Une tribune pour les luttes

Mourir à 20 ans.

par Christophe G.

Article mis en ligne le dimanche 2 novembre 2014

A Malik, A Rémi… à Abel.

A vrai dire personne ne s’attendait à ce qu’un mort surgisse tant la violence avait frappé dans le Val de Susa où à Notre Dame des Landes. Pendant les années les plus dures du combat anti OGM, la violence n’avait jamais débouché sur la mort d’un camarade. On les croyait bien organisés, ils t’arrachaient seulement une main, un œil, avec les paroles fielleuses d’Eric Brunet sur BFM, tu dégueulais c’est tout. La mort, elle nous avait frappé avec Malik Oussekine et nos putains de vingt ans en 1986 avec le premier gouvernement de droite encadré par un ministre aussi facho que Le Pen : Pasqua. Malik n’avait rien à voir avec les manifs. Pandraud avait dit : « Si j’avais un fils sous dialyse je l’empêcherais de faire le con la nuit. » Malik avait 22 ans. L’extrême droite avait parlé d’un casseur gauchiste pour ce fils d’immigré. La mort avait surgi brutalement pour frapper un « arabe » et c’était les flics qui l’avaient cogné. Les flics aux ordres de types en costard, de droite d’abord puis finalement de gauche, ont tué bien des gosses depuis nos vingt ans. Ils ne sauvaient pas des tritons ceux là, ils vivaient dans des zones où ta peau ne vaut pas plus cher qu’un cafard qu’on écrase sous la botte. Les banlieues sont au Testet cet automne. L’Etat ne tue pas des jeunes, il broie ceux qui sont sur son chemin. Sébastien Briat, 22 ans celui là, écrasé par un convoi nucléaire en 2004 aurait du rester chez lui ? Abel Garcia Hernandez avait lui aussi 21 ans et il a été rapté dans le Guerrero Au Mexique, 43 étudiants opposés aux réformes éducatives ont été enlevés et on ouvre des charniers dans le pays. Dans ce pays ne demande jamais ton chemin à un flic, il risque de t’arracher la main. Le Testet, c’est anecdotique et tragique à la fois, tant les luttes comme celles-ci se sont développées dans le monde. Les dénégations de la préfecture n’ont pas tenu longtemps. Rémi a été tué par une grenade offensive. Et il ne fera aucun doute, du torche cul l’Express au social libéral Libé où la plume de Joffrin a encore plongé dans la fiente son édito du 29 octobre, que les responsables seront à trouver dans les 200 anarchistes qui « en marge de la manifestation ont provoqué la police. » N’est ce pas ? Les anarchistes sont devenus les spécialistes de la provocation policière depuis Chicago en 1881. Les victimes ont toujours tort avec l’Etat. On appelle anarchistes ou Black blocs une coalition d’opposants de toutes obédiences qui va d’un jeune engagé à la FNE à une vieille chrétienne de gauche. Le costume noir va si bien aux coupables. A Nantes ou Toulouse la police charge les rassemblements, à Marseille elle intimide en montrant ses gros bras enfin à Paris elle se croit tout permis et arrête des suspects. La police n’est que le bras armé de l’Etat dans cette affaire d’Etat. Et comme l’écrivait Gandhi « Là où il n’y a le choix qu’entre lâcheté et violence, je conseillerai la violence. » La digue est rompue depuis que Carcenac, tête à claques notoire et député gauche cassoulet a vomi sur un cadavre. : Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête. C’est relatif mais Carcenac est vraiment très con !

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1 Message

  • Le 5 novembre 2014 à 18:21, par

    La chose est entendue, pour la gauche on peut tuer un manifestant sans qu’il y ait matière à s’offusquer d’aucune manière. (...)

    La police fait sa sale besogne, protéger un ordre absurde, suréquipée et disposant pour l’occasion de véritables armes de guerres. Il fallait que le pire arrive et l’étonnant c’est qu’il ne soit pas arrivé plus tôt. L’un d’entre nous, Rémi Fraisse, est mort pour avoir donné corps à une manière de percevoir le monde, pour s’être opposé en acte à l’avancée du désert quand il aurait été confortable de rester chez soi. Que la pensée soit autre chose qu’une affaire privée et sans conséquence, qu’elle appelle des gestes et qu’elle s’incarne dans une manière de vivre, voilà ce que ne pourra jamais entendre la bêtise d’un petit notable socialiste pour qui il est « un petit peu bête et absurde de mourir pour ses idées ».

    extrait de
    http://paris-luttes.info/pour-remi-fraisse-et-les-autres

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