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Calais : les rafles continuent, par charretées de 50

Passeurs d’hospitalité

Article mis en ligne le mercredi 28 octobre 2015

Commencées la nuit précédant la venue du ministre de l’intérieur à Calais, les rafles avec envoi dans des centres de rétention aux quatre coins de France se poursuivent sur une base quasi quotidienne. Avec à chaque fois autour de cinquante personnes par jour, envoyées par avion de l’aérodrome de Marck, à côté de Calais.

Ainsi arrivent dans les centres de rétention :

mercredi 21 octobre, 46 personnes à Nîmes

jeudi 22 octobre, 50 personnes au Mesnil-Amelot, en région parisienne

vendredi 23 octobre, 50 personnes à Toulouse – Cornebarrieu

dimanche 25 octobre, 47 personnes à Metz

lundi 26 octobre, 50 personnes à Marseille

mardi 27 octobre, 50 personnes à Nîmes, à nouveau

La série ne semble pas devoir s’arrêter.

Ce qui se passe ensuite n’est pas encore clair, et on manque de recul. Les personnes en rétention ont 48h pour saisir le tribunal administratif, l’audience a lieu dans les jours qui suivent. Et au 5e jour de rétention, le Juge des Libertés et de la Détention se prononce sur la prolongation de la rétention pour 20 jours supplémentaires (il se prononcera à nouveau le 25e jour sur une nouvelle prolongation de 20 jours, la durée maximale de rétention étant de 45 jours).

Il y a donc quelque chose d’important qui se joue sur le plan juridique pendant les cinq premiers jours, et on a pour l’instant des éléments seulement pour Nîmes (personnes arrivées mercredi) et Le Mesnil-Amelot (le jeudi). Et les choses se sont passées de manière très différentes.

Au Mesnil Amelot, 15 personnes ont été libérées par décision des juges (tribunal administratif et Juge des Libertés et de la Détention), 33 personnes ont été libérées parce que la préfète du Pas-de-Calais n’a pas demandé la prolongation de la rétention au-delà de cinq jours (mais alors pourquoi les avoir mis en rétention ?), mais la préfète a demandé le maintien en rétention de 2 Soudanais (pourquoi eux ?) qui devaient passer devant le Juge des Libertés et de la Détention aujourd’hui – on n’a pas encore le résultat du jugement. Donc ce matin 48 personnes avaient été libérées, et le sort de deux autres était incertain.

À Nîmes, c’est l’inverse, le Juge des Libertés et de la Détention a pris une ordonnance libérant 37 des personnes, et le procureur a fait appel. Le jugement en appel est revenu sur la décision et les personnes ont été maintenues en rétention.

Donc libérations au bout de cinq jours au Mesnil-Amelot, et appel d’un jugement pour maintenir les personnes en rétention à Nîmes.

Le jeu étant de faire peur, l’idée est peut-être de libérer des places en rétention pour y envoyer d’autres personnes, mais de maintenir quand même quelques personnes en rétention pour aboutir aussi à des expulsions. L’incertitude est aussi un ressort de la peur, peur d’être enfermé en rétention, peur d’être expulsé.

Les personnes libérées n’ont qu’une seule idée : revenir à Calais pour partir de France.

De nombreux compléments d’information actualisés jour par jour sur le blog de Passeurs d’hospitalité.

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1 Message

  • Le 30 octobre 2015 à 23:26, par baraka

    Comme à Nîmes et au Ménil-Amelot la majorité des migrants arrivés au Centre de rétention du Canet aujourd’hui ont été libérés.

    Lire : En 6 jours : arrêté, emmené, enfermé, relâché sur le site de Passeurs d’hospitalité :

    On commence après une semaine à mieux comprendre le système de rafles quotidiennes et d’envoi dans des centres de rétention aux quatre coins du pays (voir ici, ici, ici et là).

    Nîmes, 46 personnes raflées à Calais dans la nuit du 20 au 21 octobre et le 21 au matin sont envoyés au centre de rétention. Une partie des personnes est libérée sur décision des juges. Lundi 26 octobre, le Juge des Libertés et de la Détention confirme en appel le maintien en rétention de 37 personnes, la préfète du Pas-de-Calais décide de les libérer. Mardi 27 octobre, un nouveau groupe de 50 personnes arrive de Calais et du Dunkerquois et occupe les places libérées la veille.

    http://www.midilibre.fr/2015/10/27/les-migrants-places-en-retention-remis-en-liberte,1232652.php

    Même chose pour la cinquantaine de personnes arrivées au centre de rétention du Mesnil-Amelot le 22 octobre, et pour la cinquantaine arrivée à celui de Toulouse le 23 octobre. Les personnes qui ne sont pas libérées par les juges le sont par la préfète du Pas-de-Calais, vraisemblablement pour libérer les places et pouvoir accueillir les victimes d’une nouvelle rafle.

    Calais n’est plus seule concernée, puisque des arrestations quotidiennes sont signalées à l’entrée du campement de Grande-Synthe, près de Dunkerque.

    Donc les personnes sont arrêtées, envoyées en avion à l’autre bout du pays, enfermées pendant quatre à six jours avec le risque d’être expulsées, puis relâchées dans la nature pour faire la place à d’autres, dans le cadre d’une stratégie de peur et en parfaite violation de la loi, qui veut que le placement en rétention soit un moyen en dernier ressort pour renvoyer des gens, pas un moyen simple moyen de les terroriser et de les désorienter.

    Les rafles continuent, une cinquantaine de personnes sont arrivées aujourd’hui au centre de rétention de Vincennes.

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