Une tribune pour les luttes

altercalendrier 2005

source Politis

Article mis en ligne le lundi 10 janvier 2005


Le 19 mars à Bruxelles il y aura trois initiatives liées :

- premièrement, il y a un cortège de jeunes contre le chômage (initié par les jeunes des deux grands syndicats),
- deuxièmement, il y a une manif syndicale (avec la participation d’organisations altermondialistes aussi), organisée par la CES ’pour une Europe sociale’, et
- troisièmement, suite à l’appel du mouvement anti-guerre américain, il y aura une manif contre la guerre et contre l’occupation de la Palestine et de l’Irak, pour une autre Europe dans un autre monde.

Ces trois cortèges partiront d’endroits différents, mais fusionneront très vite dans une grande manif. A la fin il y aura une fête avec des performances de musique etc. Surtout pour la manif syndicale, on prévoit des dizaines de milliers de personnes.

La coordination de toutes ces initiatives est organisée par le forum social de Belgique. Peut-être qu’il y aura d’autres initiatives, mais pour le moment il n’y a que ça de connu.


L’altercalendrier 2005 (Politis)

De Porto Alegre à Hong-Kong, de l’Europe aux États-Unis, les « alters » se sont préparé une riche année nouvelle.

Voici les grands rendez-vous des mouvements sociaux et des organisations écologistes, syndicales, de solidarité
internationale et de défense des droits de l’homme.

Verra-ton un retour des contestations et des luttes en 2005 ? L’agenda bien fourni des altermondialistes
le laisse penser. Ils auront à coeur de réitérer ce qui, dès 1999, a entraîné à Seattle l’échec des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le mouvement de Seattle, un des moments fondateurs de la contestation contre la mondialisation libérale, avait pris une ampleur telle que les organisateurs du sommet avaient été totalement débordés.

En 2005, l’enjeu est d’empêcher un accord de libéralisation totale du commerce, coupé des règles sociales, environnementales, politiques et culturelles, lors d’une conférence ministérielle qui doit se tenir à Hong-Kong en décembre.

L’autre grand événement est le soixantième anniversaire de l’Organisation des Nations unies. Il coïncidera avec le bilan d’étape des engagements de l’ONU pour lutter contre la pauvreté et les inégalités. Lors du Sommet du millénaire en 2000, à New York, les États membres de l’ONU ont pris des engagements en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités en adoptant huit « objectifs du millénaire pour le développement » (OMD).

De l’aveu même de Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, ces objectifs ne seront pas atteints. Ainsi, dès les premiers jours de la nouvelle année, les ONG de solidarité internationale lanceront une « Action mondiale contre la pauvreté » (Global Action against Powerty), intitulée en France : « 2005 : plus d’excuses ! » (www.2005plusdexcuses.org).

Plus d’une centaine d’organisations internationales organisent cette campagne mondiale dont Oxfam International, Social Watch, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et, en France, Coordination SUD, le Crid, Agir ici, le CCFD et le Secours catholique. L’ensemble des organisations de solidarité, syndicats et mouvements altermondialistes soutient cette initiative, qui s’est fixé deux grands rendez-vous : la réunion du G8 en Écosse et le sommet des Nations unies.

D’autres événements majeurs figurent dans le calendrier d’action des alters.

En voici une liste non exhaustive.

- 26 au 31 janvier

Retour à Porto Alegre

Bouillon de culture contestataire, le Forum social mondial (FSM) retrouvera la ville brésilienne de Porto Alegre pour sa cinquième édition. Lieu du premier FSM en 2001, saura-t-elle donner un nouveau souffle au grand « mouvement social » mondial contre la globalisation néolibérale ? Le conseil international du Forum poursuivra en tout cas l’expérience indienne du Forum de Mumbaï (Bombay), en 2004, en pariant sur un processus de mobilisation plus large, « plus participatif et plus démocratique, et une nouvelle proposition méthodologique qui permette de faire remonter les luttes, questions, propositions ou défis au niveau mondial ».

Le FSM sera organisé en onze « espaces thématiques », abordant notamment la défense des « biens communs de la Terre et des peuples, comme alternative à la marchandisation et au contrôle des multinationales », la paix, la démilitarisation et la lutte contre la guerre, le libre-échange et la dette. Il s’est imposé quatre axes thématiques transversaux qui devront faire partie de tous les débats :

  • « L’émancipation sociale et la dimension politique des luttes »,
  • « La lutte contre le capitalisme patriarcal »,
  • « La lutte contre le racisme »,
  • « Les questions de genre ».

Rens. : www.forumsocialmundial.org.br

- 26 au 30 janvier

Davos sous surveillance

Le Forum social mondial (FSM) de Porto Alegre avait été créé en parallèle du Forum économique mondial (FEM), pour porter la voix des opposants au néolibéralisme dominant. Chaque année, les élites transnationales les plus influentes de la planète se donnent rendez-vous à Davos (Suisse) pour des négociations commerciales officieuses orientant à leur convenance la mondialisation économique.

Les altermondialistes suisses organiseront pour la sixième année consécutive une initiative « The Public Eye on Davos », coordonnée par la Déclaration de Berne (DB), une ONG qui rassemble 19 000 militants et défend la cause des pays en développement. Le « Public Eye » surveillera de près, les 26 et 27 janvier, les activités de la réunion annuelle du FEM, et organisera des actions contre les politiques néolibérales qu’elle promeut. Pour la première fois, le « Public Eye » a choisi de décerner des « prix » aux entreprises les plus irresponsables en matière sociale et écologique, les « Public Eye Awards ». La petite station de ski sera aussi étroitement surveillée. Près de 6 500 militaires et
professionnels de la sécurité feront barrage aux antimilitaristes suisses qui ont appelé les soldats à refuser de servir aux côtés de la police pendant le FEM.

Rens. : www.evb.ch

- 17 au 20 mars

Forum de l’eau à Genève

Le premier Forum alternatif mondial de l’eau, organisé en 2003, avait réuni plus de 1 800 participants à Florence (Italie).

Le deuxième se réunira à Genève, quelques jours avant la Journée mondiale de l’eau (le 22 mars). Le forum rassemble des associations et des mouvements du Nord et du Sud, qui ont énoncé quatre principes fondateurs d’un service public de l’eau dans un « comité international composé des membres du Contrat mondial de l’eau et de la Coalition mondiale contre la privatisation de l’eau ».

Le premier de ces principes considère que « l’accès à l’eau en quantité et de qualité suffisantes à la vie doit être reconnu comme un droit constitutionnel humain et social, universel, indivisible et imprescriptible ». Selon le rapport 2003 des Nations unies sur les ressources en eau, 1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde et 2,4 milliards sont privées d’installations sanitaires élémentaires. Le forum devrait lancer l’idée d’un « contrat, d’une convention ou de tout autre instrument juridique qui élève explicitement et formellement l’accès à l’eau potable au rang de droit de l’homme et des générations futures, et de bien commun de l’humanité ».

Rens. : www.fame2005.org

- 19 mars

L’Europe sociale à Bruxelles

Les mouvements syndicaux, sociaux et altermondialistes se retrouvent dans une manifestation européenne à Bruxelles avant l’anniversaire du début de la guerre en Irak (le 20 mars) et le Conseil européen de Bruxelles (22 et 23 mars).

Lors du Forum social européen de Londres, l’assemblée des mouvements sociaux a lancé un appel « contre la guerre et le racisme, contre l’Europe néolibérale, contre les privatisations, contre le projet de directive Bolkestein et les attaques contre le temps de travail, pour une Europe des droits et de la solidarité entre les peuples ».

Le Conseil européen de Bruxelles aura à son ordre du jour l’évaluation et la relance de la « Stratégie de Lisbonne », dont l’ambition est de faire de l’Union « la zone économique la plus compétitive du monde ». Un rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie de Lisbonne a été présenté par le social-démocrate Wim Kok, ancien Premier ministre néerlandais. Ses propositions abandonnent toute ambition sociale et environnementale. Elles retiennent comme action prioritaire, d’ici à la fin 2005, le développement du marché intérieur des services en soutenant la très libérale directive Bolkestein. Les grandes organisations syndicales de la Confédération européenne des syndicats (CES)
manifesteront le même jour à Bruxelles pour « plus d’emplois et de meilleurs emplois, pour la sécurité des travailleurs face aux délocalisations et contre la directive sur les services ».

Rens. : www.solidaires.org, www.euromarches.org, www.cgt.fr, www.etuc.org

- 16 au 19 juin

La Méditerranée à Barcelone

Après une longue mise en chantier et un report, le premier et très attendu Forum social Méditerranée est finalement programmé, à Barcelone. Le « Fsmed » s’est choisi pour thème : « La Méditerranée : une mer de droits », et a retenu sept axes :

  • Démocratie, citoyenneté, droits de l’homme et droits de la femme ;
  • Conflits, occupations militaires, militarisme et paix ;
  • Droits économiques, sociaux et culturels et modèles de développement, travail et conflits ;
  • Migrations ;
  • Diversité culturelle et dialogue interculturel ;
  • Modèles de développement et durabilité de l’environnement ;
  • Femme et Méditerranée.

Rens. : www.fsmed.info

- 6 au 8 juillet

Anti-G8 en Écosse

Lors du dernier sommet franco-britannique, Tony Blair a déclaré que le changement climatique et l’Afrique seront les deux priorités du prochain sommet du G8, qui se tiendra à Gleneagles (Écosse) du 6 au 8 juillet 2005. Mais le G8 consacrera aussi ses réunions à une « conclusion ambitieuse et équilibrée » du programme de développement de Doha, dont les négociations doivent s’achever cette année au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le G8 réunit chaque année, à huis clos, les sept pays les plus riches du monde avec la Russie. Il a pour fonction d’assurer une coordination des politiques économiques et des politiques en général. La volonté d’accélérer les négociations de l’OMC y est constamment réaffirmée. Celui-ci suscitera des manifestations importantes contre lui, notamment de la part des organisations écologistes. La conférence européenne d’Action mondiale des peuples, qui s’est réunie en juillet 2004, a appelé à une journée globale d’action le 6 juillet 2005, jour de l’ouverture du sommet.

Quelques jours avant, le 1er juillet, une « Journée du bandeau blanc » sera organisée par plus d’une centaine d’ONG de solidarité internationale. De son côté, le réseau Dissent ! en Grande-Bretagne (www.dissent.org.uk) coordonne les initiatives anti-G8 et appelle à interrompre le sommet et à organiser des actions simultanées partout dans le monde.

Un appel devrait être publié sur les sites www.agp.org ou www.agirici.org, www.crid.asso.fr, www.pgaconference.org.

- Juillet-août

Greenpeace contre le nucléaire

Greenpeace a décidé de faire du vingtième anniversaire de l’attentat du Rainbow Warrior, le 10 juillet 1985, une journée de sensibilisation aux questions du désarmement nucléaire et du terrorisme d’État.

L’organisation écologiste dénoncera un mouvement de pénalisation de la vie citoyenne. Fin juillet 2005, les militants écologistes se mobiliseront pour dénoncer
l’enfouissement des déchets radioactifs à Bures (Meuse).

D’autre part, Greenpeace a prévu une campagne contre la
prolifération nucléaire à l’occasion du soixantième anniversaire des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 2005.

Rens. : www.greenpeace.fr

- 14 septembre

L’ONU et la pauvreté

Ce jour sera historique, pas seulement parce qu’il s’agira du sommet d’ouverture de la 60e assemblée générale des Nations unies. Les États membres y discuteront des recommandations en vue de réformer l’organisation présidée par Kofi Annan.

Le rapport d’un groupe d’experts de haut niveau sur les menaces, les défis et les changements nécessaires a été présenté en décembre 2004. Ce groupe de travail a élaboré 101 propositions de réformes, dont celle du Conseil de sécurité des Nations unies, en proposant un élargissement à 24 membres au lieu des 15 actuels. Sur la base de ce rapport, Kofi Annan prévoit de soumettre ses propres recommandations au début de l’année 2005.

La réforme du Conseil de sécurité nécessite une modification de la Charte des Nations unies, qui ne peut être adoptée qu’à la majorité des deux tiers des 191 États membres. Mais, pour l’instant, il n’existe pas encore de consensus entre les membres pour un plan de révision de la Charte. Le processus est complexe, puisque la décision doit être ensuite ratifiée par les instances constitutionnelles compétentes de chaque État, également à la majorité des deux tiers de tous les États
membres des Nations unies, dont la totalité des membres permanents du Conseil de sécurité.

À cette occasion, une « Action mondiale contre la pauvreté », qui a le soutien des mouvements altermondialistes, rappellera aux États membres qu’ils ont pris des engagements en matière de lutte contre la pauvreté et les inégalités en adoptant,en 2000, huit « objectifs du millénaire pour le développement », qui ne sont toujours pas atteints. Plus d’une centaine d’ONG de solidarité internationale ont prévu une « Journée du bandeau blanc II » pour « pousser les États donateurs à s’engager concrètement ».

Rens. : www.agirici.org, www.2005plusdexcuses.org

- 26 et 27 septembre

Annuler la dette

Les assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, les 26 et 27 septembre 2005 à Washington, seront la cible des organisations pour l’annulation de la dette des pays pauvres. En 1999, à la suite de la campagne « Annulons la dette » menée par Jubilee 2000, les pays riches avaient déjà promis d’annuler 110 milliards de dollars de dette. Une initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) avait été relancée. Pour l’instant, le
constat est amer : moins de 36 milliards de dollars de dette ont été annulés, et au moins 11 pays bénéficiant de l’initiative PPTE (dont le Ghana, le Malawi, l’Ouganda et la Zambie) continuent de dépenser plus pour le remboursement de leur dette que pour les services de base.

En France, une campagne « Banque mondiale-FMI : petits arrangements entre amis » a été lancée en 2004 par Agir Ici, l’Aitec et le Crid, en partenariat avec les Amis de la Terre, Attac, le CADTM et le CCFD. Elle a reçu le soutien de 26 associations et de quatre syndicats, et elle demande d’augmenter les voix et la représentation des pays du Sud au sein des institutions financières internationales.

Rens. :
www.agirici.org, _ www.globenet.org, _ www.crid.asso.fr

- 13 au 18 décembre

L’OMC à Hong-Kong

Pour clore cette année 2005, un événement majeur mobilisera les altermondialistes de la planète. La 7e conférence ministérielle de l’OMC, à Hong-Kong (Chine), du 13 au 18 décembre 2005, devrait achever un cycle de négociations lancé en novembre 2001 à Doha, au Qatar.

Cet « agenda de Doha pour le développement » a connu un échec provoqué par l’intransigeance occidentale lors de la conférence ministérielle de Cancún (Mexique) en 2003. En juillet 2004, les pays riches membres de l’OMC sont parvenus à relancer le cycle de Doha dans un accord-cadre conclu à Genève. Il couvre un grand nombre de dossiers, entre autres l’agriculture, le coton, l’accès au marché pour les produits non-agricoles, le développement (principes généraux, les traitements spéciaux et non-différenciés), les services. Ce dernier point concerne l’Accord général sur le commerce des
services (AGCS), pour lequel les pays seront contraints de présenter une liste de services à libéraliser. En mai 2005, une évaluation des offres de libéralisation devrait être faite.

Rens. : www.urfig.org

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