Une tribune pour les luttes

samedi 29 janvier 2022

MARSEILLE

17 h

CIRA, 50 rue Consolat, 13001

Causerie mensuelle du CIRA

Georges Brassens militant au sein de la Fédération anarchiste, 1946-1948

par Frédéric Bories

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En 1946, Georges Brassens a 25 ans, il vit à Paris chez Jeanne et Marcel, impasse Florimont. La Seconde Guerre mondiale vient de se terminer. S’il fut réquisi- tionné par le STO à Basdorf de mars 1943 à mars 1944, Georges Brassens ne prit pas part au conflit et en fut heureux. Préférant se réfugier dans les livres, il s’abîme dans la lecture. Chez les philosophes, il parcourt les écrits de Platon et apprécie la pensée de Socrate. Dans la dramaturgie, il estime beaucoup Henrik Ibsen et sa doctrine hostile aux partis cléricaux et à l’État, Jean Anouilh et ses comédies souvent grinçantes ainsi que Luigi Pirandello dont les idées sur la façon de vivre sont proches des siennes. Il lit et relit ses auteurs favoris : Voltaire, Claude Tillier, Charles-Louis Philippe, André
Gide avec lesquels il réalise ses humanités. La poésie, découverte à l’adolescence, l’envahit profondément avec notamment les poètes anciens comme François Villon, les surréalistes et surtout les symbolistes qu’il préfère par leur imagination, leur rêve et leur écriture très métaphorique.
Georges Brassens croise enfin dans ses lectures des théoriciens anarchistes : Michel Bakounine, Pierre-Joseph Proudhon, Pierre Kropotkine. Il découvre là des éléments qu’il porte en lui sans savoir quel nom leur donner. Une sorte d’attachement viscéral à la liberté, ainsi qu’une rage profonde quand des hommes veulent imposer quelque chose à d’autres hommes. Ils sont antiétatistes, ça lui convient assez. Ils ne sont pas partisans de l’armée, ça lui convient aussi. Ils étaient partisans de l’égalité sociale et non de l’exploitation de l’homme, ça lui convient très bien. Ils sont partisans d’une certaine indépendance de l’individu en face de la société, ça lui convient tout à fait. Dès lors il adopte leurs idées : « Je continue à avoir, je pense, la même morale, et mon comportement dans la vie sinon dans mes chansons est le plus proche possible, dans la mesure où un comportement peut-être proche d’un idéal, le plus proche possible de la morale anarchiste. Si vous voulez, je crois avoir le comportement que j’aurais eu à 26-27 ans ».

Il rencontre au printemps 1946 quelques amis qui vont le mener au sein du groupe anarchiste du XVe arrondissement de Paris, puis vers la rédaction d’articles pour l’organe de la Fédération anarchiste Le Libertaire. Militant indiscutable, il devient secrétaire de rédaction du journal et intègre le comité national de la Fédération anarchiste. S’en suit une période militante jusqu’en 1948. S’en éloignant, il se perfectionne dans son art qui deviendra les chansons que tout le monde connaît.
S’il reconnaîtra avoir été peu doué pour le militantisme, il regrettera de s’en être éloigné : « j’ai eu tout à fait tort d’arrêter de militer ». Il confiera à son ami Marcel Lepoil, coresponsable du Libertaire : « Même si je ne le montrerai pas à mon public, pour ne pas le choquer, toute ma vie, je resterai anarchiste ».
Frédéric Bories est enseignant et archiviste au sein du CIRA de Marseille.
Georges Brassens : militant anarchiste par Frédéric Bories. Le Mot et le reste. 204 pages. 19 euros. Ce livre sera disponible au CIRA le jour de la causerie.)

Attention, le nombre de places sera limité. Nous ne faisons pas de réservations mais vous pouvez arriver à l’avance.
Pour ceux et celles qui ne peuvent venir, l’enregistrement de la causerie sera disponible quelque temps après la causerie.

P.-S.

CIRA - Centre international de recherches sur l’anarchisme
cira.marseille chez gmail.com/ Internet : https://www.cira-marseille.info

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