Une tribune pour les luttes

mercredi 16 janvier 2019

MARSEILLE

10 h

59 rue Thiers, 13001

Soutien

"Brounch" de soutien aux familles des prisonniers basques

Le Manifesten

Trois cuistots auvergnats, basques et berrichons vous proposent un brounch à Manifesten, le mercredi 16 janvier à partir de 10H du matin, en soutien aux familles de prisonniers basques. Des produits auvergnats et basques (charcuterie et fromages ) et une rappée de pomme de terre. Quelque chose de simple avec des chansons basques mais surtout pas auvergnates.
Voici un texte écrit en 2017…pour rafraichir les mémoires : "Caravane Basque"
Ils sont cinq assis autour de la petite table de l’ Equitable Café à Marseille en décembre 2017. Dans la salle peu de monde sont venus voir la Caravane Bagoaz, celle des familles de prisonniers basques qui font le tour des prisons où sont incarcérés les leurs. Emilie explique, la voix comme un roulement de cailloux, les raisons de leur venue.
Les familles viennent raconter le calvaire de leurs trajets réguliers du pays basque jusqu’aux prisons d’Espagne ou de France. Depuis le désarmement citoyen de l ‘ETA du mois d’avril 2017, elles comprennent encore moins l’acharnement des autorités françaises et espagnoles. Zigor doit rendre visite à son frère Igon à Valence tandis que les deux fils de Josu Arkauz n’ont jamais connu leur père autrement que dans un parloir. Zigor évoque sobrement les tortures de son frère à Villefranche sur Saône avant son énième transfert. « On ne peut pas lâcher nos proches. Mon second frère est incarcéré à Pontevedra en Galice. ». 2000 kilomètres entres les deux. A croire que ce que craignent le plus les Etats, ce sont quand les basques sont ensemble. Il est de notoriété publique qu’une cohésion sans faille réunit les basques jusqu’aux élus de bord adverse.
En décembre 2016, à Louhoussaoa, cinq militants associatifs remettaient les armes d’ETA à la France. En avril une opération de plus grande ampleur réunissant 172 militants apportait à la police 3 tonnes d’explosifs. Les Etats Français et espagnols malgré ces gestes jouaient encore aux durs. Depuis 2011, ETA a pourtant renoncé à la violence ; 20 000 personnes descendaient dans la rue à Bayonne le 8 avril. 80 000 d’entre eux portaient les portraits des prisonniers à Bilbao ; en janvier dernier. Paris et Madrid ne fléchissent pas.
A Marseille, ce lundi soir, Carlos et Ana venant d’Hernani disent simplement en espagnol : « Tous les mois, nous venons deux jours pour une heure voir notre fils à Tarascon. Nous sommes malades. Ca nous est égal. » Seize familles ont pourtant trouvées la mort sur la route. Bagoaz, le collectif d’organisations basques, demande le rapprochement des prisonniers de la guerre entre l’Espagne et l‘ETA. L’organisation qui naquit dans l’après guerre espagnole contre le franquisme connaitra son plus coup d’éclat avec l’assassinat de Carrero Blanco, le dauphin de Franco.
En 2017, 43 des prisonniers de cette guerre pourraient retrouver la liberté, en libération conditionnelle. 307 détenus le sont en Espagne, en France et à l’étranger et Bagoaz demande leur rapprochement vers le Pays Basque pour éviter aux familles des déplacements douloureux.
Commencé par Mont de Marsan, puis Toulouse, ce tour de France s’achèvera le 9 décembre à Paris après trois semaines de route. Les discours politiques ont laissé place à la paix. La France suivant la politique espagnole sur ce dossier estime ne pas être engagée dans un processus de paix. L’Espagne, elle, n’a rien à gagner à voir disparaître l’ ETA. Des élections sur l’autodétermination pourraient lui être fatales. Et l‘on pourrait s’interroger sur les GAL, ces groupes policiers qui ont abattu des militants pendant les années 80. Alors Madrid serait obligé d ‘accuser les patrons du Pays Basque comme ceux de la Catalogne d’entrainer le peuple dans l’aventure indépendantiste, une manœuvre qui a très bien fonctionné sur le public français. Et lui a fait oublier la force de l’Etat espagnol, décidément héritier de Franco.

P.-S.

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