Une tribune pour les luttes

A Martigues comme dans tout le département
Assez d’expulsions-évacuations sans solutions alternatives d’hébergement

Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme, R.E.S.F. et CCFD

Article mis en ligne le lundi 23 septembre 2013

Une quarantaine de ROMS, dont une vingtaine d’enfants, occupent une maison abandonnée qui appartient à l’Etat dans le quartier de St. Jean à Martigues.

Le compte rendu du conseil de quartier concerné par cette occupation, publié dans Maritima Flash Info du 13 septembre, et dans La Provence en date du 14 Septembre 2013, laisse entendre qu’une mesure d’expulsion décidée par la sous préfecture est en cours. Il est dit également que l’eau et l’électricité ont été coupées à la demande des autorités préfectorales, mais qu’il y avait encore un point d’eau à leur disposition.

Les ROMS sont des citoyens européens libres de circuler. Aucune expulsion ne doit intervenir sans qu’il y ait de mesures de relogement. C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités et de le faire dans le respect de la dignité humaine.

Mais il faut aussi rappeler ici avec force que d’autres expulsions-évacuations sans solutions alternatives d’hébergement ou de relogement ont déjà été mises en œuvre et sont programmées : Saint-Antoine, l’ancienne caserne Cardot 91 bd de Plombières, les bidonvilles de la Capelette, La Parette, etc. et bien d’autres lieux sur le territoire du département, représentant plus d’un millier d’enfants et d’adultes voués au désespoir de l’errance.

Ces expulsions-évacuation de citoyens européens sont faites au mépris des lois. Rappelons que la France a été condamnée par le Comité Européen des Droits Sociaux (CEDS) pour la quatrième fois, le 21 janvier 2013, pour ses « violations manifestes de droits et d’accès aux droits des populations Roms ».

Les organisations signataires s’insurgent contre cette politique qui revient à traiter des êtres humains comme des « animaux indésirables » que l’on fait déplacer d’un lieu insalubre à un autre pour ne plus voir « la misère ».

Elles demandent aux collectivités locales, aux représentants de l’Etat, l’application pour tous, de tous les droits, individuels, économiques, sociaux et culturels, notamment des populations Roms en trouvant rapidement des solutions alternatives aux expulsions des lieux de survie.

Elles dénoncent la politique de bouc-émissaire que les autorités font jouer à ces familles au moment où les idées d’extrême droite, racistes, xénophobes, s’étalent sans complexe et gagnent une grande partie de nos concitoyens, jusqu’aux appels à la haine raciale. Elles refusent que l’on oppose les populations entre elles et que l‘on entretienne ainsi des ségrégations qui n’ont pas lieu d’être.

- parce que nous n’acceptons pas les discours de haine et d’exclusion,
- parce que nous dénonçons les atermoiements de l’état qui n’a d’autre intérêt que de laisser pourrir la situation
- parce qu’au delà des questions de droit, c’est d’abord d’humanité dont il s’agit ;

Nous demandons que l’eau et l’électricité soient rétablies dans des conditions requises de sécurité et qu’une aide médicale se mette en place.

Nous demandons qu’une solution d’hébergement durable soit trouvée à Martigues, comme cela a été les cas à Gardanne en partenariat avec les associations citoyennes et humanitaires.

Ligue des Droits de l’Homme, R.E.S.F. et CCFD

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