Une tribune pour les luttes

Les Roms coupables de tous les maux.

+ Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe :
Une couverture médiatique irresponsable des questions roms entretient des mythes honteux

Article mis en ligne le samedi 26 octobre 2013

Les Roms coupables de tous les maux. Tantôt ils "achètent" un enfant à la naissance parce qu’ils ne peuvent pas en avoir à un autre couple trop pauvre pour pouvoir l’élever (ce qui n’est jamais le cas bien sûr de tous ces couples plus ou moins "de souche" qui vont en acheter ou en faire fabriquer en toute bonne conscience dans les pays de pauvreté) et on leur retire l’enfant (pour le donner à des non-roms ?), et on les inculpe ... Tantôt on leur retire leurs propres enfants trop blonds pour eux ! Et j’en connais, moi, des "Rroms" blonds aux yeux bleus ! Quand on vous dit que ce sont des voleurs d’enfants...


Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe

Communiqué de presse - CommDH031(2013)

Une couverture médiatique irresponsable des questions roms entretient des mythes honteux

Strasbourg, 24/10/2013 – «  Le problème persistant de la présentation négative des minorités dans les médias a brutalement ressurgi avec les affaires concernant des enfants découverts dans des familles roms en Grèce et en Irlande. La plupart des médias, en Europe et dans le reste du monde, ont insisté sur l’origine ethnique des familles auxquelles ces enfants avaient été retirés, ce qui contribue à perpétuer les vieux mythes selon lesquels les Roms auraient l’habitude d’enlever des enfants  », a déclaré aujourd’hui Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, dans une lettre ouverte adressée aux journalistes.

« Cette manière irresponsable de présenter les faits peut avoir des répercussions considérables sur la vie de millions de Roms et alimenter des mouvements violents hostiles aux Roms. Bien que les Roms ne soient pas plus enclins à la criminalité qu’un autre groupe, l’insistance avec laquelle les médias mentionnent l’origine ethnique dans les actualités entretient le mythe selon lequel les Roms seraient criminels par nature. Cela n’est pas seulement faux, c’est aussi dangereux, car cela risque d’attiser encore les tensions entre les Roms et la population majoritaire, dans toute l’Europe.

La diffusion de cette image négative entrave également les efforts d’intégration : comment pouvons-nous attendre des Roms qu’ils s’intègrent dans nos sociétés si les médias ne manquent pas une occasion de leur rappeler qu’ils sont indésirables ?

J’appelle les journalistes qui couvrent ces affaires à prendre du recul et à se demander s’il était vraiment nécessaire de préciser l’origine ethnique, si l’intérêt supérieur de l’enfant, notamment son droit au respect de sa vie privée, a été pris en compte, et si la présomption d’innocence a été respectée.

L’expérience nous montre que la diabolisation d’un groupe de personnes dans les médias peut avoir des conséquences politiques et sociétales catastrophiques. Il est nécessaire que les médias usent de manière plus responsable de leur pouvoir d’influence sur l’opinion publique lorsqu’ils traitent des minorités en général et des Roms en particulier. »


http://www.rue89.com/2013/10/25/quand-retire-enfants-a-leurs-parents-parce-blonds-246943

Quand on retire des enfants à leurs parents parce qu’ils sont blonds
Michel Lépinay |

Un nouveau mur a été enfoncé, une défense immunitaire de nos sociétés a sauté, nous ramenant quelques décennies en arrière. En Grèce d’abord, puis en Irlande, qui sait, demain peut-être ailleurs.

Des représentants de l’ordre public ont estimé à trois reprises qu’il était louche, et dangereux pour l’ordre public en question, qu’un enfant ne ressemble pas à ses parents, lorsque ceux-ci sont roms. On a ainsi retiré à des parents la garde de leur enfant, de façon temporaire, parce que celui-ci était blond comme les blés, et avait des yeux clairs.

Comme des millions d’enfants, mais pas comme des enfants de Roms, ont estimé quelques fonctionnaires physionomistes ! « A qui l’avez-vous volé ?  » leur a-t-on probablement demandé en grec ou en anglais avant de mettre l’enfant « en sécurité  » dans une institution.

Bien sûr, en Irlande au moins, on s’est ensuite excusé. Ensuite, c’est-à-dire après avoir reçu le résultat des tests ADN qui établissait scientifiquement la parenté biologique. Les deux enfants blonds irlandais étaient bien les fils de leurs parents, et pas les victimes de voleurs d’enfants : on les a autorisés à retourner chez eux.

Cela se passe en Europe, aujourd’hui

Vive les tests ADN, dernier garde-fou en 2013 au délit de faciès ! Il y a quelques décennies, faute d’élément scientifique probant, on aurait probablement définitivement retiré ces enfants, trop blonds pour descendre de Tziganes, à leurs parents. Aujourd’hui, le laboratoire est là pour éviter l’erreur fatale. Mais c’est bien le seul progrès.

Pour le reste, les plus anciens des Tziganes habitant dans les camps irlandais ou grecs concernés ont sans doute eu le sentiment d’être violemment tirés en arrière. Rattrapés par un passé que l’on voulait tous croire oublié. De retour dans un monde, où il est préférable d’avoir la tête de l’emploi. Où les Roms ne peuvent pas être des parents comme les autres, où la présomption d’innocence n’existe pas pour eux, où l’on sait tout d’eux sans les connaître, et où les mieux pensants sont convaincus qu’ils appartiennent à une ethnie qui ne pourra jamais s’adapter dans nos pays.

Cela se passe en Europe, aujourd’hui. Et cela fait froid dans le dos ! C’est pour cela que l’on devrait s’interdire définitivement de jouer avec certains mots, d’attiser ou justifier certaines peurs collectives anciennes, plus ou moins assumées, que l’on soit de droite, de gauche, ou d’ailleurs.


En Grèce, « l’ange blond »

Maria, 4 ans n’a pas été volée à ses parents biologiques par des Roms vivant en Grèce : des tests ADN montrent qu’elle est en réalité l’enfant d’un couple rom de Bulgarie, dont le père porte des gènes albinos. Le couple avait été contraint d’abandonner leur fille pour des raisons économiques peu après sa naissance. A lire dans Le Figaro.


2 septembre 2013

L’enquête conduite en août a montré que les vendeurs et le couple en mal d’enfant s’étaient rencontrés peu avant, à l’occasion d’un rassemblement pentecôtiste à Marignane. "Comme ils avaient déjà cinq enfants, ils ont proposé de nous le donner, raconte Mike. On a réfléchi avec ma femme pendant deux jours et on a accepté. Mais le papa nous a alors dit qu’il fallait payer pour avoir le petit. Plutôt que le retrouver dans une poubelle, la communauté nous a aidés, environ 50 euros par caravane."

L’enfant a été placé par le parquet. Après s’en être occupé durant plus d’un mois, Mike et Carmen se disent "très malheureux". "C’est mon coeur, c’est ma vie, ce petit-là", se lamente l’homme. Leur avocat, Me Patrick Gontard, sollicitera un droit de visite et engagera des démarches en vue d’une adoption. "Dans la culture de ce couple, ne pas avoir d’enfant est un handicap considérable, un opprobre", précise Alain Fourest, fondateur de l’association de solidarité Rencontres tziganes.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/09/02/un-reseau-de-vente-de-bebes-roms-demantele-a-marseille_3469755_3224.html


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