Une tribune pour les luttes

Entreprises : un pas important franchi par l’ONU contre les colonies israéliennes

Article mis en ligne le samedi 15 février 2020

En mars 2016, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU chargeait le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de créer une base de données des entreprises engagées dans des activités avec les colonies israéliennes en Palestine occupée. Rappelons que la colonisation d’un territoire occupé est un crime de guerre au regard du droit international, et que la quatrième convention de Genève enjoint les États à combattre toute complicité avec ces violations du droit.

Les entreprises impliquées dans les colonies israéliennes jouent un rôle essentiel dans le maintien et le développement des colonies, elles apportent une base financière pour la construction, l’entretien et l’expansion des colonies israéliennes : elles facilitent l’entreprise coloniale d’Israël et s’en rendent complice.

Cette base de données devait être publiée en mars 2017. Depuis 2016 le Haut-commissaire a subi des pressions inacceptables de la part d’Israël et de ses soutiens inconditionnels pour en empêcher la parution. Cela a amené en juillet 2019 États membres de l’ONU surtout européens à publier une déclaration affirmant l’importance cruciale que la Haute Commissaire puisse travailler et exécuter son mandat en toute indépendance et sans pression d’aucune sorte. En août 2019, 103 organisations dont l’AFPS et de nombreuses ONG ont appelé Michelle Bachelet, Haute-Commissaire à publier la base de données sans plus attendre.

Enfin, avec près de trois ans de retard la Haute Commissaire a publié la liste de ces entreprises liées à la colonisation israélienne. L’AFPS salue la parution de cette base de données. C’est incontestablement une réponse cinglante à la politique de Trump qui déclarait il y a quelques semaines qu’il ne voyait pas ce que la colonisation pouvait avoir d’illégal et qui proposait il y a quelques jours l’annexion pure et simple des colonies en Palestine occupée.

Le droit est ainsi rappelé et les entreprises qui pensaient pouvoir faire des affaires en se désintéressant des violations du Droit international et des Droits humains en Palestine sont renvoyées devant leurs responsabilités.

Deux entreprises françaises sont concernées Egis et Egis rail (filiales de la Caisse des Dépôts) et Alstom. Ce sont des entreprises que l’AFPS et ses partenaires associatifs (LDH, FIDH, Al Haq et plateforme des ONG pour la Palestine) et syndicaux (CGT, CFDT et Solidaires) avaient mises face à leurs responsabilités depuis juin 2018 lors de campagnes d’opinion pour leur implication dans le tramway de Jérusalem. Elles ont renoncé suite à cette campagne citoyenne à répondre aux nouveaux appels d’offre mais leur engagement est plus ancien et plus profond : elles doivent mainte-nant se retirer de toute implication dans la colonisation israélienne de la Palestine.

L’AFPS avec des partenaires associatifs (LDH, FIDH, Al Haq, CCFD-Terre Solidaire et Fair Finance France) et syndicaux (CGT et Solidaires) fait campagne pour que 5 banques et une société d’assurance françaises se désengagent de banques israéliennes impliquées dans la colonisation de la Palestine. Or, toutes ces banques israéliennes (Hapoalim, Leumi, First International Bank of Israël, Israël Discount Bank Mizrahi Tefahot Bank) figurent dans la base de données, ce qui confirme la justesse de cette campagne.

Notons dans la liste les entreprises de tourisme en ligne telles booking.com, Airbnb, TripAdvisor, Expedia, Opodo qui persistent malgré de nombreuses campanes d’opinion à offrir des hébergements dans les colonies.

De nombreuses entreprises (comme Caterpillar, Hyundai Heavy Industries ou Volvo) dont l’implication dans les colonies ne fait aucun doute ne figurent pas dans cette liste. Il faut donc maintenant la compléter et l’actualiser en dehors de toute pression.

Nous attendons des autorités françaises qu’elles envoient des messages très clairs aux entreprises encore présentes dans les colonies, dès lors qu’elles ont une activité en France. Nous attendons des autorités françaises qu’elles interdisent les produits des colonies israéliennes sur notre territoire. Ce serait l’occasion pour la France de dépasser les seules condamnations verbales et de montrer qu’elle entend remplir ses obligations d’État et contribuer à faire cesser les violations du droit par Israël.

Le bureau national de l’AFPS, le 13 février 2020

Lire le communiqué de la Plateforme des ONG pour la Palestine

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