Une tribune pour les luttes

6 mai , expulsion musclée du local occupé par des migrants tunisiens à Paris 51 av Simon Bolivar

9 mai, des nouvelles du collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et de la lutte qui continue :
Réponse à la mairie du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris suite à l’occupation du gymnase de la rue Fontaine-au-Roi

Article mis en ligne le lundi 9 mai 2011

Banderole : Ni police ni charité, un lieu pour s’organiser.


9 mai 2011

Réponse à la mairie du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris :

Suite à l’occupation le samedi 7 mai du gymnase de la rue Fontaine-au-Roi, la Mairie de Paris a
proposé 50 places dans un foyer d’hébergement rue du faubourg Saint Honoré
géré par l’association Aurore et 40 places dans un foyer d’hébergement
d’urgence au Quai de la Rapée, géré par la même association.

Nous acceptons vos propositions à condition de nous garantir :
1/ Un lieu collectif où se réunir et s’organiser.
2/ Un engagement écrit du Maire de Paris qu’aucune intervention des forces de
l’ordre n’aura lieu dans les logements et leurs abords.
3/ Que la Mairie de Paris s’engage à trouver des logements pour le reste des
Tunisiens arrivés de Lampedusa à Paris.
4/ De laisser le gymnase à notre disposition jusqu’à ce que tous les Tunisiens
soient relogés.
5/ Une réponse dans les plus brefs délais.
Les jeunes de la Révolution Tunisienne


Ci-dessous : Communiqués de
- ATMF – AMF – ADTF – FTCR – UTIT - LDH : Appel à la solidarité avec les jeunes Tunisiens
- "D’ailleurs nous sommes d’ici" : Solidarité avec les migrants Tunisiens"
- CIP : "De qui la Ville de Paris est-elle l’amie ?"


7 mai 2011

Samedi 7 mai, 16h35

Les sans papiers Tunisiens occupent un gymnase rue de la Fontaine au Roi.

Par mail

Des nouvelles du collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et de la lutte qui continue

Parmi les personnes dites sans-papiers placées en rétention suite à l’expulsion de l’immeuble vide du 51 avenue Simon Bolivar, plusieurs passeront devant le juge des libertés et de la détention des tribunaux de Paris, pour ceux enfermés à Vincennes, et de Meaux pour ceux enfermés au Mesnil-Amelot. Dans les centres de rétention, les occupants de l’immeuble ont retrouvé plusieurs dizaines de leurs camarades Tunisiens, Egyptiens ou Lybiens qui partageaient leurs galères et leurs luttes, soit au squat, soit avant dans le square de la porte de la Villette. Tous les jours, dans le nord est parisien, ces personnes se font rafler en toute impunité sur ordre de l’Etat français. Plusieurs d’entre elles ont été expulsées en Italie par avion spécial.

La personne avec papiers arrêtée lors de l’évacuation de l’immeuble du 51 Bolivar a été relâchée hier après son défèrement en comparution immédiate. Cette personne a été enfermée 51 heures parce qu’elle refusait de décliner son identité, de se faire prendre en photo, de donner ses empreintes et son adn, choses qui lui étaient demandées alors que les flics reconnaissaient qu’aucun délit ne lui était reproché, admettant ainsi que tout cela n’était destiné qu’à leur travail de fichage.
Ce camarade, qu’on appellera Mr Lampedusa, passera en procès le vendredi 17 juin au TGI de Paris. La procureur avait demandé l’incarcération en attendant la date du procès mais cela a été refusé par la juge.

Le collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris qui s’est formé il y a maintenant une semaine ne s’est pas disloqué après l’évacuation du lieu. Après s’être réunis le 6 mai, voilà la traduction française du communiqué qu’ils adressent à la mairie de Paris qui a revendiqué avoir ordonné l’expulsion :


Lettre à l’attention du maire de Paris

Après nos salutations et notre remerciement pour ce qu’il y a eu de votre part de soutien et d’accueil des Tunisiens venus de Lampedusa à Paris, entre autres ce qu’il y a eu de matraques et d’insultes de la part de la police.

Monsieur le maire de Paris, nous les tunisiens venus de Lampedusa et que vous décrivez comme des immigrés illégitimes, mais monsieur, nous vous informons que s’il n’y avait la situation misérable en Tunisie, nous n’aurions pas quitté notre pays et nous ne serions pas jetés dans la mer et ceci est une preuve irréfutable de notre mobilisation pour résoudre notre situation sociale et humaine particulière avec le soutien de tous les pays du monde aussi bien les pays européens et arabes.

Mais pour notre plus grand regret, la manière dont la France nous a accueillis ne prouve pas qu’elle est le pays des droits et des libertés, et la plus grande preuve de ça, est l’attitude de la police le jour où ils sont venus au 51 avenue Simon Bolivar et les arrestations d’environ 150 personnes entre autre des camarades français qui nous ont sauvé de la faim et du froid contrairement à ce qui a été dit dans votre communiqué de presse contre ces français.

Mais nous n’avons pas besoin de leurs idées pour prendre nos décisions par nous-mêmes et la plus grande preuve de ça est notre révolution bénie.

Et pour finir nous vous prions de comprendre notre situation et d’accepter notre estime et notre respect.

Nos salutations,

Les Tunisiens de Lampedusa à Paris.

Ce communiqué a également été écrit en arabe et en italien, vous pourrez trouver les versions dans ces 2 langues ici : http://paris.indymedia.org/spip.php?article6751

D’autres Tunisiens (ou Libyens) qui participaient à l’occupation du lieu ont voulu écrire un communiqué, vous le trouverez sur ce lien, sous celui du collectif et plus bas : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5621

Pour finir, si vous voulez savoir comment filer un coup de main, participer à cette lutte qui prend forme, quelques pistes (évidemment cela n’est pas exhaustif) :

- Vous pouvez aller assister aux audiences devant les juges des libertés et de la détention au TGI de Paris ou de Cité en montrant que vous êtes solidaires des gens qui y passent, noter leurs noms, les lieux d’arrestation , les décisions rendues et les communiquer ensuite, voir même faire des comptes rendus d’audience.

- Vous pouvez téléphoner dans les centres de rétention où sont enfermés les gens, parler avec eux savoir comment ça se passe dans les centres, les assurer de votre solidarité. Suite à ces coups de téléphone vous pouvez faire de petits comptes-rendus
N°cabines
Mesnil :
Bâtiment 1 01 49 47 02 41 ou 42
Bâtiment 2 01 49 47 02 43, 44 ou 45
Bâtiment 3 : 01 49 47 60 60 ou 49 53 ou 02 84
Bâtiment 4 et 5 : 01 49 47 02 46, 47 ou 48
Bâtiment 6 : 01 49 47 02 49 ou 50
Cabines téléphoniques Vincennes
Tél 01 45 18 59 70 / 01 45 18 12 40 / 01 45 18 02 50

- Vous pouvez passer dans les différents lieux où se sont réfugiées ces personnes, les rencontrer, discuter avec elles.

- Chaque fois que vous voyez un dispositif de contrôle (une rafle) se mettre en place ou en train de s’opérer, vous pouvez montrer votre désapprobation, essayer de prévenir les gens en amont et en aval pour qu’ils échappent aux contrôles (lieux fréquents : porte de la Villette, Corentin Cariou, Stalingrad, Jaurès, Crimée, Ourcq, Couronnes...)

Ce soir au squat du Bourdon, à partir de 19h, 7 bd Bourdon, M° Bastille, aura lieu un concert de solidarité pour récolter de l’argent pour les personnes accusées d’avoir mis le feu au centre de rétention du Canet et incarcérées pour cela. Lors de ce concert plusieurs points infos auront lieu et la situation plus générale sur ce qu’il se passe en ce moment à Paris,en France et en Europe sera abordée. N’hésitez pas à y venir pour participer à la solidarité, vous informer, échanger, voir ce qu’on peut faire ensemble.


6 mai 2011

Expulsion musclée du local occupé par des migrants tunisiens à Paris 51 av Simon Bolivar.

De nombreux Tunisiens et militants divers ont été arrêtés par la police.

Tous ne sont pas encore libérés. Demandons leur libération (et la libre circulation pour tous !)

Parmi les personnes arrêtées au 51 avenue Simon Bolivar une trentaine ont été gardées prisonnières, transférées dans les centres de rétention du Mesnil Amelot et de Vincennes. Ils devraient passer devant les juges des liberté et de la détention de Paris et Meaux aujourd’hui et samedi (plutôt samedi d’ailleurs). Pour les gens qui ont eu un aprf à leur sortie de garde à vue les recours sont en cours.

Une personne est également toujours en garde à vue au commissariat du 19ème au prétexte qu’elle n’a pas de papiers prouvant, comme ils disent, son identité.

Vous pouvez appeler le commissariat du 19ème au 01.55.56.58.00 pour demander la libération de cette personne qui y est encore prisonnière au prétexte qu’elle ne serait pas identifiée (alors qu’elle est parfaitement connue des services de police).

Puisqu’il n’y a pas de papiers pour tous le "Plus de papiers du tout" pourrait finalement être une solution !

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Communiqué CIP

Arrestation des sans papiers occupant le 51 avenue Simon Bolivar : de qui
la Ville de Paris est-elle l’amie ?

Vendredi 6 mai 2011

Après avoir manifesté ce dimanche à l’occasion du Premier mai, 150
sans-papiers Tunisiens et des manifestants solidaires, dont des
participants à la coordination des intermittents et précaires, ont occupé
un bâtiment vide appartenant à la Ville de Paris 51 avenue Simon Bolivar
dans le 19e arrondissement.

Malgré un article du Monde qui fait le point sur la responsabilité de la
mairie de Paris quant à l’arrestation d’une centaine de sans-papiers lors
de l’évacuation policière des occupants du 51 avenue Simon Bolivar ("Les
sans-papiers de l’avenue Bolivar expulsés à la demande de la Ville de
Paris"
), une partie de la presse relaie la communication mensongère de la
Ville qui fait des militants solidaires, dont
ceux de la Cip-idf, les responsables de ces arrestations.

La Ville dénie la capacité des premiers concernés à s’organiser. Ce sont
pourtant les occupants sans papiers eux-mêmes qui ont refusé les
propositions municipales d’hébergement.

Le texte qui suit a été diffusé à la presse jeudi 5 mai. Il est ici
complété et revu. Il s’efforce de retracer les événements tels qu’ils se
sont réellement produits.

Beaucoup d’entre eux, venus de Lampedusa, dormaient dehors depuis des
semaines, pourchassés quotidiennement par la police, qui organise
régulièrement des rafles là où ils se retrouvent ou circulent (à Paris
Porte de la Villette, aux 4 Chemins, à Stalingrad ou au métro Couronnes,
tout comme à Nice, Marseille et dans différentes villes de France). Depuis
plusieurs jours, à la porte de la Villette où beaucoup de Tunisiens ont
pris l’habitude de se retrouver, la dénonciation par le maire de Paris de
la politique gouvernementale à l’encontre des sans-papiers tunisiens
s’était traduite par l’octroi de subventions à des associations chargées
de dispenser des nuitées d’hôtels ou des denrées alimentaires, sans que
l’errance, l’isolement et la vulnérabilité quotidiennes en soient
fondamentalement remis en cause.

En investissant le 51 avenue Simon Bolivar, une partie d’entre eux
trouvaient un lieu où s’abriter, dormir, se retrouver et continuer à
s’organiser collectivement face à la situation qui leur est faite. Lors de
cette occupation, constamment renforcée par l’arrivée périodique de
nouveaux sans-papiers, se mettait progressivement en place
l’approvisionnement, l’organisation des espaces, des réunions et
assemblées, la rédaction d’un premier communiqué le 2 mai, puis d’un
second le lendemain, tout cela dans des conditions très précaires… Les
principales revendications exprimées par les occupants sans-papiers
étaient « un lieu pour vivre et s’organiser » et « des papiers pour
circuler et vivre librement »
.

Le lundi matin, l’occupation est soumise à un blocus policier, levé par la
suite lorsqu’une négociation s’amorce (dans les locaux de la CFDT...) avec
la Ville de Paris, interpellée par cette présence dans des locaux dont
elle est propriétaire. La mairie propose tout d’abord 80 places en centre
d’hébergement et 50 hypothétiques chambres d’hôtels pour une durée d’un
mois. Puis, quelques heures après, modifie sa proposition : 40 places dans
un centre d’hébergement (car Emmaüs ne voulait pas accueillir davantage de
sans papiers Tunisiens) et 55 autres places dispersées. Ces deux
propositions ont été étudiées avec attention par les occupants
sans-papiers qui les ont jugé insuffisantes. Non seulement le compte n’y
était pas, mais ils ne souhaitaient pas perdre ce qu’ils venaient
d’obtenir, une forme d’existence collective. Ils ne voulaient pas être
séparés et exigeaient un lieu pour tous. Ils ont donc refusé ces lits. Le
lendemain, la mairie propose 100 places dans un même centre d’hébergement.

Étant donné le nombre de personnes que cette proposition ne prenait pas en
compte et sachant que ce centre est chaque jour fermé de 9 à 17h, ce qui
les condamnait à une dangereuse errance diurne à partir du VIIIe
arrondissement et à des nuits encasernées, c’est après bien des
hésitations et de longs débats que cette proposition a été acceptée par
les sans-papiers en lutte. Les menaces d’intervention policière exprimées
par la ville de Paris et les récurrents "coups de pression policière" aux
abords de l’immeuble occupé qui venaient donner consistance à ces menaces
furent pour beaucoup dans cette acceptation.

Une fois adoptée, cette proposition engendra de prévisibles tensions parmi
des sans-papiers divisés par la nécessité de devoir constituer une liste
qui excluait nombre d’entre eux. Beaucoup de sans-papiers ont ainsi
considéré qu’il fallait à la fois accepter ces 100 places et continuer la
lutte en restant mobilisés au 51 avenue Simon Bolivar, plutôt que de se
trouver à nouveau isolés les uns des autres et à la rue.

Lorsque vers 20h arriva l’heure du départ vers le foyer d’hébergement de
l’association Aurore (une association qui a obtenu nombre de marchés
municipaux à Paris et est dirigée par des membres du conseil
d’administration de Vinci...) dans le 8e arrondissement, celui-ci du
s’effectuer par groupes de 25, en métro. Le premier des groupes à sortir
dans ce but, constatant la présence de policiers sur le trajet, s’est
alors arrêté à 30 mètres de l’immeuble occupé pour exiger que la Ville
s’engage à loger le reste des occupants et à ce qu’il n’y ait pas
d’intervention policière à leur encontre.

Le représentant de la Ville n’a pas voulu fournir une telle assurance,
l’ensemble des occupants a alors décidé de refuser de quitter les lieux,
et seule une poignée de sans-papiers a accepter de monter dans un bus
finalement affrété par la mairie. Après les divisions de l’après-midi,
l’arrivée d’un camion de pompiers venu pour faire descendre des occupants
montés sur le toit a poussé l’ensemble de ces derniers, cette fois
déterminés et joyeux, à sortir manifester dans la rue en scandant « 
Papiers, liberté ! ».

Le lendemain, sans aucun avertissement préalable de la mairie,
l’intervention des forces de l’ordre pour évacuer les occupants s’est
effectuée à grands renforts de moyens (hélicoptère, gardes mobiles et
autres effectifs policiers en grand nombre, présence du ministre de
l’intérieur Claude Guéant non loin de là).

Qui a fait arrêter plus d’une centaine de sans-papiers et porté plainte
contre eux aux motifs de « dégradation de locaux » et d’ « occupation
illégale
 » ? Qui donc est responsable des incarcérations en centre de
rétention, des expulsions qui risquent d’intervenir à leur encontre, des
arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière (APRF) qui leur sont
notifiés, des « visas Schengen » probablement déchirés par des policiers
comme ce fut le cas lors d’autres arrestations, qui donc si ce n’est la
mairie ?

« Cette intervention s’est faite à la demande de la Ville », comme le
revendique explicitement son communiqué du 4 mai. Dans ce même communiqué,
la Ville tente de se dédouaner de sa responsabilité quant aux arrestations
de sans-papiers. Elle ose imputer les arrestations qu’aux militants
solidaires présents, dont certains se sont eux aussi retrouvés placés en
garde-à-vue (au moins l’un d’eux est encore en G-à-V ce 6 mai) sans que
l’on sache encore s’ils seront poursuivis.

En appeler à une attitude digne vis-à-vis des sans papiers, se réclamer
d’une «  gauche humaine » et agir ainsi est l’indice d’une profonde
duplicité.

Nous exigeons que la Ville retire la plainte posée à l’encontre des
occupants de Simon Bolivar et demandons aux organisations, associations et
collectifs soutenant les sans-papiers de prendre position.

Face à l’escalade de la xénophobie d’Etat, la solidarité concrète avec
tous les sans-papiers Tunisiens est une nécessité. Ceux qui ont réussi à
s’échapper et ceux qui se sont retrouvés depuis ont besoin de notre appui.
Tous comme ceux qui sont actuellement détenus aux centre de rétention de
Vincennes, de Mesnil Amelot et ailleurs.

Exigeons ensemble la libération de tous les arrêtés du 4 mai, l’annulation
de toutes les reconduites à la frontière et des APRF, ainsi que
l’attribution de titres de séjour pour les sans-papiers.

Paris, les 5 et 6 mai

Coordination des intermittents et précaires


Solidarité avec les migrants Tunisiens
Communiqué de presse du Collectif National D’ailleurs nous sommes d’ici

Après 4 jours d’occupation d’un immeuble appartenant à la Mairie de Paris, au 51 rue Simon Bolivar, 140 migrants tunisiens, très jeunes pour la plupart, ont été violemment expulsés hier dans l’après-midi, selon un scénario bien rodé ces dernières années (avec les Irakiens, Afghans et autres).

Cette expulsion, comme les rafles qui l’ont précédé la semaine dernière à Stalingrad et à la Villette, relèvent d’un acharnement sur ces migrants et veut le faire savoir dans un affichage publicitaire de la pire espèce. Pour preuve la mise en scène sécuritaire de hier après midi : CRS en pagaille, cars dans toutes les rues voisines, hélicoptère, expulsion en plein après-midi, journalistes prévenus à l’avance.

Dans le cadre de son offensive raciste, le gouvernement veut faire croire que les processus révolutionnaires du monde arabe déboucheraient sur une invasion d’immigrés, alors que ces mouvements historiques révèlent une aspiration à la démocratie et à la justice sociale. Mais l’affichage du gouvernement n’a rien d’abstrait : il maintient ces migrants dans une situation humanitaire et sociale d’une extrême précarité, tente d’empêcher leur organisation et leur soutien, les expose à la violence et aux poursuites judiciaires. Certains risquent d’être reconduits en Italie, d’autres d’être relâchés avec une obligation de quitter le territoire. Comme cela ne suffit pas, la plainte pour occupation illégale et dégradation de lieu permet d’assombrir leur futur judiciaire en faisant de ces migrants des criminels, alors qu’ils n’ont fait que fuir la misère et le chômage.

Le collectif « D’ailleurs nous sommes d’ici » appelle à :
- La libération immédiate et sans conditions de tous les migrants et soutiens
- La levée de la plainte de la Mairie de Paris, qui a accéléré et légitimé l’expulsion
- La possibilité pour tous les migrants d’avoir accès à un accueil digne, à des papiers avec une autorisation de travail

NI CHARTER, NI KARCHER



ATMF – AMF – ADTF – FTCR – UTIT - LDH ...

APPEL A LA SOLIDARITE AVEC LES JEUNES TUNISIENS

Pour exiger la libération de tous les arrêtés du 51 avenue Simon Bolivar

Pour la régularisation de tous les migrants tunisiens de Lampedusa

Pour soutenir les jeunes des révolutions démocratiques arabes

Nous appelons à un rassemblement devant le ministère de l’Intérieur à Paris
Le jeudi 5 mai 2011 à 18h30
Place de la Madeleine (Métro Madeleine ligne 8 et 12)


ATMF – AMF – ADTF – FTCR – UTIT - LDH ….


6 camarades tunisiens sans papiers sont sortis du commissariat du 3ème arrondissement sans aucune explication (certains avaient des APRF de plus d’une semaine et non contestés...)
Il reste des gens en garde à vue dans les commissariats du 20ème et du 19ème, des gens avec ou sans-papiers, sachant que par solidarité plusieurs personnes avec papier ont refusé de décliner leur identité et n’avaient pas pris leurs papiers avec eux.
Merci de de téléphoner à ces 2 commissariats en demandant la libération de TOUTES les personnes arrêtées au 51 Simon Bolivar.
N° du commissariat du 19ème : 01 55 56 58 00
N°du commissariat du 20ème : 01.44.62.48.00

Ci dessous article France 24 sur l’expulsion, ses suites, sa genèse...
http://www.france24.com/fr/category/tags-auteurs/sarah-leduc
Extraits :
"Des membres de comités de soutien ainsi que des élus ont fait une chaîne humaine devant le bâtiment. Mais ils ont été bousculés sans ménagement par les forces de l’ordre qui ont défoncé dans la porte avant d’y pénétrer", explique à FRANCE 24 Ariane Calvo, adjointe au maire du 20e arrondissement, présente lors de l’évacuation.
"Les 137 Tunisiens ont été sortis les uns après les autres, molestés et certains plaqués au sol sans aucune utilité. Ils étaient morts de peur. Beaucoup sont mineurs, ils seraient montés dans le camion de toute façon", continue l’adjointe Ariane Calvo.
(...)
D’après plusieurs sources, le parquet s’est emparé du dossier. Les migrants, en situation irrégulière, sont poursuivis pour "dégradation de bien public en réunion".
(...)
"Ils étaient harcelés sans cesse par la police, dormaient à la belle étoile depuis des nuits et des nuits. Ils voulaient juste avoir un toit", raconte Oumeya Sedik, membre de la Fédération des Tunisiens des deux rives (FTRD), à leur côté depuis dimanche soir.
Dans la journée de mardi, des élus et représentants de la ville avaient tenté de convaincre les Tunisiens de quitter l’immeuble pour rejoindre des hébergements financés pas la Ville : 100 places avaient été mises à disposition immédiate dans trois centres d’hébergement, avec une promesse de 50 places supplémentaires.
Une proposition insuffisante par rapport au nombre de demandeurs, toujours plus nombreux. Craignant d’être séparés, arrêtés ou pris dans un guet-apens lors du transfert, les Tunisiens ont refusé de quitter l’avenue Bolivar.
"Les migrants se sont retrouvés dans une situation impossible à devoir choisir qui allait rester et qui allait partir, explique Oumaya Sedik. Il n’était pas question que certains soient logés et d’autre jetés à la rue. En plus, ils n’ont pas risqué leur vie pour arriver là et mendier un logement pour SDF", s’insurge Oumeya Sedik qui souligne que certains avaient un titre de séjour émis en Italie.
"Il ne suffit pas d’avoir une autorisation de séjour pour venir en France", avait prévenu Claude Guéant, lors de sa rencontre avec son homologue italien, le 8 avril dernier à Milan. D’après plusieurs sources, le ministre de l’Intérieur se trouvait dans le commissariat du 19e arrondissement ce mercredi, l’après-midi même où les forces de police ont procédé à cette évacuation musclée.


Sur RESF radio WEB

Devant le commissariat du 20ème à Paris, mercredi 4 mai, après l’évacuation du "51 Avenue Simon Bolivar" durée : 7’ 39’’
Reportage ce soir devant le commissariat du 20ème, alors qu’on reçoit des gaz pour laisser la place libre au départ du car de la police emmenant vers une destination inconnue des tunisiens arrêtés lors de l’évacuation du 51 avenue Simon Bolivar (75019). On entend notamment Gilles Lemaire (ATTAC) et Alexandre Lecleve (Cimade) parler des conditions de cette évacuation.

http://www.educationsansfrontieres.org/article36240.html


17h.30 - 20h.30

Rassemblement devant commissariat Clignancourt

18h30 : à Clignancourt, une partie de sans papiers arrêtés a été transférée on ne sait où...

Un rassemblement est en cours devant le commissariat Gambetta


"Près de cent quarante migrants tunisiens ont été expulsés, mercredi 4 mai, d’un bâtiment qu’ils occupaient dans le 19e arrondissement de Paris, a indiqué la police.
Les forces de l’ordre – environ deux cent cinquante CRS et gendarmes – ont pris position autour de l’immeuble, dont plusieurs occupants ont été conduits dans des bus, vers 14 heures. "Au total, cent trente-huit personnes ont été interpellées. Leur situation sera examinée au cas par cas", a dit un officier de presse de la préfecture de police."


14h15 :

L’expulsion a commencé.
Avec de très gros moyens policiers : Gardes mobiles, hélicoptère, et Claude
Guéant himself signalé au commissariat du 19e.

Les militants restés dehors on pu contenir les gardes mobiles pendant
un temps, mais ils ont quand même pu entrer en défonçant la porte.

Maintenant, les tunisiens sont extraits du bâtiment, et mis dans des
paniers à salade...


15h.27

3 cars pleins (militant-es arrêté-es) viennent de partir


Les Tunisiens et militants arrêtés ont été répartis dans le 18 , 19 et 20ème.

Les Tunisiens seraient dans 3 commissariat Gambetta, Cligancourt et Sati.

Appel à se rassembler devant ces trois commissariats ou pour ceux et celles qui ne peuvent pas, à téléphoner pour demander la libération de tout le monde !

Commissariat Central du 18eme Arrondissement
Adresse : 79 rue de Clignancourt , 75018 PARIS
Téléphone : 01-53-41-50-00

19ème :
Commissariat Central
3-5, rue Erik Satie
75 019 Paris
Tél. 01 55 56 58 00
Métro : Ourcq

Commissariat central 20ème arrondissement
3 RUE DES GATINES
75020 Paris
Téléphone : 01.44.62.48.00

Certains se trouvent aussi au commissariat du 11ème. tel 01.53.36.25.00


http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5614

La police évacue le 51 avenue Simon Bolivar occupé par des sans-papiers Tunisiens et Lybiens

Mercredi 4 mai 2011

Résumé évolutif du déroulé de l’occupation, de sa fin et de ses suites, communiqués des occupants, liens et autres infos.

Peu avant d’occuper le 51 avenue Simon Bolivar, les sans-papiers Tunisiens et Lybiens ont commencé à s’organiser collectivement en prenant part à la manif’ du 1er mai avec une banderole. Ni police ni charité, un lieu pour s’organiser !

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait qualifié la réaction de l’Etat face aux migrants tunisiens de "minable" ; il a l’occasion de mettre ses actes en adéquation avec ces déclarations à propos des sans papiers tunisiens et aussi plus généralement : "Selon moi le bon candidat doit répondre à trois exigences : avoir un projet et une personnalité qui représentent un potentiel de changement vraiment à gauche, porter très haut le sens de la dignité, de l’Histoire, avoir le potentiel de rassemblement de la gauche, de toute la gauche, des écologistes, et des Français" (3 mai 2011).

Lundi 2 mai, la police a mis l’immeuble sous blocus. Les occupants appellent à venir sur place de suite.
13h30 : Des négociations sont en cours avec la Ville de Paris... Première victoire : le blocus policier est en train d’être levé.
Rassemblement de solidarité à 18h 19h La Ville a proposé d’abord 40 chambres d’hotel et des hébergements Emmaüs, puis 95 nuitées en 3 lieux ; après en avoir débattu, l’assemblée des occupants, considérant que cela ne permettait d’héberger ni les présents, ni les tunisiens à la rue, a refusé et maintient ses revendications. Les occupants restent dans les lieux.

Mardi 3 mai
La Ville a proposé ce matin de loger 100 sans papiers tunisiens dans un immeuble géré par l’association Aurore, une association qui s’est vu confier un grand nombre de marchés municipaux. L’assemblée des occupants discute actuellement de cette proposition.
15H Les occupants acceptent la proposition de la Ville soulignent, lors de la délégation, qu’une centaine de sans-papiers présents restent sans autre logement que le 51 avenue Simon Bolivar et appellent à un rassemblement de solidarité à 18h.
23h Malgré un dispositif policier sur les trajets possibles, les occupants ont été rejoints par d’autres sans-papiers venu de Porte de la Villette.
L’absence de réponse de la Ville pour les personnes non hébergées a fait qu’aucun occupant n’est finalement allé au foyer Aurore.
De plus, ce foyer est fermé la journée, les hébergés auraient du errer dans le 8e où il est situé, avec les risques que cela suppose.

Mercredi 4 mai : rassemblement de solidarité prévu à 18h
Besoin de monde, nourriture, lait, jus de fruits, tabac, couvertures, duvets, matelas, vêtements et sous-vêtements pour homme, médicaments de base, serpillères, pelles, balais, seaux, sacs poubelle,

13h50 : La police est en train d’essayer d’évacuer les occupants, besoin de soutien sur place de suite !

Peu après : Avec de très gros moyens policiers : Gardes mobiles, hélicoptère, et Claude Guéant himself signalé au commissariat du 19e.
Les militants restés dehors ont pu contenir les gardes mobiles pendant un temps, mais ils ont quand même pu entrer en défonçant la porte.
Maintenant, les Tunisiens sont extraits du bâtiment, et mis dans des paniers à salade… on ne connaît pas leur nombre.
Des sans-papiers ont réussi à fuir.

Un bref récit illustré de l’opération policière : Le savoir-faire français
http://quadruppani.blogspot.com/201...

A 15h, 20 manifestants sont interpellés.

Une partie au moins des sans-papiers arrêtés sont au commissariat de la rue de Clignacourt

16H : Les sans-papiers arrêtés sont répartis dans les commissariats suivants :
80, avenue Daumesnil, 12e.
79, rue Clignancourt, 18e : 01 5341 5000
3, rue Eric Satie, 19e : 01 5556 5800
3, rue des Gâtines, 20e : 01 4462 4800

Appel à se rendre devant ces commissariats ou pour ceux et celles qui ne peuvent pas, à harceler par téléphone pour demander la libération de tout le monde !

Les 20 "Français" arrêtés sont passage charles Dallerey, 11e

16h30 Rassemblement en cours aux commissariats Dallerey, Gambetta, Clignancourt

Prévenir tout sans-papier qui sortirait de faire leur recours contre les APRF (arrêté préfectoral de retour à la frontière) dans les 48h, délai légal. De nombreuses tentatives d’expulsions échouent juridiquement, à Marseille (où il y eu de grosses rafles) et ailleurs.

AFP (A Fond, le Pipo...), 17h :
"L’évacuation "s’est faite à la demande de la Ville : ce lieu est reconnu comme dangereux et n’est nullement conçu pour servir d’hébergement", a confirmé la mairie de Paris propriétaire de cet immeuble insalubre, situé à proximité directe du parc des Buttes Chaumont."
En fait d’insalubrité il s’agit dune norme nouvelle de 2008 qui classe la peinture utilisée dans ce local -qui fut durant des années celui de la Direction de l’architecture, plutôt bien placée en matière de construction- comme "inflammable".
En fait d’hébergement d’urgence, la Ville attribue les marchés à l’association Aurore, présidée par des membres du conseil d’administration de Vinci (foyer caserne, fermé le jour).
"La mairie de Paris a précisé qu’avant l’évacuation, "des élus et des représentants de la ville ont tenté de convaincre les ressortissants tunisiens présents de quitter le lieu pour rejoindre les hébergements" financés par la Ville."
Elle [laV.P] a appelé l’Etat à "mettre en place un dispositif adapté à ces circonstances exceptionnelles, notamment en proposant une aide au retour revalorisée". Cette aide au retour est de 300 euros, quand bien même elle atteindrait les 2000€, réclamés par certaines associations, ce n’est pas tout à fait pour une telle peccadille qu’on risque sa peau, la prison, etc., spécialement lorsque l’on vient, par exemple de la région de Sidi Bouzid, épicentre du soulèvement tunisien qui accueille actuellement des centaines de milliers de réfugiés Lybiens pendant que l’Otan bombarde cette dernière et que l’on a manifesté ici en affichant :

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1_MAI_REFUGIES_TUNISIENS


1er communiqué des occupants du 51 avenue Simon Bolivar (2 mai)

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris occupe depuis ce 1er mai à minuit l’immeuble appartenant à la mairie de Paris se situant au 51 avenue Simon Bolivar à Paris 19ème.
La mairie de Paris a plusieurs fois exprimé son soutien aux tunisiens récemment arrivés à Paris.
Nous vivons dehors, passons de 24 à 36 heures sans fermer l’œil, nous avons peur, nous avons froid, nous avons faim et manquons de tout les besoins fondamentaux de la vie quotidienne. Malgré ces conditions difficiles nous restons dignes.
Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris demande pour nous tous au maire de Paris un lieu pour vivre ensemble et nous organiser.
Nous resterons ici même tant qu’une solution satisfaisante ne nous sera pas proposée.

Des papiers pour circuler et vivre librement !

Nous appelons tous ceux qui veulent nous soutenir à se rassembler devant le 51 avenue Simon Bolivar dès ce matin du lundi 2 mai, 6h.

Contact : collectifexclulampedusa chez yahoo.fr

2eme Communiqué, Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et des occupants du 51avenue Simon Bolivar

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris occupe depuis ce 1er mai à minuit l’immeuble appartenant à la mairie de Paris se situant au 51 avenue Simon Bolivar à Paris 19ème.
La mairie de Paris a plusieurs fois exprimé son soutien aux tunisiens récemment arrivés à Paris.
Nous vivons dehors, passons de 24 à 36 heures sans fermer l’œil, nous avons peur, nous avons froid, nous avons faim et manquons de tous les besoins fondamentaux de la vie quotidienne. Malgré ces conditions difficiles nous restons dignes.
Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris demande pour nous tous au maire de Paris un lieu pour vivre ensemble et nous organiser.
Nous resterons ici même tant qu’une solution satisfaisante ne nous sera pas proposée. Des papiers pour circuler et vivre librement !

Nous appelons tous ceux qui veulent nous soutenir à se rassembler devant le 51 avenue Simon Bolivar toute la journée et appelons à un rassemblement à 18h. (Métro : Belleville ou Buttes Chaumont)

Nos revendications :
- Que chacun puisse entrer et sortir librement de l’immeuble et laisser rentrer le ravitaillement.
- Que la police ne procède à aucune arrestation ni ici, ni sur Paris.
- Un engagement de la Mairie à faire pression auprès de la Préfecture et du Gouvernement pour les papiers et contre les arrestations.

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et des occupants du 51 avenue Simon Bolivar

L’occupation, en style télégraphique et images à la volée

Occupation du 51 avenue Bolivar - 3ème Kasbah à Paris
http://www.archyves.net/html/Blog/?p=1530

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2 Messages

  • Le 6 mai 2011 à 10:32, par Christiane

    http://teleobs.nouvelobs.com/articl...

    “Ah bon, depuis quand ils font travailler des Noirs à TF1 !”. La journaliste de TF1, Florice Houngboa, a été victime de cette remarque raciste de la part d’un CRS, mercredi 4 mai à Paris, dénonce la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne dans un communiqué.

    Exclue du point presse parce que noire

    En marge d’une opération d’évacuation d’un immeuble occupé rue Bolivar à Paris, notre collègue journaliste reporter d’images Florice Houngbo s’est vue interdire d’exercer son métier simplement à cause de sa couleur de peau” , écrit la SDJ. “Florice avait été missionnée par notre rédaction pour couvrir l’évènement. Sur place, tous nos confrères sans exception avaient été autorisés à se rendre au point presse. Tous, sauf notre collègue de TF1 : les CRS chargés de filtrer les entrées lui en ont interdit l’accès” , explique le communiqué.

    “Florice a alors demandé des explications. Pas de réponse. Un CRS présent sur place lui demande pour qui elle travaille : elle répond TF1. Celui-ci lui dit alors : Ah bon, depuis quand ils font travailler des Noirs à TF1 !” explique le communiqué, qui insiste sur le fait qu’ “A aucun moment elle ne s’est montrée agressive ou hautaine à l’encontre des policiers. Elle s’est clairement identifiée, montrant son badge professionnel”

    Pour la SDJ, la journaliste, qui est “profondément choquée” , “a pris la bonne décision : pour ne pas envenimer les choses, elle n’a pas répondu et a malgré tout tenté de faire son travail”.

    (...)

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