Rencontre-debat avec Jacques Bouveresse
Karl Kraus et nous :
la réalite d’aujourd’hui dépasse-t-elle la satire ?

19 h 30 à la Librairie L’Odeur du Temps - 35, rue Pavillon 13001 Marseille

Article mis en ligne le 7 novembre 2003
dernière modification le 2 novembre 2003

"Kraus ne pouvait certainement pas scandaliser davantage les liberaux et les démocrates de son époque qu’en avouant, comme il l’a fait, que la défense de la liberté et de la dignite de la personne humaine ne lui paraissait pas aussi indissolublement liée qu’ils ont tendance a le croire à celle de la liberté d’opinion et d’expression, telle qu’elle est comprise aujourd’hui. La condamnation du journalisme moderne a été, chez lui, si
radicale qu’il n’a pas hésité a reconnaitre ouvertement qu’il redoutait moins, à tout prendre, la censure que ce qu’on est convenu d’appeler la liberté (c’est-a-dire, pour lui, la liberte de nuire) de la presse :
"Censure et journal. Comment ne devrais-je pas trancher en faveur de la première ? La censure peut étouffer la vérité à la longue, en lui enlevant la parole. Le journal étouffe la vérité pour un temps, en lui donnant les mots. La censure ne nuit ni a la vérité ni au mot ; le journal aux deux."

Jacques Bouveresse est professeur au College de France (chaire de philosophie du langage et de la connaissance).
Il a notamment publie, sur Kraus, "Schmock ou le triomphe du journalisme : la grande bataille de Karl Kraus" (Seuil, 2002) ;
lire egalement "Essais II. L’epoque, la mode, la morale, la satire" (Agone, 2002) ; "Actualite de Karl Kraus", revue "Austriaca", 49, mars 2000.

Contact librairie : Tel 04 91 54 81 56 Fax 04 91 55 59 64


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