Une tribune pour les luttes

Comité de soutien aux 4 de Tours

La solidarité n’est pas un délit !
Liberté d’expression ! liberté d’opinion !

Procès vendredi 3 décembre à partir de 9 h 30. au Tribunal correctionnel de Tours
Pétition : plus de 11000 signatures (électroniques et papier) !
+ Communiqué du SAF (Syndicat des avocats de France) : A Tours comme ailleurs, Non à la criminalisation de la contestation !
+ Communiqué LDH « Quatre de Tours » : une instrumentalisation de la justice.
+Communiqué de l’UJFP : HORTEFEUX se dit intéressé par la mairie de Vichy. Ce n’est pas une raison !

Article mis en ligne le vendredi 3 décembre 2010

http://baleiniers.org/

Solidarité avec les militants de Tours

Le 3 décembre 2010, quatre militant-e-s de la cause des Sans-Papiers comparaîtront devant le Tribunal correctionnel de Tours sur plainte de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur.
Les quatre prévenu-e-s, (Jean-Christophe Berrier et Muriel El Kolli, du Collectif Soif d’Utopies, ainsi que Abd-El-Kader Aït-Mohamed et Chantal Beauchamp, du RESF37, sont accusés par le ministre de « diffamation publique contre une administration publique ».

En cause, un communiqué de presse daté du 12 février 2010 , dans lequel les deux organisations alertaient l’opinion sur les soupçons qu’ils avaient de l’utilisation du fichier scolaire « Base-Elèves » pour le repérage des enfants sans-papiers et de leurs parents.
Les signataires du communiqué du 12 février comparaient ces méthodes de « chasse aux enfants » pour pouvoir expulser les parents à celles pratiquées sous l’Occupation.

L’UJFP se déclare totalement solidaire des inculpés de Tours et dénonce la procédure engagée par le Ministre de l’Intérieur comme abusive.

Malheureusement, le régime de Vichy n’est pas dans l’histoire de notre pays le seul à avoir pratiqué des expulsions, le seul à avoir mis en place des systèmes de fichage attentatoires aux libertés, le seul à avoir développé une xénophobie d’Etat.
Et ce serait un anachronisme abusif d’assimiler purement et simplement le régime Sarkozy au régime de Vichy, qui renvoie aussitôt au souvenir du génocide des Juifs, des Tziganes, et autres massacres de masse.

Il n’empêche, il y a des analogies qu’il est parfaitement légitime de mettre en évidence. Et parmi les membres de l’UJFP plusieurs, enfants cachés pendant l’Occupation, nous invitent explicitement à faire ce rapprochement.
Oui, aujourd’hui, en signant les arrêtés qu’ils signent, nous pensons que Ministres et fonctionnaires d’autorité commettent des "crimes de papier", c’est-à-dire qu’ils ne peuvent ignorer qu’ainsi ils envoient des hommes, des femmes et des enfants dans des pays où ils sont immédiatement en danger de mort.

Nous sommes dans une autre époque que celle de Vichy. Mais dans la négation de la dignité de "l’autre", il y a plus que de simples ressemblances.
Le renoncement au droit d’asile déshonore la république. Ne pas le dire haut et fort serait en être complices.

L’Union Juive Française pour la Paix remercie Jean-Christophe Berrier, Muriel El Kolli, Abd-El-Kader Aït-Mohamed et Chantal Beauchamp, pour leur action, et sera à leurs côtés lors de ce procès inique.

L’UJFP demande la relaxe pour les 4 de Tours, et invite toutes et tous à signer en ligne la pétition en ce sens :
http://baleiniers.org/la-petition


« Quatre de Tours » : une instrumentalisation de la justice

Communiqué LDH

Le ministre de l’Intérieur poursuit pour diffamation contre une administration publique des citoyens qui avaient assimilé, dans un communiqué de presse, la « chasse aux enfants », effectuées par la police pour pouvoir expulser les parents, à celle pratiquée sous l’Occupation.

Dans un communiqué de presse en date du 12 février intitulé « Les Baleiniers » (faisant ainsi référence aux chasseurs qui s’en prenaient aux baleineaux pour attraper leur proie), Jean-Christophe Berrier et Muriel El Kolli, du collectif Soif d’utopies, ainsi que Abd-El-Kader Aït-Mohamed et Chantal Beauchamp, du RESF 37, faisaient part, au nom de leurs deux organisations, des soupçons qu’ils avaient de l’utilisation du fichier scolaire « Base-élèves » pour le repérage des enfants sans papiers et de leurs parents, compte tenu des conditions d’arrestations effectuées en Ille-et-Vilaine et en Guyane.

Le 3 décembre 2010, et après une première audience qui s’est tenue le 16 septembre, ces quatre personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Tours. Mais n’est-il pas paradoxal que ce soit sur plainte d’une personne qui est déjà elle-même condamnée pour incitation à la haine et au racisme ? Car c’est bien de Brice Hortefeux qu’il s’agit, le ministre de l’Intérieur et maintenant de l’Immigration.

Si les comparaisons avec le régime de Vichy, inspirées à certains par la politique actuelle d’immigration, facilitent l’ouverture des procédures, le véritable objectif des poursuites judiciaires n’est pas l’honneur perdu d’un ministre. L’intimidation, les menaces, les lourdes amendes visent à empêcher toute interrogation sur l’utilisation possible de certains fichiers, toute critique de la politique d’immigration et à briser tout élan de solidarité envers les migrants. Moins de social, plus de pénal : tel est le point cardinal de l’action gouvernementale.

Dans la continuité de son opposition au délit d’outrage et au délit de solidarité, la LDH soutient les personnes poursuivies, et refuse la pénalisation de l’action militante. Elle demande la relaxe dans une procédure qui n’aurait jamais dû arriver en audience, si la justice n’avait pas abdiqué son indépendance devant les injonctions du pouvoir politique

Paris, le 30 novembre 2010.


Communiqué du SAF (Syndicat des avocats de France) :

A Tours comme ailleurs, Non à la criminalisation de la contestation !

A Tours, quatre militant(e)s de la cause des sans-papiers, deux du Réseau Education Sans
Frontières (Abd-El-Kader AÎT-MOHAMED et Chantal BEAUCHAMP) et deux du Collectif Soif
d’Utopies (Muriel EL KOLLI et Jean-Christophe BERRIER) sont poursuivi(e)s par le Parquet suite
à la plainte de Brice HORTEFEUX pour "diffamation publique envers une administration
publique
 », en l’occurrence les préfets de Guyane, d’Ile et Vilaine et d"Indre et Loire.

Il leur est reproché d’avoir, dans un communiqué intitulé "les baleiniers", alerté l’opinion sur leurs
forts soupçons d’utilisation du fichier "Base-Elèves" pour repérer les enfants de parents sans
papiers, tout comme les baleiniers capturaient des baleineaux pour attraper les baleines, rappelant
que cette chasse aux enfants avait été pratiquée sous Vichy.

Pour le SAF, ces poursuites judiciaires portent une grave atteinte à la liberté d’expression des
militant(e)s et de leurs organisations et marque encore un peu plus la tendance du pouvoir actuel à
criminaliser toute forme de contestation de sa politique xénophobe.

Le SAF assure les quatre prévenu(e)s de Tours de son soutien et appelle les avocats à les
soutenir à l’audience du 3 décembre 2010 à 9h 30 au Tribunal correctionnel de TOURS.

Paris le 20 novembre 2010

Contact : saforg chez orange.fr

___________________________________________

A Tours, 4 militant-e-s de la cause des sans-papiers, 2 du Collectif Soif d’Utopies (Muriel EL KOLLI et Jean-Christophe BERRIER) et 2 du Réseau Education Sans Frontières (Abd-El-Kader AÏT MOHAMED et Chantal BEAUCHAMP), sont poursuivi-e-s au Tribunal correctionnel de Tours le 3 décembre 2010, sur plainte de Brice Hortefeux.

Il les attaque pour «  diffamation publique contre une administration publique », en l’occurrence les Préfectures de Guyane, d’Ille-et-Vilaine et d’Indre-et-Loire.

Il leur reproche un communiqué intitulé "Les Baleiniers" (qui fut suivi d’une conférence de presse) dans lequel ces deux organisations comparaient l’arrestation des enfants sans-papiers aux méthodes employées pour attraper les baleineaux. Cette pratique leur rappelait celles usitées sous Vichy. Le communiqué alertait sur l’usage possible des fichiers scolaires par la police, aux fins de repérage des enfants, et d’arrestation de leurs parents sans-papiers.

Après les procès de Pau, de Poitiers, de Bourges, c’est encore une fois la liberté d’expression et le droit d’évoquer le passé qui sont bafoués. Nous exigeons non seulement la relaxe des 4 prévenu-e-s de Tours, mais aussi que cessent la censure et les tentatives de criminaliser les mouvements militants.

Signez la pétition (4.948 signataires au 13/10/10) :

¨ en ligne http://baleiniers.org/la-petition,

¨ ou en téléchargeant la pétition-papier à retourner au RESF37, c/o F.O.L. 57 Bd Heurteloup 37000 TOURS

Participez à nos initiatives, rejoignez le Comité de soutien aux 4 de Tours en écrivant à : contact chez baleiniers.org

Soutenez financièrement : chèque à l’ordre de SUD Solidaires, mention au dos « 4 de Tours », à envoyer à Solidaires 37, La Camusière, 18 rue de l’Oiselet, 37550 SAINT-AVERTIN.


Organisations ayant signé la pétition et / ou publié des communiqués de soutien (10/10/10) :

Politiques : FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), AL (Alternative Libertaire), NPA, Mouvement Utopia, Coordination des Groupes Anarchistes (CGA), Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) ; PS 37, MJS 37, Désirs d’Avenir 37, PCF 37, Les Verts/Europe Ecologie 37, FASE 37, Alternative 37, NPA 37, AL 37, Section de Tours Centre du PS, Encore un Parti de Gauche (EPG), PG 37.

Syndicales : Union Syndicale Solidaires, SUD-PTT, SUD Santé-Sociaux, SUD Chimie, Secrétariat fédéral FTE-CNT ; SUD Emploi Ile-de-France, SUD Rail Midi Pyrénées, SUD SEMITAN (44), CNT-STE 35, CNT SUB TP 68 ; UD CGT 37, CGT-CNAV 37, Solidaires 37, FSU 37, Section CGT CRC Bouygues Télécom, CGT Territoriaux de Tours.

Associatives : RESF84/UCIJ, Collectif Diversi-T37, FCPE37, UJFP (Union Juive Française pour la Paix), CNRBE (Comité National de Résistance à Base-Elèves, MQJS (Mouvement des Quartiers pour la Justice Sociale), AFEF (Association Française des Enseignants de français) ; LDH Centre, LDH 37, LDH 66, LDH Rennes, LDH Cannes-Grasse, FCPE 66, Collectif contre les Abus Policiers 33, Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, Les Amis du négatif, Compagnie Jolie Môme, Collectif Parents Enseignants Ecoles en Danger Ouest Lyonnais, RESF 60, RESF 06, RESF 37, SOS Soutien aux Sans-papiers, ATTAC 37, MFPF 37, DAL 37, Collectif Palestine 37, Commission DLA 37, Association Chrétiens-Migrants.


RELAXE DES 4 DE TOURS !

Comité de soutien aux 4 de Tours

http://baleiniers.org

contact chez baleiniers.org


Mille Bâbords 14925


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2 Messages

  • Le 2 décembre 2010 à 16:54, par

    Par JEAN-MARIE LACLAVETINE

    01 Décembre 2010

    http://www.mediapart.fr/club/blog/j...

    Notre ministre de l’Intérieur est l’auteur d’une intéressante formule, prononcée lors de la tenue d’assises sur l’immigration qu’il avait organisées (sans aucune arrière-pensée) à Vichy en 2008 : « Y’en a ras le bol de cette histoire du passé ». On reconnaît là le style incomparable du sarkozysme conquérant, entièrement tourné vers l’avenir et aussi soucieux du respect des morts que de celui de la langue française. L’Histoire, pour les dirigeants actuels, ne saurait avoir qu’une fonction : servir leur action. On citera donc aussi aisément Jaurès ou Blum que Maurras ou De Gaulle ; on utilisera sans vergogne la dernière lettre du communiste Guy Môquet tout en tenant aux agriculteurs de France un discours de pure essence pétainiste.

    Ceux que révulse un tel salmigondis idéologique n’ont en revanche aucun droit de se référer à ce passé qui, décidément, ne passe pas. Le gouvernement attaque immédiatement quiconque met en parallèle la politique vichyste et les pratiques actuelles en matière notamment de traque des sans-papiers.

    Carla Sarkozy pourra bien sûr continuer à comparer le site du Nouvel-Obs à « Je suis partout », son mari assimiler les contrôles fiscaux à la persécution des Juifs (université d’été du Medef, août 2009), Xavier Bertrand accuser Mediapart de « méthodes fascistes », Estrosi et Morano évoquer « Gringoire » et la presse collabo à propos de journalistes qui font leur travail, et le génial Eric Raoult rajouter selon son habitude une louche très louche sur le même thème à la soupe gouvernementale. Il va de soi que ceux-là ne seront pas inquiétés, et qu’ils récidiveront dès que possible avec le même enthousiasme. Quant aux rares adversaires politiques qui osent ce type de comparaison pour fustiger les pratiques gouvernementales - les Rocard, Villepin, Mamère et autres -, il sont hors d’atteinte, et les attaquer sur le terrain judiciaire serait contre-productif. Mieux vaut cogner immédiatement et sans relâche sur les militants de base, dans l’espoir de créer un réflexe d’autocensure.

    On comprend que Brice Hortefeux et la majorité soient gênés par toute comparaison avec les pratiques de l’administration préfectorale sous Vichy : il y a de quoi. On se souvient du tollé provoqué par l’utilisation du mot « rafle » à propos des descentes de forces de l’ordre dans les écoles ou dans les files d’attente des restaurants du cœur. Ce ne sont pas les actes bien réels qui dérangent, mais les mots employés pour désigner ces actes ― lesquels, en l’occurrence, semblaient pourtant assez bien correspondre à la définition du dictionnaire.

    Il est notoire que les préfectures et les inspections académiques exercent des pressions sur les directeurs d’école afin qu’ils remplissent le fichier "Base-élèves" regroupant toutes les informations sur les familles des enfants scolarisés, afin de détecter ceux dont les parents n’ont pas de papiers. RESF cite des exemples de parents sans-papiers interpellés quelques jours après l’inscription de leurs enfants à l’école. Les militants comparent ces usages à certaine technique de pêche à la baleine, qui consiste à utiliser les baleineaux pour attirer leurs parents et les capturer. La poésie de l’image semble avoir déplu.

    Intimidations, menaces, mauvaise foi remplacent tout argument clair dans la rhétorique gouvernementale. Le simple fait de poursuivre pour diffamation des personnes qui ne font que défendre une opinion légitime indique ce que vaut aujourd’hui le principe de liberté d’expression.

    Jean-Marie Laclavetine

  • Le 3 décembre 2010 à 10:09, par

    La chasse à la baleine du gouvernement

    http://www.rue89.com/2010/12/01/res...« Un moyen de décrédibiliser la parole des militants »

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