Une tribune pour les luttes

Communiqué de Médecins du Monde

Circulaire du 26 août 2012 : un symbole de l’échec du gouvernement dans la gestion des bidonvilles

Article mis en ligne le samedi 5 octobre 2013

Un an après la sortie de la circulaire « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites », le bilan est sans appel : une grande majorité des expulsions se fait toujours sans diagnostic préalable et sans solution de relogement pourtant prévus par la circulaire. Les équipes de Médecins du Monde dénoncent ces expulsions abusives et constatent des situations sanitaires d’urgence dans ses programmes « bidonvilles » partout en France.

Médecins du Monde déplore le manque d’anticipation et de concertation préalable entre les différents acteurs impliqués, ainsi que l’absence quasi systématique de toute proposition alternative de relogement à la suite des expulsions. Les populations évacuées sont jetées dans l’errance, ce qui constitue une barrière importante à leur intégration sociale et à leur suivi sanitaire.

« Les expulsions aggravent la précarité car on ne sait pas toujours où vont les personnes une fois qu’elles ont été expulsées, alerte le Dr Jean-François Corty, directeur des missions France.Si elles ne sont plus suivies par les associations, elles subissent des ruptures du suivi médical qui détériorent leur santé, et dont les conséquences peuvent être très dommageables quand il s’agit de pathologies lourdes. »

Un constat partagé par le Défenseur des Droits dans son rapport rendu public le 27 juin 2013. Condamnant un « nomadisme forcé » de la part du gouvernement, il rappelle l’importance de « ne pas laisser errer sans suivi médical des personnes qui, en raison de leur conditions de vie très précaires, ont plus de risques de développer certaines pathologies infectieuses. »

Le 2 août 2013, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme rendait publiques ses recommandations au gouvernement, demandant la mise en œuvre stricte de la circulaire pour garantir l’accès au droit commun des populations roms présentes en France. Elle faisait également part de sa grande inquiétude face au climat de haine et de discrimination.

Des bidonvilles signalés en amont par les associations.

Un après, que constatent les équipes de Médecins du Monde sur le terrain ? Des situations de grande précarité vécues par ces populations contraintes à vivre dans des bidonvilles de plus en plus insalubres. L’absence d’approvisionnement en eau potable et de ramassage des ordures entraîne des conditions d’hygiène dangereuses pour la santé des populations.

Médecins du Monde alerte pourtant systématiquement les autorités des risques sanitaires encourus sur les terrains dont elle s’occupe afin de favoriser une concertation et ainsi trouver des solutions d’accompagnement adaptées et un relogement digne pour les populations expulsées, en amont de toute évacuation. Des appels restés lettres mortes.

Alors que les évacuations se sont intensifiées depuis le début de l’été 2013, Médecins du Monde demande le respect des droits fondamentaux des personnes vivant en bidonvilles et la fin des expulsions brutales, comme le préconise le volet prévention de la circulaire du 26 août 2012. MdM réclame le respect de la dynamique de concertation préalable avant toute expulsion et des propositions de relogement alternatives. Il faut mettre un terme à cette politique de harcèlement et de stigmatisation des populations roms.

http://www.medecinsdumonde.org/Medecins-du-Monde

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