Une tribune pour les luttes

Vio.Me restera dans les mains des travailleurs

Article mis en ligne le mardi 7 avril 2020

Ils profitent de l’interdiction de circulation pour couper l’alimentation électrique de Vio.Me.

Des hommes en khaki, des hommes armés circulent dans l’obscurité en temps de confinement et répriment. Qu’est-ce que cela nous rappelle ?

Avant l’aube, à 6h30 du matin, le gouvernement a ordonné à une équipe de l’Entreprise publique d’électricité de couper l’alimentation électrique à l’usine de Vio.Me. Des CRS étaient présents pour protéger cette tentative d’extinction de notre lutte. Comme on pouvait s’y attendre, l’interdiction de circulation s’applique aux uns mais pas aux autres. Si les travailleurs de Vio.Me. se rassemblaient pour protester, ils seraient illégaux, tandis que les CRS et quelques employés du Service d’Électricité peuvent se permettre de se rassembler pour couper le courant.

Ils ont coupé l’électricité sous prétexte que nous sommes illégaux. Voici le crime que nous avons commis ces dernières semaines, depuis le début de la pandémie : nous produisons des savons pour les envoyer au camp de refugiés, à Moria, sur l’île de Lesbos, à des gens qui n’ont pas la possibilité de se les procurer. Nous produisons des nettoyants pour les envoyer dans les prisons que l’État laisse à la merci de la pandémie. Et bien sûr, nous avons continué à produire des nettoyants pour les mettre à la disposition des familles qui n’ont pas le droit d’être protégées contre le virus, puisqu’elles s’entassent sur les lieux de travail pour générer les profits de ceux qui détiennent le pouvoir. Le dénominateur est ici commun. Selon eux, il est sage de "rester à la maison" sauf pour ceux qui doivent générer leurs bénéfices. « Rester à la maison » à condition d’ en avoir une et de ne pas être obligé de vivre dans des camps de concentration. Il n’est pas rentable, pour l’État et les employeurs, de prendre soin d’un travailleur, d’un réfugié, d’un prisonnier. C’est pourquoi il les laisse à la merci de la pandémie, mais quand il s’agit de luttes collectives les mesures de confinement sont inviolables. L’État veut fermer l’usine, arrêter une fabrication de produits de nettoyage en pleine crise de coronavirus. Il ordonne la fermeture d’une usine qui respecte les mesures de sécurité des employés mais exempte les grandes entreprises de tout contrôle.

Ce n’est pas la première fois qu’ils essaient de couper le courant à notre usine. Les gouvernements précédents ont tenté de le faire aussi. Et tout cela, alors que nous proposions plusieurs fois d’avoir un compteur à notre nom pour qu’on puisse payer notre consommation. Nous comprenons très bien pourquoi ils sont venus avant l’aube. Parce qu’au lever du jour une vague de solidaires est arrivé immédiatement à l’usine. Des gens du monde entier sont déterminés à soutenir notre initiative. Des solidaires traduisent et diffusent nos textes. Ils demandent nos produits. Vio.Me. ne fermera pas pour deux câbles coupés. Des solidaires nous ont déjà apporté un groupe électrogène et nous continuons à travailler et nous nous préparons à reprendre complètement la production par tous les moyens.

RECONNEXION IMMÉDIATE AU RÉSEAU DE l’Entreprise publique d’électricité AVEC LE NUMERO FISCAL DE SE.VIO.ME.

LÉGALISATION TOTALE DE L’ESPACE DE L’USINE POUR UN FONTIONNEMENT DE PRODUCTION SANS ENTRAVES

NOUS FAISONS APPEL À TOUTES / TOUS LES SOLIDAIRES EN GRÈCE ET À L’ÉTRANGER À MONTRER LEUR SOLIDARITÉ

VOUS POUVEZ SOUTENIR NOS EFFORTS EN ACHETANT DES PRODUITS.

LIEN CI-DESSOUS https://www.viomecoop.com/ ou par EMAIL : seviome chez gmail.com

Vous pouvez signer la pétition en cliquant ici

Vio.Me.

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