Une tribune pour les luttes

Création de la Brigade Antifasciste Marseille - Internationale

Article mis en ligne le mercredi 19 janvier 2022

Création de la Brigade Antifasciste Marseille - Internationale

Face à la situation dans l’état français où les idées de l’extrême
droite se développent de plus en plus vite, nous avons décidé de
continuer la lutte antifasciste, non pas comme un slogan ou une mode,
mais parce que nous voulons consacrer efficacement notre temps à
défendre la liberté et construire un monde plus juste. La BAM vient d’un
besoin réel pour nous d’analyser les évolutions du monde que nous vivons
et de nous donner les moyens d’agir concrètement.

Malgré la criminalisation dont l’antifascisme a souffert pendant des
années de la part de l’État, des médias et d’une partie réactionnaire de
la société, nous nous inscrivons dans un mouvement avec une longue
histoire, incroyablement fort et organisé, qui a travaillé dur pour nous
libérer de nombreuses menaces. Nous sommes des gens simples et honnêtes.
Nous sommes des travailleurs et travailleuses, des précaires, des
chômeurs et chômeuses, des jeunes, des étudiants et étudiantes, des
artistes, des intellectuel.le.s, issus des quartiers populaires, des
villages, des usines, des marchés, des commerces de proximité, etc.

C’est la lutte de celles et ceux d’en bas contre celles et ceux d’en
haut, et de là nous nous organisons pour cette lutte de classe. Nous
sommes la classe sociale réprimée, qui subissons la suppression des
libertés et des acquis sociaux, encore plus quand on est femme, personne
racisée ou minorisée du fait de son identité de genre ou de ses choix
sexuels.

Nous sommes une famille qui va au-delà des frontières. Nous ne sommes
pas des personnes privilégiées qui se contentent d’une solidarité de
principes, mais nous sommes conscient.e.s que s’organiser et résister
contre ce qui nous opprime ici et maintenant, c’est participer à la même
lutte qui existe en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique , en
Asie, contre les impérialismes régionaux et mondiaux, les
multinationales et les régimes répressifs.

Ici où nous vivons, notre ennemi va du gouvernement qui réduit les
droits fondamentaux et les salaires, tout en maintenant les privilèges
de la classe qu’il représente, jusqu’au facho viriliste qui menace ou
agresse des personnes au faciès dans les rues. Car les deux ont toujours
été associés pour tenter d’imposer un ordre autoritaire et réactionnaire
au service unique d’intérêts bourgeois.

Ces dernières années, le régime autoritaire s’est renforcé, avec la
répression militarisée des mouvements sociaux, l’état d’urgence
permanent et le démantèlement des services publics comme l’école,
l’université, l’assurance chômage, l’hôpital ; des porte-paroles
populistes manipulent h24 l’opinion dans les médias et sur les réseaux
sociaux pour propager des discours xénophobes, sexistes, nationalistes ;
les frontières se ferment, sauf pour des intérêts économiques
néocoloniaux et les guerres impérialistes au Yémen, au Kurdistan, en
Palestine par exemple ; les politiques sociales excluent des pans
entiers de la société sur des bases identitaires.

La pandémie a donné un nouveau prétexte pour accélérer cette gouvernance
libérale-autoritaire : limitation de l’accès aux soins, dégradation des
conditions de vie et de travail des classes populaires, logique
sanitaire fondée sur les profits, gestion policière de l’espace public,
totalitarisme numérique. Encore une fois, elle s’allie d’une poussée
fasciste, qui n’est plus celle de groupuscules, mais dangereusement
devenue la culture dominante. Les bases d’une prise de pouvoir fasciste
existent comme jamais.

Pas de place pour les discours fascistes ! Quand les idées fascistes
prennent de l’ampleur, la vie de nombreuses personnes est réellement en
danger. Être témoins et ne pas agir contre les injustices autour de
nous, c’est contribuer à les perpétuer.

Face à la privatisation de l’école, de l’hôpital et la casse du système
social, luttons pour les services publics ! Pour nous, être antifasciste
en ce moment, c’est simplement être une personne avec du bon sens, qui
n’accepte pas de telles injustices dans son quotidien et agit en
conséquence. Nous partageons le monde avec des personnes différentes
mais nous sommes tous égaux. L’antifascisme est un mouvement
transversal, c’est un vaste spectre qui cherche à contrer le fascisme
sur tous les fronts.

Nous pouvons tous être antifascistes. Il existe différentes manières de
s’engager, qui n’impliquent pas toujours l’action directe dans les rues
- nous ne l’excluons pas, mais nous reconnaissons que ce n’est qu’une
forme de lutte parmi d’autres. C’est un mouvement dans lequel chacun
peut s’engager selon ses capacités et ses envies afin de compléter ce
spectre antifasciste.

Multiplions les brigades antifascistes.

P.-S.

contact : baminternationale13 chez riseup.net

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