Une tribune pour les luttes

Sans-abris à Marseille ...

Conférence de presse du vendredi 2 août 2013 et communiqué de la vingtaine d’organisations marseillaises y appelant.

+ Revue de presse

Article mis en ligne le samedi 3 août 2013


France info, la Marseillaise, La Provence, Marsactu, Mille Bâbords, Radio Galère,
au moins, étaient présents et un bon nombre de représentants d’associations et organisations politiques.

Les représentants des organisations qui invitaient à la Conférence de presse ont chacun à leur manière et avec leur sensibilité exprimé leur colère devant une situation absurde qui condamne des êtres humains, et entre autres ceux qui avaient enfin trouvé dans le bâtiment réquisitionné du 91 Plombière un répit dans leurs errances forcées, à se retrouver à nouveau à la rue, cette fois plus dans les intempéries d’hiver mais sous le soleil accablant de l’été.

La mairie a fait couper l’eau d’arrosage des pelouses pour que les roms ne puissent pas bénéficier d’un peu de fraîcheur par presque 40 degrés préférant la mort des plantes à la survie des roms... dans quel monde vivons nous...

Cliquez sur la vignette pour l’agrandir

Les Rroms expulsés du 91 (voir articles24115, 24131) qui n’étaient pas partis travailler sont là, sans abri maintenant, les paquets renfermement toute leurs possessions prêts en cas de besoin

Certains se rassemblent avec les représentants des associations pour la conférence de presse

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Quelques intervenants (Tous ceux qui le voulaient ont pu s’y exprimer et les journalistes ont posé beaucoup de questions ) :

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Jean-Marc Brémond pour le Comité de Solidarité avec les Rroms

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Jen-Pierre Cavalier pour la Cimade

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Salva Condro pour la Ligue des Droits de l’Homme

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Patrick Cher, Emmaüs Saint-Marcel

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Jean-Marc Coppola, vice président du Conseil Régional PACA (Front de Gauche)

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Bernard Mounier, Eau Bien Commun Paca

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Un représentant des familles répercutant de son mieux en français ce qu’elles lui disaient de leurs tristes conditions de vie et de leurs espoirs d’un logement et que les enfants puissent continuer d’aller à l’école à la rentrée.

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Framboise qui connaît les familles depuis tant d’années

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Matthieu, du collectif d’occupation du 91

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Le Père Paul Daniel,en charge de la paroisse de la Belle de mai

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La Provence (avec une vidéo)
Marseille : le nouveau parc de l’errance des roms

Jean-Jacques Fiorito
Publié le samedi 03 août 2013
http://www.laprovence.com/article/actualites/2474938/marseille-le-nouveau-parc-de-lerrance-des-roms.html

Après la pelouse de la porte d’Aix, elle se retrouve parc Rathery (3e)

Hier, les associations ont dénoncé les conditions de vie des Roms, sous leurs regards. Expulsés d’une caserne de Plombières, ces derniers se retrouvent dans un parc public.

Un parc public squatté. Voilà qui doit évoquer de bien tristes souvenirs aux associations qui suivent l’errance des Roms. En 2011, sous les caméras de la France entière, la police faisait évacuer la pelouse de la porte d’Aix. Depuis, les Roms ont déserté le centre-ville. Aujourd’hui, c’est un autre parc, le square Rathery (3e) à l’entrée de l’autoroute nord, qui sert de campement à la communauté rom venue s’y réfugier après avoir été expulsée de la "caserne Cardot", au 91, boulevard Plombières, à Marseille.

Hier matin, l’élu communiste Jean-Marc Coppola, entouré des membres du "Collectif de solidarité avec les Roms", est venu dénoncer, une fois de plus, la politique du gouvernement : "Il y a un paradoxe entre ce qu’on entend actuellement, c’est-à-dire les recommandations concernant la canicule, et la situation des femmes et des enfants qui, ici, n’ont pas d’eau (...). Et qu’on ne me dise pas que le gouvernement ne peut pas s’occuper des 2 500 Roms de la région (...) Il piétine les droits de l’homme. Le changement de président n’a rien amené."

"C’est une véritable honte pour Marseille"

Du groupe de Roms expulsés de Plombières, quelques femmes et enfants ont été logés à l’hôtel. Les ferrailleurs seraient partis s’installer autour de Marseille. Seuls les chiffonniers, ceux qui "vivent" des poubelles, occuperaient le square Rathery. Jean-Marc Brémond, du collectif, insistait : "Il reste une soixantaine de personnes ici sans accès à l’eau, sans pouvoir bénéficier du strict nécessaire pour éviter les problèmes d’hygiène." A la Ligue des droits de l’homme, on était beaucoup plus cinglant : "Il y a aujourd’hui 28 sites de Roms dans la ville. C’est une véritable honte pour Marseille. Elle propose en 2013 une année de culture et d’ouverture mais ici c’est la fermeture totale."

Quel avenir pour ce groupe de Roms ? Pour l’heure, c’est l’impasse. Mais la situation pourrait s’aggraver à Marseille. Car, après l’expulsion de Plombières, c’est celle de la Capelette qui se prépare. Autrement dit, on va évacuer le plus grand camp de Marseille. 400 Roms dans la nature.

— -

Marsactu :
Roms de Plombières : retour à zéro avec la quête de l’eau

Par Clémentine Vaysse, le 2 août 2013
http://www.marsactu.fr/societe/roms-de-plombieres-retour-a-zero-avec-la-quete-de-leau-31809.html

Visible vu du ciel mais pas en passant, le petit square circulaire Lionel Rathery semble se cacher du reste du monde, comme pour oublier le brouahaha des voitures qui le longent à haute vitesse. Coincé entre le Boulevard de Plombières (14e arrondissement) et l’autoroute, on y accède par un sombre et bas tunnel. Deux enfants jouent au foot dans la fraîcheur relative de cette ouvrage de béton. Derrière, un groupe d’adultes discutent, assis sous un arbre.

C’est ici, à quelques mètres de leur précédente demeure au n°91 du même boulevard, que s’est installée une cinquantaine de Roms. Le 23 juillet, ils avaient été expulsés des bâtiments qu’ils occupaient depuis huit mois dans les locaux de l’ancienne caserne Cardot dans le cadre d’une "réquisition citoyenne".

Autre été, même scénario

Impossible pour les 180 personnes délogées de s’installer dans le parc comme l’explique Jean-Marc ​Brémond, membre du collectif de solidarité avec les Roms : "A partir du mardi 23 juillet, 120 Roms sont arrivés ici. Mais vu les conditions sanitaires, une partie du groupe est allée s’installer à Frais Vallon sur des terrains en suspens pour les travaux de la L2". Une seule famille du "91" a été placée "en parcours d’insertion" comme le veut la formule de la préfecture.

Emmaüs a fourni une vingtaine de tentes où les familles dorment. Elles n’ont pu quasiment rien emporter de leurs logements précédents. L’image de ce camping sur herbe improvisé rappelle à beaucoup des militants présents pour soutenir les Roms ce qui c’était passé il y a deux ans à la Porte d’Aix. Là-bas non plus aucune installation sanitaire n’avait été aménagée ni accès à l’eau. Or, comme l’explique Jean-Paul Kopp, de l’association Rencontres Tsiganes "en été, l’aspect sanitaire pousse encore plus à l’urgence".

Outre une bouche d’incendie inaccessible à l’entrée, aucun point d’eau n’est disponible au square Lionel Rathery, ce que dénoncent vivement les associations comme Emmaüs qui se bat pour que tout le monde ait accès à l’eau, même les personnes vivant dans la rue. "Ce problème d’accès à de l’eau potable en période de forte chaleur ne concerne pas que les Roms", lance Patrick Cher d’Emmaüs Saint Marcel.

Gazon maudit

Pour demander l’installation d’une arrivée d’eau, les associations tapent à toutes les portes, celles de la société des eaux de Marseille, de la Ville ou de la communauté urbaine. Pour l’instant Emmaüs se charge du soutien logistique sur le site et apporte quotidiennement des packs, ce que fait également le Samu social. A l’heure où le gouvernement mène dans les médias des campagnes de sensibilisation contre la déshydratation en incitant à boire 1,5 litre d’eau par jour, priver des individus d’un accès à l’eau en théorie garantie apparaît à Jean-Marc Coppola, seul élu présent, comme un "paradoxe intolérable".

Mais pour Bernard Mounier, d’Eau Bien Commun, les pouvoirs publics ne se sont pas contentés de ne pas répondre aux demandes. "Vous voyez les pelouses comme elles sont vertes, explique-t-il, nous avons vérifié : les arrosages automatiques qui fonctionnent deux fois par jour ont été coupés depuis que les Roms sont là. On leur retire même la possibilité de se rafraîchir ainsi". En attendant, alors que certains commerçants du coin ont déjà commencé selon les associations à faire part de leur mécontentement, les Roms installés dans ce parc ne savent pas combien de temps ils pourront rester dans ce petit square coupé du quartier mais pas du bruit.

L’eau n’est qu’un des "services essentiels" listés par la Commission nationale consultative des droits de l’homme, avec les "sanitaires, ramassage des ordures, raccordement au réseau électrique" et plus largement la scolarisation et l’accès au marché du travail. Dans un avis rendu jeudi au gouvernement, cette autorité administrative appelle "à la mise en œuvre stricte de la circulaire du 26 août 2012" et notamment à "l’arrêt des évacuations en l’absence de solutions de relogement".


Communiqué

L’expulsion, le 23 juillet dernier, des habitants de l’ex-caserne Cardot à Marseille, a rejeté sur le trottoir 180 personnes, dont de très nombreux enfants. Une partie d’entre eux a trouvé refuge dans un square, au bout du bd de Plombières. Sans point d’eau, sans sanitaires, ils sont de plus constamment harcelés par la police.

La réquisition citoyenne, le 12 novembre 2012, de cette ancienne caserne avait permis à ces personnes pendant neuf mois de vivre à l’abri, d’avoir un foyer, de bénéficier d’un suivi médical pour tous et, enfin, pour les enfants d’aller à l’école dans leur quartier, comme n’importe quel autre écolier, montrant que leur intégration était possible.

Prochainement, d’autres bidonvilles à Marseille devraient être vidés de leurs occupants par la force publique, sans solutions alternatives d’hébergement, et c’est près d’un millier de personnes qui ont repris ou vont reprendre la vie d’errance de la rue, chassées sans répit ! Sur tous ces lieux, à Marseille, à Marignane…, le manque d’eau est catastrophique rendant les misérables conditions de vie matérielles et sanitaires encore aggravées par la canicule.

C’est inacceptable au XXIe siècle, dans la capitale européenne de la « Kulture  », dans le pays dit des droits de l’Homme. C’est inacceptable dans une ville fondée, il y a plus de 2600 ans, par des migrants grecs, et qui, au fil du temps, a su adopter plusieurs vagues migratoires, que ce soient des Piémontais, des Arméniens, des Italiens du Sud, des Maghrébins, des Comoriens, etc., et qui refuse ces migrants européens !

Qu’attendent les responsables politiques et de l’État pour se conformer à la loi qui les oblige à héberger toute personne à la rue et en détresse ? Qu’il y ait des morts ?

C’est pourquoi nous vous invitons à une conférence de presse

Vendredi 2 août 2013 à 11 heures

Square Lionel Rathery
(bd de Plombières [vers entrée autoroute], 13014 - entrée côté tunnel croisement bd de Plombières/traverse de Gibbes)

Nous tenons à rendre publics :

Les dangers que vivent ces personnes. En cette période de canicule, il ne s’agit plus de non-assistance à personne en danger mais d’un véritable crime.

Les mensonges de l’État et la brutalité de sa force publique, qui au lieu de protéger les faibles les harcèle et les jette sur le trottoir.

L’hypocrisie et la manipulation des diagnostics dits « sociaux ».

L’abandon par la Ville et l’État des quartiers les plus pauvres.

La lâcheté de la plupart des élus, toutes tendances confondues, qui, par jeu électoraliste, n’hésitent pas à utiliser le hideux discours du racisme et de l’exclusion.

Notre détermination dans ce combat pour la dignité de chacun et pour l’application pour toute personne du droit à avoir un abri décent.

À l’appel de : Action pour la Vie, Attac, CCFD-Terre Solidaire 13, Cimade, Collectif de Solidarité avec les Rroms-Marseille, Comité de coordination du 91 Plombières, Eau Bien Commun Paca, Emmaüs Saint-Marcel, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, LDH 13, Mille Bâbords, MRAP 13, NPA 13, Pastorale des Migrants, PCF 13, PG 13...

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