de Lyon en Comparutions Immédiates (salle G).

Devant l’envie des auto­ri­tés de donner des puni­tions exem­plai­res
dès le début du mou­ve­ment, nous pou­vons répon­dre par un sou­tien
massif. Votre pré­sence est impor­tante devant le Palais de Justice ce
lundi à partir de 14h.

Nous appe­lons à une pré­sence des jour­na­lis­
tes, et des syn­di­cats afin de mon­trer que ces jeunes ne sont pas de
dan­ge­reux cas­seurs à la feuille morte mais bien de jeunes mili­tants
lyon­nais fai­sant partie d’un mou­ve­ment qui nous touche tous !

MERCI de VENIR NOMBREUX LUNDI DÈS 14H
au Tribunal de Grande Instance 67, rue Servient Lyon 3e
Tram T1 Palais de jus­tice - Mairie du 3e / Métro B place Guichard


http://rebellyon.info/Manifs-lyceennes-une-lyceenne-et.html

Manifs lycéennes : une lycéenne et un étudiant en prison ce dimanche soir

Publié le 17 octobre

La pré­fec­ture annonce une soixan­taine d’arres­ta­tions en deux jours à Lyon (jeudi et ven­dredi).

Jeudi et ven­dredi, Claire et Frederic par­tent comme beau­coup d’autres en mani­fes­ta­tion, puis sont arrê­tés vio­lem­ment par la BAC. Après res­pec­ti­ve­ment 48 heures et 24 heures de garde-à-vue, ils sont défé­rés au par­quet ce samedi, et doi­vent passer en com­pa­ru­tion immé­diate lundi. La juge des liber­tés et de la déten­tion (JLD) estime, malgré toutes les recom­man­da­tions qu’ont pu four­nir les famil­les et les avo­cats – pro­mes­ses d’embau­che, cer­ti­fi­cats de sco­la­rité, let­tres de recom­man­da­tion - que ces deux per­son­nes vont atten­dre leur procès en prison. Claire et Frédéric, 18 et 22 ans, dor­ment donc pour la deuxième nuit consé­cu­tive à Corbas ce soir.

D’autres per­son­nes (au moins deux à notre connais­sance), com­pa­raî­tront également lundi, après 52 heures de déten­tion pour l’un d’entre eux par exem­ple (Ludovic a d’abord fait 48 heures de garde-à-vue puis 4 heures dans les locaux du TGI). Un mineur sera lui pré­senté au juge pour enfants le 8 novem­bre.

Ce qu’on leur repro­che ce sont ces délits qui tom­bent à l’occa­sion de manifs qui sor­tent un peu de la rou­tine : bris de pan­neaux de pub, rébel­lion contre des arres­ta­tions, repous­ser les flics...

Il est clair que pour le pou­voir, les scènes de révolte de rue ne sont pas tolé­ra­bles : alors ce sont des matra­qua­ges (à Lyon, un lycéen est parti en garde-à-vue le visage en sang, sous les coups des poli­ciers), des tirs de fla­sh­ball (à Montreuil, un lycéen a eu l’oeil et la pom­mette défon­cés par un tir de fla­sh­ball en pleine tête), des arres­ta­tions mas­si­ves (264 inter­pel­la­tions, en France, pour la seule jour­née du 15 octo­bre), et des condam­na­tions acca­blan­tes dans des procès expé­di­tifs (deux lycéens se sont déjà pris un mois ferme pour jets de pro­jec­ti­les, l’un à Meaux, l’autre à Dijon).

Dans les com­mis­sa­riats, les flics se lâchent : plu­sieurs lycéen.ne.s se sont pris de gros­ses gifles et des coups. Au fur et à mesure de la garde-à-vue, les ver­sions poli­ciè­res s’accor­dent pour enfon­cer les per­son­nes inter­pel­lées.

Appel à témoi­gnage : plu­sieurs cas de vio­len­ces poli­ciè­res (coups en garde-à-vue, arres­ta­tions vio­len­tes...) ont été évoqués. Des témoi­gna­ges plus précis de ces faits sont néces­sai­res, y com­pris pour cons­ti­tuer des défen­ses !

Contactez au plus vite l’asso­cia­tion Témoins / Caisse de Solidarité, au 06 43 08 50 32, ou
cais­se­de­so­li­da­rite (aro­base) riseup.net

Les frais de jus­tice étant élevés, la soli­da­rité doit également être finan­cière. Il est impor­tant de faire des dons pour s’entrai­der face à la répres­sion, n’hési­tez pas à contac­ter Témoins.

Face à la répres­sion du gou­ver­ne­ment qui veut envoyer les gré­vis­tes et révol­tés en prison, nous nous devons de répon­dre par une soli­da­rité sans faille.

Un ras­sem­ble­ment est appelé lundi 13h30 devant le TGI, pour sou­te­nir ceux et celles qui pas­sent en com­pa­ru­tion immé­diate. Soyons nom­breux et nom­breu­ses !

* Tous les pré­noms ont été chan­gés.


http://rebellyon.info/Manifs-lyceennes-la-Caisse-de.html

Manifs lycéennes : la Caisse de solidarité s’active

Publié le 16 octobre

Vendredi 15 octobre, énormes manifestations lycéennes dans toute la France. Le ministère de l’intérieur se glorifie d’avoir procédé à 264 interpellations. On nous parle de « casseurs », de « groupes organisés » qui « profitent » des manifestations, quand ceux qui se font chopper ne sont en réalité que des lycéens malchanceux, ceux qui courent moins vite que les autres...

Le nombre spec­ta­cu­laire d’arres­ta­tions, de flics pour enca­drer les mani­fes­ta­tions, l’extrême ten­sion dans la rue, les blo­ca­ges de lycées, tout ça nous rap­pelle le mou­ve­ment contre le CPE. La stra­té­gie gou­ver­ne­men­tale semble être la même : faire la blinde d’arres­ta­tions pour briser le mou­ve­ment, ins­til­ler un sen­ti­ment de peur chez ceux et celles qui lut­tent. Face à ça, la soli­da­rité, en manif et au delà, peut deve­nir une arme.

En deux jours (jeudi et ven­dredi), la pré­fec­ture du Rhône annonce avoir arrêté 57 per­son­nes pen­dant les mani­fes­ta­tions lycéen­nes. La Caisse de soli­da­rité n’a réussi à recueillir les noms que de 14 de ces per­son­nes pour orga­ni­ser du sou­tien. Il faut donc plus que jamais ne pas hési­ter à faire tour­ner le numéro de télé­phone et le mail. Sans nou­vel­les des arrê­tés, ils se retrou­ve­ront seul face au tri­bu­nal, aux amen­des, à des TIG, à la taule.

Pour l’ins­tant, nous savons que deux per­son­nes qui étaient en garde-à-vue se retrou­vent face au JLD (Juge des Libertés et de la Détention) ce samedi matin, pour savoir si elles sont trans­fé­rées en prison dans l’attente de leur procès en com­pa­ru­tion immé­diate (vrai­sem­bla­ble­ment lundi). Aujourd’hui se tien­nent également des com­pa­ru­tions immé­dia­tes, au TGI rue Servient.

Il est très impor­tant que les per­son­nes qui sor­tent de garde-à-vue nous appel­lent aussi, pour que nous sachions qui reste encore à l’inté­rieur, et pour voir com­ment répon­dre aux convo­ca­tions sou­vent dis­tri­buées à ceux qui sor­tent de GAV.

Ce que vous pouvez faire. Si vous avez un proche arrêté, com­men­cez à réunir les « garan­ties de repré­sen­ta­tion », ces pièces qui don­nent une bonne image de l’accusé.e devant le juge :
- statut social (cer­ti­fi­cat de sco­la­rité, contrat de tra­vail, d’appren­tis­sage, etc...)
- let­tres de recom­man­da­tion sur la per­son­na­lité de l’accusé (profs, employeurs, asso­cia­tions...)
- attes­ta­tion de domi­ci­lia­tion (bail, fac­tu­res, ou quelqu’un qui cer­ti­fie qu’il héberge l’accusé.e) Ces pièces per­met­tent d’éviter le pla­ce­ment en déten­tion pro­vi­soire dans l’attente d’une com­pa­ru­tion immé­diate. Nous conseillons de refu­ser la com­pa­ru­tion immé­diate (c’est-à-dire deman­der le report de celle-ci). D’abord parce qu’elle est une jus­tice d’abat­tage, faite pour condam­ner les gens très vite, ensuite parce que dans un contexte social tendu, sans avoir le temps de pré­pa­rer une bonne défense, les magis­trats ris­quent de condam­ner sévè­re­ment toutes les per­son­nes qu’ils voient défi­ler devant eux.

La Caisse de soli­da­rité c’est quoi ?

Se retrou­­ver avec les flics sur le dos, menotté, la gueule par terre, en garde à vue, puis fina­le­ment au tri­­bu­­nal avec une bonne amende ou quel­­ques mois de prison , ça peut arri­ver à tout le monde pour peu de s’être retrouvé au mau­vais endroit au mau­vais moment... Avec la ten­sion sociale liée au mou­ve­ment contre la réforme des retrai­tes, le moin­­dre écart suffit et il en faut peu pour se faire arrê­ter. Déjà, les pre­miè­res condam­na­tions tom­bent : à Meaux et à Dijon, deux jeunes ont ramassé un mois ferme pour jets de pro­jec­ti­les.

Face à cela, géné­­ra­­le­­ment, il faut se démer­­der tout seul : trou­­ver un avocat, élaborer une défense, payer des frais de jus­­tice, can­­ti­­ner en prison. Parfois on est sou­­tenu par la famille, par des amis, par un syn­­di­­cat. Parfois non, en tout cas ce n’est pas suf­­fi­­sant.

Face à la répres­­sion, à la police, à la jus­­tice, il devient néces­­saire de s’orga­­ni­­ser. S’orga­­ni­­ser sur du long terme pour trou­­ver de la thune et la mettre en commun, pour payer des frais de jus­­tice, pour trou­­ver des avo­­cats com­pé­tents qui s’occu­­pent de ces affai­­res. S’orga­­ni­­ser ce n’est pas « aider les autres qui en auraient besoin », c’est se retrou­­ver à partir de ce qu’on vit, se tenir concrè­­te­­ment et faire face ensem­­ble.

Pour des témoi­gna­ges, infor­ma­tions : 06-43-08-50-32

cais­se­de­so­li­da­rite (Arobase) riseup.net

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1 Message

  • Le 20 octobre 2010 à 18:12, par

    Nanterre, le 15 octobre 2010

    Nous, des enseignants du lycée Joliot-Curie de Nanterre dénonçons vigoureusement la présence et les modalités d’intervention des forces de police lourdement équipées de protections, boucliers, casques, etc. aujourd’hui le 15 octobre en début de matinée dans l’enceinte du lycée et devant celui-ci.

    La présence des fonctionnaires de police dans l’enceinte du lycée dés 7 h du matin a largement contribué à créer une tension chez les jeunes et a conduit aux débordements qui ont eu lieu sur l’avenue Joliot-Curie mettant en danger la sécurité des personnes présentes. La circulation des voitures étant particulièrement dense à cette heure là sur l’avenue Joliot-Curie l’attroupement d’élèves sur la chaussée a constitué un danger très important.

    Nous condamnons le recours aux gaz lacrymogènes puis aux Flashball dans une situation qui ne le nécessitait pas au risque de blesser des jeunes pour la plupart mineurs.

    Sans l’intervention de parents d’élèves, d’employés municipaux, d’enseignants, de citoyens et d’élus de Nanterre qui se sont interposés, les conséquences auraient très certainement été plus sérieuses encore.

    Nous demandons aux forces de police de ne pas se tenir à proximité du lycée, hormis pour détourner la circulation de l’avenue Joliot-Curie, lorsque celle-ci constitue un danger pour les élèves regroupés autour de l’établissement et déplorons les charges policières violentes qui ont eu lieu ces derniers jours dans la plupart des lycées bloqués en Ile de France.

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