Une tribune pour les luttes

Marseille. Un procès inattendu pour violences policières... Verdict !
Et on veut doter les polices d’encore plus de flashballs, de taser, d’armes diverses...

Le procès aurait-il été le même dans les mêmes circonstances sans la vidéo et concernant des jeunes des quartiers populaires ?

Article mis en ligne le samedi 14 décembre 2013

Le verdict :

Condamnation quand même à 1 an de prison avec sursis pour violences du policier inculpé.
"Je suis satisfait d’être relaxé mais je ne comprends pas que les autres policiers ne soient pas poursuivis " », commente un des jeunes.

David COQUILLE La Marseillaise

Six jeunes innocentés par une vidéo choc

http://www.lamarseillaise.fr/marseille/marseille-faits-divers-justice/item/25275-six-jeunes-innocentes-par-une-video-choc
avec la vidéo

Violences policières. Le major au tonfa écope d’un an avec sursis. L’omerta des collègues qui dérapaient en bas

Le policier filmé en train de matraquer des étudiants qui se rendent les mains levées dans une cage d’immeuble à Marseille a été condamné hier matin à un an de prison avec sursis pour violences aggravées. Le tribunal a relaxé les six jeunes gens qui, comble de l’affaire, étaient poursuivis pour violences en réunion sur dépositaires de l’autorité publique.

A l’audience du 29 novembre 2013, le procureur Sylvie Canovas avait courageusement requis la peine de deux ans d’emprisonnement dont un avec sursis contre ce major de 50 ans, le plus haut gradé des huit équipages arrivés en force cette nuit du 18 janvier 2012, sur la place Jean-Jaurès. A ses yeux, cette procédure était « marquée du sceau du mensonge et de l’habillage  » avec une vidéo qui « donne la nausée ». Elle avait requis la «  relaxe pure et simple  » des jeunes.


« Le tribunal n’a pris en compte que ce qu’il voit dans la vidéo »

Le président Mohamed Mahouachi a tenu à expliquer à Charles, Arnaud, Benjamin, Stanislav, Florian et Joris, le sens de la décision. « Même si la tentation était grande, le tribunal n’a pris en compte que ce qu’il voit dans la vidéo. On ne pouvait pas rendre le policier responsable des violences commises au bas de l’immeuble. » C’est tout le problème de cette procédure tronquée, avec les auditions de 27 policiers présents qui n’ont rien vu, rien entendu, où le rédacteur du PV d’interpellation n’a même pas participé à l’opération...

«  Je suis satisfait d’être relaxé mais je ne comprends pas que les autres policiers ne soient pas poursuivis  », commente un des jeunes. « On méritait cette relaxe. Ce n’est que justice. On peut reprendre confiance en la justice avec un procès de cette qualité-là. Mais la principale policière responsable continue d’exercer sur la voie publique  », déplore leur avocat Me Laurent Sallou. Il dénonce une «  solidarité de corps » à l’oeuvre jusque dans la conduite de l’enquête de l’IGS «  menée pour présenter le dossier de la manière la plus favorable aux policiers ». « Il a fallu le courage de deux parquetiers, le premier qui a compris que quelque chose clochait et les a remis en liberté à l’issue de 36 heures de garde à vue, et le procureur à l’audience qui a eu le souci de faire passer la justice sans faire primer les intérêts de la police  », ajoute l’avocat.

Un dossier « sous contrôle de la hiérarchie policière »

Il entend désormais engager la responsabilité administrative de l’Etat. « Je dis que ce dossier était sous contrôle de la hiérarchie policière dés le début  », accuse l’avocat, «  des gens de haut rang sont intervenus au commissariat de Noailles pour contrôler que tout se passait bien. Il y avait déjà le dossier de la BAC Nord. On ne peut pas s’empêcher de mettre ces deux affaires en relief. Quand on voit la levée de boucliers de syndicats policiers qui refusent le port de la matricule sur les uniformes, on voit bien que c’est pour ne pas avoir à répondre à d’éventuels dérapages. »

(...)

«  C’est un dérapage. Je n’ai pas d’excuse. J’ai mal cerné la situation. J’étais chauffé par les appels radio relayés par l’état-major », a admis le major Jean-Claude P., 50 ans, suspendu 15 jours. Le tribunal lui a accordé hier la non inscription de sa condamnation, sauvant ainsi son emploi. « Ce jugement fait la part des choses entre ce policier seul et une série d’autres personnes qui n’ont pas été poursuivies. C’est une décision juste, sévère qui sanctionne une faute en 30 ans d’une carrière exceptionnelle », commentait son avocat, Me Christophe Bass.
Au bas de l’immeuble, un comité de réception chauds bouillant, avait accueilli les étudiants à coups de genoux dans les têtes. Les deux médecins de garde à vue n’avaient délivré aucun jour d’ITT en dépit des nez, des dents cassés et autres ecchymoses costales. Commentaire du juge : « Ces certificats médicaux laissent pantois  ».

David COQUILLE

Violences policières : le vidéaste raconte

http://www.lamarseillaise.fr/marseille/marseille-faits-divers-justice/item/25226-violences-policieres-le-videaste-raconte

Grâce à sa vidéo diffusée à l’audience correctionnelle du 28 novembre 2013, un physicien italien qui vit à Marseille a permis à cinq jeunes étudiants accusés de violences sur des policiers de montrer aux juges que c’est eux qui le 18 janvier 2012 à 2h du matin avaient été victimes de violences illégitimes caractérisées. Ce vidéaste a souhaité rester anonyme. On apprend dans l’entretien qu’une policière s’est proposée de poser devant les jeunes blessés allongés au sol, place Jean-Jaurès. Un an de prison ferme a été réclamé contre un major de police du groupe de nuit des motards, le seul fonctionnaire identifié sur la vidéo parmi les 27 présents. Les juges rendent leur délibéré demain dans ce « dossier du mensonge » où même les médecins de garde-à-vue ont minimisé les blessures sévères infligées aux étudiants.


mis en ligne le 29 novembre 2013

Le Procès

Revue de presse :

La Marseillaise :


Marseille : La vidéo choc d’une haie d’horreurs policières David COQUILLE

http://www.lamarseillaise.fr/marseille/marseille-faits-divers-justice/item/24975-la-video-choc-dune-haie-dhorreurs-policieres

Procès devant la 11e chambre correctionnelle de Marseille de violences gratuites à l’étouffée, le 29 novembre 2013. Séquences d’une audience hors normes de près de 4 heures.

et avec le live tweet de David Coquille

Le Dauphiné :

Le dérapage lors d’une intervention policière jugé au tribunal à Marseille

http://www.ledauphine.com/france-monde/2013/11/29/le-derapage-lors-d-une-intervention-policiere-juge-au-tribunal-a-marseille

par AFP le 29/11/2013


Mis en ligne le 29 novembre 2013

Un procès non prévu de la police

Le tribunal correctionnel de Marseille devait juger vendredi 29 novembre six jeunes gens et un policier pour des violences lors d’une intervention pour tapage : le procès a finalement été celui de l’intervention policière, pour le moins musclée, filmée discrètement par un voisin.
Deux ans de prison, dont un avec sursis, ont été requis contre le policier, et la relaxe pour les six jeunes.

Dans la nuit du 17 au 18 janvier 2012, une équipe de trois policiers composée de Myriam Lombard, Flavien Bruna et un autre policier intervient pour nuisances sonores, appelée par des occupants d’un immeuble de la Plaine à Marseille : des jeunes célèbrent le diplôme de kinésithérapeute de l’un d’entre eux.
Le ton monte entre les jeunes et les policiers : ’"C’est pas possible qu’on entende du bruit en bas" "Alors on est des menteurs ? " ; l’un des jeunes rétorque à mi-voix ; "C’est possible" ; Les fonctionnaires appellent du renfort : au total, 27 policiers seront dépêchés.
Ils entrent dans l’appartement et l’arrosent de gaz lacrymogène. La suite est en partie filmée par un voisin, à travers entrebâillement de la porte de son appartement.

Sur les images diffusées à l’audience, on voit les jeunes gens descendre dans la cage d’escalier mains sur la tête, sous les insultes des fonctionnaires. Ils implorent qu’on ne les frappe pas, et le tonfa du major Pernaud, seul policier poursuivi, s’abat sur chacun d’entre eux lors de son passage. En bas ils sont passés à tabac par une haie d’honneur de policiers et insultés : "Ta gueule pédé, tu t’es chié dessus ou quoi". Nez et chevilles cassés, coquards, brulures d’abrasion et garde à vue de 36 heures.
La vidéo permet d’imaginer, au vu des traces de sang, la violence de ce qui se passe, souligne le président.

Ironie de l’histoire, les six victimes... sont prévenues devant le tribunal, qui les jugeait vendredi pour violences aggravées envers les policiers.

Deux des policiers intervenus initialement, parties civiles, disent avoir été encerclés. Des déclarations qui « posent problème », explique le président, constatant les incohérences entre les blessures et les coups qu’ils prétendent avoir reçus.
" S’il n’y avait pas la vidéo, c’est votre parole qui l’aurait emportée, vous le savez bien " dit le président du tribunal. Et la procureure qui demande la relaxe : "le parquet fait confiance à la police, mais quand je lirai maintenant un dossier, je me demanderai si les PV reflètent la vérité."
« Des sept équipages, personne n’a entendu des cris, personne n’a rien vu. Si un policier avait été blessé, tous les policiers auraient été témoins
 », s’insurge-t-elle évoquant la « nausée que (lui) inspire la vidéo ». L’avocat parle de « 27 policiers qui ont menti ».

Délibéré de ce procès le 13 décembre 2013.

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1 Message

  • Le 14 décembre 2013 à 12:34, par

    Mais il est vrai que les policiers sont aussi très fragiles. On en voit très souvent qui sous prétexte d’outrages et rebellions sont dotés par la justice de substantielles indemnités sur la seule foi de certificats médicaux mentionnant des atteintes insignifiantes du genre "égratignure à l’auriculaire" ou "genou légèrement contusionné". Le comble c’est quand la Provence de ce samedi 14 décembre 2013 nous apprend, au détour d’un tout petit article sur la grève des bus qui se poursuit depuis quinze jours sans que l’on ait vraiment de renseignements sur elle, qu’une policière a porté plainte contre les grévistes-manifestants pour avoir été "victime de sifflements dans les oreilles" à la suite de lancer de pétards !

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