Une tribune pour les luttes

Collectif mal logés en colère

Logement : une Tour pour le Ministère, toujours la rue pour les mal-logés.

Article mis en ligne le samedi 19 janvier 2013

Jeudi, 17 janvier 2013

Ce sont au moins cent cinquante policiers dont les quinze cars bordaient l’avenue Georges V qui ont évacué aujourd’hui les 60 mal logés qui occupaient le siège de Tishman Speyer, un grand investisseur dans l’immobilier de bureaux.

Investisseur décidément choyé par l’Etat, puisque le Ministère de l’Ecologie et celui du Logement viennent de lui ôter une grosse épine du pied concernant la tour de la Défense dont il était propriétaire : celle-ci allait rester vide suite au déménagement de SFR, qui s’en va à Saint Denis où les prix sont beaucoup moins chers. Or la location de bureaux à la Défense à baissé de 32% en 2012, et les promoteurs peinent à trouver preneur pour des bureaux qui sont de plus en plus nombreux à être vides, au vu de leur loyer.

Qu’à cela ne tienne, si Cecile Duflot n’a pas le budget pour assurer le logement et l’hébergement des mal-logés, si un appelant sur deux au SAMU Social ne se voit proposer aucune solution, si l’Etat en est à vendre une trentaine de bâtiments au privé cette année, il y a toujours des fonds pour des projets inutiles et coûteux comme la location d’une tour dans le quartier d’affaires le plus cher de la petite couronne.

Embarrassés, les directeurs généraux de Tishman et Speyer ont reconnu « ne pas réaliser une mauvaise affaire »... On s’en doute, car le coût de l’opération, 540 millions d’euros, est supérieur à l’ensemble des aides à la pierre consenties par l’Etat pour la construction de nouveaux logements dans le budget de cette année ( 500 millions d’euros).

Alors que va s’ouvrir la deuxième partie de la Conférence contre la Pauvreté la semaine prochaine, les mal-logés en lutte ont voulu mettre en lumière les mensonges sur le « budget contraint » qui justifient notamment l’inaction contre le mal-logement, et une politique, qui pour le moment se réduit à des mesurettes très médiatisées.

Le mépris de Cecile Duflot, dont le cabinet a opposé une fin de non-recevoir à la médiation tentée par l’investisseur immobilier pour donner un rendez-vous à notre collectif, comme l’évacuation policière qui a suivi ne font que renforcer notre détermination : la répression contre les mal-logés en lutte est bien le signe que pas grand chose ne sera fait contre le mal-logement sans mobilisation des premiers concernés.

LE LOGEMENT C’EST MAINTENANT

Le communiqué diffusé sur place

Logement : une Tour pour le Ministère,

Toujours la rue pour les mal-logés !

Le SAMU social et la FNARS l’ont annoncé en début de semaine : en plein cœur de l’hiver, alors que le nombre de places d’hébergement est censé être à son maximum, un appel sur deux ne débouche sur aucune solution. On continue à mourir dans la rue.

Pourtant le Ministère de l’Ecologie et celui du Logement viennent d’engager fin décembre plus de 500 millions d’euros dans la prise en location d’une tour de 53 000 carrés dans les Hauts de Seine , en petite couronne, là où l’on manque cruellement de logements sociaux.

Mais cet investissement, dont la somme correspond à celle de l’aide à la construction de logements sociaux accordée par l’Etat dans le budget 2013 n’a pas pour but de loger où même d’héberger des mal-logés.

Il est destiné à payer le déménagement et l’installation en tant que locataires des administrations des Ministères de l’Ecologie et du Logement dans la Tour Séquoia , propriété d’un investisseur mondial de l’immobilier de bureaux , Tishman Speyer, à qui les mal-logés rendent visite aujourd’hui à son siège de l’avenue Georges V, sur les Champs Elysées.

Assez de cadeaux aux promoteurs de bureaux !

Lorsqu’on consulte le site de France Domaine, on s’aperçoit que pas moins de trente propriétés de l’Etat à Paris ont été vendues au privé en 2012, la plupart abritant précédemment des Ministères et des administrations, et étant désormais rachetées par des investisseurs privés. Et maintenant, de l’argent va être dépensé et versé à ces mêmes investisseurs pour leur louer des surfaces à prix d’or ? Et ce alors que l’Etat reconnaît lui-même avoir un certain nombre de surfaces inoccupées ?

A propos de son plan d’urgence pour l’hébergement, Cecile Duflot affirmait en octobre qu’il y avait certes des « besoins immenses » , mais que la situation budgétaire était « extrêmement contrainte »...Pas tant que ça manifestement, puisque l’on peut débloquer 540 millions d’euros pour déménager deux Ministères, dont personne n’avait remarqué qu’ils étaient jusque là abrités dans des taudis intenables et surpeuplés.

Soutenir les profits des investisseurs de l’immobilier de bureau est-il une priorité en pleine crise du logement ?

Concernant les tours de la Défense il est important de noter qu’un tiers des surfaces y était déjà vide en 2005, et en 2012, la location de bureaux y avait diminué de 32% en un an ( source Boursorama 4/12/2012). Les entreprises s’en vont, car les loyers y sont très supérieurs à ceux d’autres quartiers d’affaires et les transports sont saturés ( le déménagement ne sera donc pas une chance pour les salariés des Ministères concernés) : ainsi sans l’offre de l’Etat, Tishman Spyer aurait-il très probablement peiné à trouver des remplaçants à son locataire actuel SFR qui part à Saint-Denis.

Nos Ministres du Logement et de l’Ecologie sont décidément très sensibles à la détresse des grands propriétaires de bureaux difficiles à louer, au point d’aller leur verser des loyers sensiblement supérieurs à la moyenne francilienne, et de dépenser des centaines de millions d’euros pour un déménagement quand dans le même temps, on prétexte la situation de crise pour ne pas répondre aux besoins les plus urgents en logement de millions de mal-logés.

C’est ce choix politique que nous sommes venu mettre en lumière et dénoncer au siège de Tishman Spyer. Nous espérons que leurs dirigeants viendront également nous expliquer par quels moyens ils ont réussi à toucher la corde sensible de nos politiques, quand nous autres mal-logés leur indifférons totalement.

http://www.dailymotion.com/video/xw...


jeudi, 10 janvier 2013

Cecile Duflot annule un déjeuner avec des investisseurs immobiliers et fait évacuer les mal-logés présents

En 2010, Benoist Apparu, ministre du Logement avait annulé un déjeuner avec des investisseurs immobiliers en raison de la présence d’une centaine de mal-logés venus l’interpeller au restaurant de prestige, le Carré des Feuillants, dans le 1er arrondissement .

Le changement, ce n’est pas maintenant, en tout cas pas vis à vis des mal-logés en lutte qui ont des questions de fond à poser à leur Ministre : Cecile Duflot, qui avait choisi de rencontrer les mêmes investisseurs immobiliers dans le même restaurant gastronomique a également annulé sa venue au Carré des Feuillants en apprenant que les mal-logés l’attendaient devant la porte. Elle n’a pas hésité à nous laisser en face à face avec les forces de l’ordre qui nous ont évacué de l’entrée du restaurant.

Sans doute les problèmes de fond que nous souhaitions aborder avec elle, sur sa politique, lui ont-ils coupé l’appétit.

Mais les mal-logés ne sont pas seulement là pour faire de la figuration muette lors des visites médiatiques de Mme Duflot dans des hébergements d’urgence.

Mais les mal-logés ne peuvent se contenter de déclarations de bonnes intentions : nous en avons eu tout l’automne sur des réquisitions qui devaient intervenir au plus tard en décembre et qu’on nous annonce maintenant en avril. Nous en avons eu au début de l’hiver, quand il était assuré que personne ne serait à la rue, or des personnes sont mortes dans la rue encore ces derniers jours.

Dès septembre, le Ministère avait fièrement produit à la presse une liste de terrains publics qui allaient être cédés pour faire du logement social : or , rien que sur la liste francilienne, un tiers des adresses sont actuellement occupées par des services de l’Etat, qu’il s’agisse de bâtiments du Ministère de la Défense ou du Ministère des Droits de la Femme, ou alors il s’agit de monuments historiques comme la Halle Freyssinet.

Dès septembre , on nous avait promis des « super PLA-I « adaptés aux ressources des demandeurs de logement : or, pour le moment, même le nombre de PLA-I programmés dans les nouvelles constructions n’a pas été revu à la hausse, et tous les acteurs du logement s’accordent à dire que l’engagement de 150 000 logements ne peut-être tenu dans les conditions actuelles.

On nous annonçait des réformes fiscales destinées à décourager la spéculation sur les terrains à bâtir en taxant les plus values effectuées sur les ventes, sauf lorsqu’il s’agissait de vendre pour faire du logement social : l’amendement en question a été retoqué par le Conseil Constitutionnel et aucune mesure alternative n’est programmée.

Alors, non les mal-logés ne se contenteront pas de mesurettes prises en grande pompe, de quelques réquisitions, de rallonges budgétaires pour l’hébergement d’urgence quand c’est de logements dont les gens ont besoin.

C’est ce que nous étions venus dire à Mme Duflot : nous sommes désolés que notre détermination lui coupe l’appétit comme elle l’avait coupé à son prédécesseur qu’elle critiquait tant.

Mais nous voulons des actes, une vraie politique de logement social répondant à la demande des millions de mal-logés de ce pays et nous continuerons à aller à la rencontre de notre Ministre pour l’exiger.

UN LOGEMENT POUR TOUS MAINTENANT

Pour la "petite" histoire, si les mal logés n’ont pas vu Cecile Duflot, ils ont croisé Claude Guéant à l’entrée du restaurant ( voir la vidéo) : manifestement, il n’y pas de désaccord fondamental sur la gastronomie de prestige entre le nouveau gouvernement et l’ancien

http://www.dailymotion.com/video/xw...
Par HLMPOURTOUS
10 janvier 2013 : Cécile Duflot qui devait venir déjeuner avec des investisseurs immobiliers dans un prestigieux restaurant parisien ("le carré des feuillants) annule son repas pour éviter les mal-logés venus à sa rencontre. Encerclé par de nombreux policiers, le Collectif des mal-logés en Colère sera finalement évacué (en présence de l’ancien ministre Claude Guéant)


7 janvier 2012

2 ans jour pour jour après l’inauguration de la réquisition de l’avenue
Matignon, 6 ans après la réquisition de la rue de la Banque, Jeudi-Noir et
le DAL ont encore frappé !

Espérons que cette réquisition permettra d’accélérer les procédures de
réquisition, et mettra un nouveau coup de projecteur sur la crise du
logement et les politiques publiques nécessaires (cf communiqué
ci-dessous) ;

En attendant, ce sont plus de 60 personnes ballottées d’hôtels en hôtels, de
canapés de potes en logements insalubres qui trouveront refuge et répit dans
ce super bâtiment chauffé avec moquette, eau chaude, cour intérieure et tout
le toutim’ ;

http://www.onfaitcommeonadit.com/20...


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