Une tribune pour les luttes

Collectif 8 juillet — Montreuil

Flash-ball : en plein dans le mille

Article mis en ligne le dimanche 24 août 2014

[tribune publiée dans Libération du 18/08/14]
et sur le site du collectif :
http://collectif8juillet.wordpress.com/2014/08/20/en-plein-dans-le-mille-tribune-publiee-dans-liberation-du-190814/

Il y a cinq ans, le soir du 8 juillet 2009, à Montreuil, la police nous a tiré dessus au flash-ball. Nous avons été touchés à l’épaule, à la clavicule, à la nuque, au front. Joachim, lui, a perdu un œil. La procureure avait requis le renvoi devant la cour d’assises d’un des trois policiers mis en examen et un non-lieu pour les deux autres. La juge d’instruction a finalement renvoyé les trois policiers devant le tribunal correctionnel.

Si ces derniers vont comparaître devant les tribunaux, ce n’est pas la règle.

Combien de familles endeuillées, de personnes mutilées attendent que la justice reconnaisse le tort qui leur a été fait, pour finalement se voir signifier un non-lieu ou une relaxe ?

Dans les quartiers, tout le monde connaît une ou plusieurs histoires d’une famille qui a perdu un fils et qui n’a reçu de la part de la justice que mépris et humiliation. Combien de personnes mutilées par un tir de flash-ball ont vu leur agresseur comparaître devant les tribunaux ? Deux sur trente-six, exactement. Combien parmi elles ont vu leur agresseur condamné ? Une seule.

Le procès qui s’annonce est trop rare pour que la partie civile ne s’élargisse, au moins symboliquement, aux autres victimes de la police et laissés-pour-compte de la justice.

Ce que certains appellent la hogra, ce mélange de silence et de déni de justice qui entoure les crimes policiers, s’élabore à différents niveaux de la société. Ce sont par exemple les policiers qui produisent de faux témoignages. La police des polices – Inspection générale des services (IGS), Inspection générale de la police nationale (IGPN) – et le juge d’instruction qui enquêtent à décharge des policiers.

Le procureur qui requiert un non-lieu et le juge d’instruction qui le prononce.

Le préfet qui transforme la victime en coupable à travers un communiqué de presse mensonger, et les médias qui le relaient sans contre-enquête.

Le maire qui encourage la famille à ne pas manifester et l’enjoint à s’en remettre à la justice.

L’avocat qui réclame des honoraires ruineux à une famille modeste, et délaisse le dossier pendant des années.

Tout au long de notre procédure, pendant cinq ans, nous avons rencontré de nombreuses personnes en prise avec la police et la justice.

A partir de leurs histoires et de la nôtre, nous voudrions montrer comment un non-lieu s’élabore, mais aussi comment la mobilisation et la médiatisation autour d’une affaire peuvent influer sur le cours ordinaire de la justice.

[…]

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