Une tribune pour les luttes

Bénéfices : 50% pour les actionnaires et 0% pour les salariés.

Conscience Citoyenne Responsable

Article mis en ligne le mercredi 12 mars 2014

La crise a nourri les appétits des riches et du patronat. Pierre Gattaz, président du Medef, se vante même d’être à l’ origine du « Pacte de Responsabilité  », renommé ironiquement « Pacte de Rentabilité » ! Encore une fois ce sont les salariés qui payent les pots cassés, car les rémunérations, primes et actions des dirigeants se chiffrent en millions d’euros et les actionnaires se partagent la moitié des bénéfices qui se chiffrent en milliards ! Ainsi, en 3 décennies, le nombre de jours travaillés par salarié pour rémunérer les actionnaires est passé de 11 à 45 jours par an !

Chez Sanofi, par exemple, un des leaders de la pharmacie, on a supprimé 4000 emplois et 2000 autres devraient suivre, alors que le patron du groupe a vu entre 2010 et 2012 sa rémunération passer de 16 700 euros par jour à 20 500 euros, ce qui lui fait une rémunération de 7,481 millions d’euros annuelle. Quant aux actionnaires, les dividendes distribués ont plus que doublé en 10 ans pour atteindre 50% des bénéfices ! Et ensuite on nous dira que le travail coûte cher …

Sanofi consacre trois fois moins pour l’investissement que pour les dividendes distribués aux actionnaires. Le secteur «  Recherche et Développement  » du groupe fait également les frais du choix de privilégiés, les actionnaires, au détriment de l’investissement, notamment interne. Le schéma est classique, l’argent généré par le travail des salariés est utilisé pour augmenter la richesse des actionnaires en comprimant l’emploi, les salaires et donc également l’investissement.

Le comble, c’est que le groupe encaissera bientôt 20 millions d’euros au titre du CICE (crédit impôt compétitivité emploi). Sachant qu’en 2012 il a également touché 130 millions par le biais du fameux CIR (crédit impôt recherche), alors que l’entreprise n’a eu de cesse de détruire ses centres de recherche. Sanofi bénéficiera bientôt également de la suppression des cotisations familiales, soit encore un allégement de 86 millions d’euros. Et Sanofi n’est pas un cas isolé, Auchan par exemple touchera au titre du CICE près de 120 millions d’euros, et son patron, pour faire bonne mesure, vit en Belgique pour ne pas payer d’impôts en France ! Chercher l’erreur…

Ces grands groupes procèdent aussi au rachat d’actions. En 2013, Sanofi a consacré prés de 1,7 milliards d’euros pour racheter ses propres actions. Racheter ses actions permet d’augmenter mécaniquement les bénéfices par actions de l’entreprise et de réduire le nombre de titres en circulation. Autrement dit, c’est un bon moyen de distribuer du cash aux actionnaires. La redistribution des dividendes atteint donc en 2014 50% des bénéfices, alors qu’elle était de 35% en 2010 ! Et après on veut nous faire croire que le problème de compétitivité c’est le coût du travail !

(...)

http://2ccr.unblog.fr/2014/03/11/benefices-50-pour-les-actionnaires-et-0-pour-les-salaries/


LA LUTTE DES CLASSES EST TERMINEE …

Posté par 2ccr le 6 mars 2014

…les riches l’ont gagnée !

Warren Buffet (qui pèse 58 milliards de dollars) ne plaisantait pas. Il nous avait prévenu dès 2006 – avant la crise – que les riches étaient en train de gagner. Dans une interview accordée à l’époque au New York Times, il avait reconnu qu’une «  lutte des classes  » faisait rage, tout en précisant : « c’est ma classe, les riches, qui a déclaré cette guerre et c’est elle qui est en train de la remporter »  ! … avant de confirmer en 2011 que cette guerre avait bel et bien été gagnée : «  they won » – ils ont gagné.

Du reste, les faits lui donnent raison car, s’il fut approprié un temps d’évoquer les fameux «  1% » les plus privilégiés, certaines fortunes ont pu croître de manière exponentielle à la faveur même de la crise.

C’est ainsi que l’O.N.G. Oxfam a tout récemment démontré comment 85 individus (oui 85 !) se trouvent être aussi riches que la moitié de la population mondiale ! En somme, il y a les «  riches » mais il y a également les « méga riches  » : c’est-à-dire les 0.01% qui, à eux seuls, sont encore plus riches que les 1%, tout en payant moins d’impôts que les 1% ! C’est un peu comme si ces fortunes généraient à leur tour davantage de fortune et, ce, de manière quasi mécanique. Du reste, les 6’000 milliards de dollars gagnés par les envolées boursières de 2013 n’ont évidemment profité qu’à cette infime minorité.

On comprend mieux, dès lors, l’arrogance des plus dignes représentants de ces hyper-privilégiés, à l’instar du grand patron américain d’une marque d’habits de luxe, Bud Konheim, qui s’est exclamé que les pauvres devraient «  arrêter de se plaindre  » de leur condition. Ou la suffisance du milliardaire Kevin O’Leary quand il déclare que les inégalités sont une « nouvelle fantastique », car elles motivent « le pauvre à regarder en haut vers les 1% et à se dire : je veux faire partie de ces gens » … Et pourquoi ne pas évoquer Tom Perkins, magnat des fusions-acquisitions, qui revendique pour les riches un droit de vote plus important que pour le reste de la population ?! Et qui prône le retour au suffrage censitaire, aboli en France en 1848.

De même convient-il de ne pas négliger les revenus pharamineux des directions générales des grosses entreprises, qui placent incontestablement cette élite dirigeante dans le cercle très fermé des 1%, contribuant par là même à les isoler de leurs salariés. Car c’est un discours tout aussi effronté qui est servi par les Présidents-Directeurs Généraux des entreprises et des banques qui, pour justifier leurs salaires et leur bonus indécents, indiquent que ceux-ci ont été préalablement avalisés par leur conseil d’administration. Le tout dans une consanguinité aberrante où ceux-là même qui approuvent ces rémunérations reçoivent à leur tour des indemnités approuvées par ce même P.-D. G., tout en étant eux-mêmes patrons d’autres entreprises, poste qu’ils cumulent avec celui de membre de plusieurs conseils d’administration !

Comment expliquer, sinon, que le CEO de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, ait vu son salaire augmenter de 74% cette année… alors même que la banque dont il est le gourou a dû payer 20 milliards de dollars au régulateur US pour de multiples infractions ? Ne voilà-t-il pas que, au lieu de le saquer, ses pairs lui accordent une belle augmentation de salaire… faisant dire à certains esprits chagrin que, alors que le commun des mortels qui vole une banque est incarcéré pendant 10 ans, le Président d’une banque qui vous vole reçoit, pour sa part, 10 millions !

Ces personnages évoluent donc dans un univers parallèle caractérisé par une impunité quasi parfaite, déplorée en haut lieu par un exécutif impuissant ayant fait dire au Ministre de la Justice américain, Eric Holder, que les Présidents des « Too Bigs To Fail  » – les mastodontes bancaires – étaient eux-mêmes des « Too Bigs To Jail », c’est-à-dire trop importants pour être emprisonnés…

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http://2ccr.unblog.fr/2014/03/06/la-lutte-des-classes-est-terminee/#more-6166


INEGALITES : DEGAGEONS CE SYSTEME !

Posté par 2ccr le 28 février 2014

Dans l’ensemble du monde, c’est le même discours : nous serions tous dans le même bateau face à la crise et aux efforts nécessaires. Cette fable est jour après jour démentie par les faits. En témoigne d’abord une étude anglaise sur les personnes qui possèdent plus de 1 million de dollars disponibles pour investir (ce qui veut dire que l’ensemble de leurs biens dépassent largement 1 million de dollars). Fin 2013, on en comptait 12,5 millions dans le monde, 46 % de plus qu’en 2008. Avec 550 000, la France reste la 7e puissance mondiale en nombre de millionnaires. Et ils ne s’oublient pas : les entreprises du CAC 40 ont versé en 2013 43 milliards d’euros à leurs actionnaires (soit 4 % de plus qu’en 2012).

Le nombre de ces millionnaires augmente partout, y compris dans des pays où la majorité de la population est dans la misère. Comme le note un consultant cité par le journal économique les Échos, « Certains pays comme le Nigeria connaissent une forte propagation de la pauvreté concomitamment à la hausse du nombre de millionnaires. »

C’est une nouvelle illustration du constat cynique du multimilliardaire américain Warren Buffett : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui a mené la lutte. Et nous sommes en train de gagner. » Ce même Buffett qui s’est engagé à offrir la bagatelle de un milliard de dollars à celui ou celle qui parviendrait à prévoir parfaitement l’ensemble des résultats des phases finales du championnat universitaire américain de basket… Certes, que quelqu’un y arrive est hautement improbable mais, même si c’était le cas, cela ne ferait qu’ébrécher une fortune personnelle évaluée à 60,8 milliards de dollars.

Une autre étude émanant de l’ONG britannique Oxfam montre que près de la moitié des richesses mondiales (46 %) sont aujourd’hui détenues par 1 % de la population et que les 85 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population. La concentration des richesses s’est poursuivie pendant la crise : l’«  élite » mondiale est de plus en plus riche tandis que la majorité de la population est exclue du festin. Et encore, on ne sait pas tout, car la concentration réelle des richesses est sans doute plus forte car une grande partie de la richesse de ceux en haut de l’échelle est dissimulée dans les paradis fiscaux !

Le problème n’est pas seulement que les riches soient riches, c’est aussi que les riches confisquent les institutions politiques à leur profit. Les exemples récents sont nombreux en divers domaines : diminution de la fiscalité sur les hauts revenus (les riches payent moins d’impôts alors qu’ils ont une part plus grande du gâteau), atténuation au maximum de tous les projets de régulation de la finance consécutifs à la crise (aux USA, les financiers ont employé des centaines de lobbyistes et dépensé plus d’un milliard de dollars en ce sens), maintien de réglementations favorables aux grands groupes et donc aux super-riches qui les contrôlent…Les alternances entre droite et gauche sont donc largement de façade. Mais cela va au-delà : le capital, ce n’est pas seulement des richesses, mais le pouvoir de licencier, de décider de ce qui sera produit et de ce qui ne le sera pas, de fermer une usine pour la rouvrir ailleurs avec des travailleurs plus exploités, le pouvoir de sacrifier la santé des travailleurs et l’écologie aux profits à court terme.

Les inégalités ne sont pas une aberration du système capitaliste mais correspondent à sa logique profonde. Elles ont reculé seulement lorsque ceux d’en bas ont bénéficié d’un bon rapport de forces. Elles s’accroissent aujourd’hui sans frein. Les partis socialistes qui prétendaient réduire les inégalités sans remettre en cause le système sont devenus des partis sociaux libéraux, de moins en moins sociaux, de plus en plus libéraux, et dont les dirigeants sont à genoux devant les nantis. Pour imposer une autre logique, il faudra des luttes et …une relève politique.

Source

« Un socialiste est un charlatan qui prétends supprimer les misères sociales, sans faire le moindre tort ni au capital, ni au profit. »…Friedrich ENGELS


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