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Agissons pour la paix et la démocratie en BIRMANIE

Lettre ouverte à François Hollande à la veille de la visite en France du Président birman Thein Sein
+ Communiqué d’Info Birmanie - le 11 juillet 2013.

des associations CCFD-Terre Solidaire, Info Birmanie, la FIDH, le Secours catholique, Avaaz et Reporters sans Frontières

Article mis en ligne le mercredi 17 juillet 2013

Publié le 15 juillet 2013

Monsieur le président,

A la veille de la visite officielle du président birman Thein Sein, les 17 et 18 juillet 2013, au cours de laquelle vous aurez un entretien en tête à tête, le CCFD-Terre Solidaire, Info Birmanie, la FIDH, le Secours catholique, Avaaz et Reporters sans Frontières vous appellent à ne pas passer sous silence la situation des droits humains, notamment les violences dont est victime la minorité Rohingya.

Lors de la venue d’Aung San Suu Kyi à Paris, en juin 2012, vous avez déclaré que « la France, avec l’Europe, fera toutes les pressions nécessaires, mais aussi les accompagnements (…) pour que le processus (de réformes) aille jusqu’à son terme, c’est-à-dire la démocratie pleine et entière (…) des élections libres, (...) des libertés politiques, des libertés syndicales, (...) la possibilité pour les minorités d’être respectées, (...) la fin des régimes d’exception ».

Depuis 2011, les autorités birmanes mènent en effet un programme de réformes mais celles-ci restent largement insuffisantes. Le gouvernement est toujours contrôlé par les militaires et la majorité des lois répressives mises en place par la junte ces dernières années n’a pas été abrogée. Pire encore, les représentants du gouvernement et les forces de sécurité continuent de participer directement à de graves violations des droits humains.

Votre rencontre avec le président Thein Sein portera en grande partie sur les investissements français en Birmanie. Depuis que l’Union européenne a assoupli les sanctions économiques contre la Birmanie, en avril 2012, le pays est au centre d’un intérêt grandissant des investisseurs étrangers.
La France ne doit pas se laisser guider uniquement par ses intérêts économiques, alors que de grandes entreprises françaises, comme Vinci, Bouygues, Total et Orange sont en train de négocier des contrats en Birmanie. Elle doit, dans un premier temps, s’assurer que les droits humains figurent bien au cœur du processus de réformes en cours dans le pays.

La France, avec les membres de l’Union européenne, se doit d’exiger du gouvernement birman qu’il respecte ses engagements et fasse cesser les violences et discriminations contre les musulmans et plus particulièrement les Rohingyas, une minorité musulmane particulièrement maltraitée en Birmanie. Les campagnes militaires et d’incitation à la haine contre les groupes ethniques doivent également cesser et l’accès humanitaire dans l’Etat Kachin, où des dizaines de milliers de populations déplacées vivent dans des conditions désastreuses, doit être garanti. La liberté de l’information et de la presse dans la couverture des conflits en Arakan et des Rohingyas sont cruciales afin d’empêcher que les violences ne se poursuivent à huis clos.

En outre, nous attendons de votre rencontre avec le président birman que vous l’encouragiez à mettre en place un calendrier détaillé de réformes en vue des élections de 2015. Il est indispensable que la France rappelle son attachement à une réforme en profondeur du système judiciaire, afin de le rendre conforme aux normes internationales. Le président Thein Sein doit également entendre que la libération de tous les prisonniers politiques y compris ceux arrêtés depuis son arrivée à la présidence en 2011, est un préalable à la reprise de relations normalisées avec son pays.

Si ce n’était pas le cas, la France récompenserait un régime qui ne tient pas toutes ses promesses et lui enverrait un message lui indiquant qu’il peut continuer d’ignorer les demandes de la communauté internationale et de violer le droit international en toute impunité.
Sans réformes institutionnelles, législatives et constitutionnelles, la Birmanie ne peut être une société libre et démocratique, et sans accord politique avec les groupes ethniques, la Birmanie ne connaîtra jamais la paix.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président, de faire entendre la voix de la France sur le respect des droits humains et de la sécurité des populations en Birmanie.

En vous remerciant par avance de l’attention portée à notre démarche et en vous assurant de l’expression de notre haute considération.

Karim Lahidji, président de la FIDH
Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire
Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières
François Soulage, Président du Secours Catholique – Caritas France
Mathieu Flammarion, Président d’Info Birmanie
Alex Wilks, directeur de campagnes, Avaaz.

Agissons pour la paix et la démocratie en BIRMANIE

Info Birmanie
84, quai de Jemmapes - 75010 Paris
Tél 07 62 80 61 33 - Email infobirmanie chez gmail.com - http://www.info-birmanie.org/

Violations des droits de l’homme commises sous la présidence de Thein Sein
Rapport d’info Birmanie- Juillet2013

http://www.info-birmanie.org/web/images/stories/Violations_des_droits_de_lhomme_en_Birmanie_rapport_juillet_2013.pdf


Dans le cadre de la prochaine visite du Président birman en France, Info Birmanie publie un nouveau rapport sur "les violations des droits de l’homme perpétrées en Birmanie sous la présidence de Thein Sein"

Communiqué d’Info Birmanie - le 11 juillet 2013

Veuillez trouver ci-joint un rapport sur les violations des droits de l’homme perpétrées en Birmanie sous la présidence de Thein Sein

Vous trouverez également le rapport sur notre site web, en cliquantici !

Thein Sein, le Président de la Birmanie, sera en visite officielle en France les 17 et 18 juillet. Salué comme un réformateur, il sera reçu avec tous les honneurs par le gouvernement français.

Cependant, en arrivant en France, Thein Sein laissera derrière lui un pays qui connaît l’un des pires bilans au monde en matière de droits de l’homme. Si les libertés civiles ont incontestablemeent le processus de réforme reste fragile et incertain.

Deux ans l’arrivée au pouvoir de Thein Sein, l’aggravation de la situation des droits de l’homme, l’absence de dialogue politique et de réformes favorisant la démocratie, devraient suffire à sonner l’alarme !

La France a toujours affirmé que le gouvernement devait être jugé selon ses actions, et non pas selon ses discours. Ce n’est apparemment plus le cas. Plutôt que de récompenser le président Thein Sein et faire comme si tout allait bien en Birmanie, la France devrait trouver un équilibre prudent entre encouragement et pression.

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